Je suis enfin sorti de l'hôpital mais ça n'a pas été chose aisée. Il a fallu négocier ferme parce que le médecin de service ne voulait pas me laisser sortir sous prétexte d'un problème de cœur "sérieux" nécessitant de toute urgence, c'est-à-dire dès lundi au plus tôt, un électrocardiogramme. Il voulait donc que je reste à l'hôpital pendant tout le week-end pour faire un électrocardiogramme lundi dans l'après-midi. Le médecin ne voulait vraiment pas me laisser sortir. J'ai dû utiliser toutes mes armes rhétoriques pour réussir. J'ai même utilisé pour la première et dernière fois (j'espère) de ma vie un argument d'autorité. Devant le scepticisme dont il témoignait quant à ma compréhension profonde des risques encourus, je lui ai sorti que j'étais prof de philosophie des sciences à l'Université de Paris (je n'ai quand même pas été jusqu'à évoquer le mot Sorbonne qui impressionne toujours) et qu'il pouvait être sûr que c'est en toute "pleine conscience" que je voulais qu'il signe mon papier de sortie. Je me sentais comme un élève de troisième qui demande une autorisation de sortie au surveillant général dont l'air sévère était censé impressionner n'importe quel élève. Finalement il m'a signé mon papier non sans me faire signer une décharge au cas où... Bref nous sommes restés quatre heures dans cet hôpital en raison de la réticence d'un médecin qui jouait de son petit pouvoir pour m'humilier.
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