L'une des conditions nécessaires, mais sans doute pas suffisantes, pour se sentir branché sur la portugalité, c'est d'apprécier les sardines grillées. Il faut savoir les décortiquer proprement, détacher les filets avec délicatesse et ne laisser sur son assiette, qu'une épine dorsale bien nette, avec la tête et la queue. Hier soir, nous sommes allés Calçada de Santana, la rue où se trouve notre future maison, pour manger des sardines grillées. Nous les avons trouvées excellentes. Nous y retournerons souvent et nous ferons connaître cet endroit à la famille et aux amis qui viendront nous voir. La dernière fois que j'ai évoqué les sardines, c'était le 14 juin 2013 alors qu'elles m'étaient "interdites". Pourquoi ? Je ne me rappelle plus les raisons de cette censure alimentaire.Rechercher dans ce blog
samedi 7 septembre 2019
Sardines
L'une des conditions nécessaires, mais sans doute pas suffisantes, pour se sentir branché sur la portugalité, c'est d'apprécier les sardines grillées. Il faut savoir les décortiquer proprement, détacher les filets avec délicatesse et ne laisser sur son assiette, qu'une épine dorsale bien nette, avec la tête et la queue. Hier soir, nous sommes allés Calçada de Santana, la rue où se trouve notre future maison, pour manger des sardines grillées. Nous les avons trouvées excellentes. Nous y retournerons souvent et nous ferons connaître cet endroit à la famille et aux amis qui viendront nous voir. La dernière fois que j'ai évoqué les sardines, c'était le 14 juin 2013 alors qu'elles m'étaient "interdites". Pourquoi ? Je ne me rappelle plus les raisons de cette censure alimentaire.vendredi 6 septembre 2019
Morin

De son prénom Edgar, interviewé sur France Inter, ce matin, et apparemment plein de santé, de vivacité et d'amour, malgré ses 98 ans. Une longévité remarquable nourrie par une curiosité intellectuelle inlassable et inclassable. Il raconte le malentendu qui a fait échouer la liaison qu'il aurait pu avoir avec Marguerite Duras. Il est passé de l'interdisciplinarité à l'indisciplinarité, dit-on. Je l'ai rencontré un jour dans la cour du bâtiment qui abritait la DGRST (Délégation générale à la recherche scientifique et technique) à l'époque. Il venait de publier le premier volume de La Méthode. Il s'est intéressé à l'éducation mais nous (Jeannot et moi) n'avons pas été impressionnés par les idées —assez traditionnelles— qu'il défendait à ce sujet. On peut lui rendre hommage, notamment pour sa vision plutôt optimiste du monde.
jeudi 5 septembre 2019
Salade
Hier soir, j'ai préparé une salade liégeoise. Nous étions cinq sans compter Charlotte et Johni qui sont allés manger dehors. Il y avait Richard, Marcela, Adriana, Isabel et moi. J'ai trouvé des haricots frais au supermarché, ce qui est plutôt rare à Lisbonne. Elle a été très appréciée.
* * *
Martine m'a envoyé cette magnifique photo de Cordon (Haute Savoie) où elle passe, comme tous les ans avec Duncan, quelques jours pour se reposer du monde fou dans lequel on vit aujourd'hui. La photo a été prise au crépuscule.
mercredi 4 septembre 2019
Égypte
Hier je suis passé à la Librairie française et je n'ai pas pu m'empêcher d'acheter un livre qui a fait "tilt" dans ma tête quand je l'ai vu sur l'une des tables d'exposition des nouveautés : Sous la direction d'Alain Testart, Aux origines de la monnaie, éditions errance, 2001. Ce n'est pas un livre très récent mais il aborde le statut de la monnaie en Égypte ancienne, ce qui est un sujet qui m'a beaucoup intéressé à une certaine époque. Je n'ai pas encore commencé la lecture de cet ouvrage collectif mais je me réjouis de me plonger dans ces questions qui m'ont agité l'esprit pendant si longtemps.
