Je n’ai aucun souvenir de ma naissance, le 2 février 1942. Il faisait très froid. La température se situait entre —15° et —20°. Il avait neigé et le 5 février, la couche de neige atteignait 90 cm. Je suis né à la maison, au 615 de la rue de Herve à Bois-de-Breux dans la commune de Grivegnée. J’étais le troisième fils de Bernadette de Francquen, ma mère. En fait, elle attendait une fille, après ses deux premiers garçons. Je devais m'appeler Françoise. Elle m’a dit, bien des années plus tard, que je l’avais fait beaucoup souffrir avec cette grosse tête qui ne voulait pas quitter la chaleur de son ventre. Pour des raisons que j’ignore, ma mère a demandé d’accoucher sur le plancher de la chambre, juste à côté du lit. Comme je l’ai dit, il faisait très froid dans les faubourgs de Liège à ce moment-là et ma mère utilisait des bouillottes de métal pour chauffer le berceau. C’est comme ça que j’ai été brûlé au troisième degré peu de temps après ma naissance. Ma mère m’avait placé dans mon berceau mais aussitôt je me suis mis à crier de toutes mes forces. Elle me reprend dans ses bras et réussit à me calmer avant de me replacer dans le berceau Nouveaux cris, nouvelle prise dans les bras. Ce n’est que le lendemain matin, qu’en me changeant, ma mère découvre la brûlure dont je porte encore la cicatrice. Bon, maman, on est quitte.
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