* * *
Certains livres m'interpellent. Souvent en écho à des préoccupations anciennes. Ce fut la même chose pour le livre d'Amos Oz, Judas. À 16/17 ans, à une époque où j'avais l'intention de me lancer dans le Droit, j'avais fait le projet d'écrire une pièce de théâtre qui aurait été une sorte de playdoyer pour la cause de Judas Iscariote. Voilà ! C'est Amos Oz qui l'a fait et je n'aurais jamais pu atteindre son niveau de culture et de connaissance pour faire ce travail correctement.
mardi 3 septembre 2019
Esteve
L'entrepreneur qui construit concrètement notre future maison est confronté sans cesse à de nouveaux problèmes : le raccord à l'égoût se montre plus compliqué qu'on ne le pensait, la réhabilitation des anciennes portes pose aussi des problèmes —celle de mon bureau-bibliothèque est légèrement voilée (comme une roue de bicyclette)—, mais c'est le prix qu'il faut payer pour ne pas gaspiller ce travail qui a été fait il y a des dizaines d'années, les ouvriers qui travaillent pour lui ne sont pas tous aussi travailleurs qu'il le faudrait, mais, nous dit-il, il n'en trouve pas d'autres —j'ai timidement proposé mes services, mais il a ri (je le comprends quoique je me sente en pleine forme malgré les angoisses de l'attente de l'opération)—, bref, les problèmes se multiplient... pourtant j'ai tout-à-fait confiance dans notre entrepreneur qui est énergique et d'une très grande gentillesse avec tout le monde, notamment ses ouvriers pas toujours très coopératifs, mais aussi, il fait très chaud à Lisbonne pour le moment, 36° ou plus, c'est la canicule et Isabel et Charlotte s'en vont en fin de matinée pour se faire dorer la pilule
Bon sens
Voici une autre belle citation, pleine de bon sens, du livre d'Oz :
« Pour lui, un monde morcelé en une centaine de pays avec des postes frontières, des barbelés, des passeports, des drapeaux, des armées et des monnaies différentes était une illusion archaïque, primitive, meurtrière, un anachronisme qui ferait long feu. “Pourquoi êtes-vous si pressés d’établir ici dans la violence et le sang un nouvel État lilliputien au prix d’une guerre sans fin, alors que tous les pays du monde seront amenés à disparaître un jour ou l’autre pour être remplacés par une mosaïque de communautés parlant des langues différentes, vivant côte à côte ou imbriquées l’une dans l’autre, sans ces jouets mortels que sont la souveraineté, les armées, les contrôles frontaliers et toute la panoplie d’engins de destruction ?” répétait-il » (de « Judas (Folio t. 6505) » par Amos Oz, Sylvie Cohen).
lundi 2 septembre 2019
Cinq
Isabel et moi avons passé cinq heures à l'hôpital. Nous avons vu l'un des chirurgiens. Celui qui avait effectué la première opération. Il s'est voulu très rassurant. Nous lui avons dit à quel point cette attente d'une date était insupportable ce qu'il a semblé avoir compris. Mais lui-même repartait en vacances. Alors il nous a dit qu'il fallait que nous nous adressions à l'autre chirurgien. Nous apprenons que, justement, il prenait son service pour les consultations à 14h. Nous nous postons sur son chemin et nous nous mettons à attendre. Beaucoup d'autres patients l'attendaient également. Finalement, nous montons au service où se déroulent les opérations en urologie. Là, on nous dit que le médecin que nous cherchions était en vacances et qu'il ne reviendrait que le 16 septembre. Entrtetemps, Isabel reçoit un coup de fil avec quelqu'un qui propose une date : le 19 septembre (c'est-à-dire en plein colloque) —nous leur avions dit à plusieurs reprises que je pouvais me libérer n'importe quand sauf entre le 17 et le 22 septembre—. Isabel a refusé cette date. Donc, je suis à nouveau en suspens, après cinq heures d'attente à l'hôpital. CINQ heures !
(à suivre)
Judas
Voici un passage du livre Judas que je terminerai sans doute aujourd'hui :
« Les yeux ne se dessilleront jamais, décréta Gershom Wald. Tout le monde ou presque traverse l’existence, de la naissance à la mort, les yeux fermés. Vous et moi, mon cher Shmuel, ne faisons pas exception. Les yeux fermés. Si on les ouvrait une fraction de seconde, on pousserait des hurlements effroyables sans jamais s’arrêter. Sinon, cela voudrait dire que nous avons toujours les yeux fermés. Maintenant, vous pouvez reprendre votre livre, si vous le voulez bien. Nous allons observer un temps de silence. Assez parlé pour ce soir. » (de « Judas (Folio t. 6505) » par Amos Oz, Sylvie Cohen)
Deux anomalies, ce matin : généralement, les chats m'attendent derrière la porte de notre séjour ; aujourd'hui, les chats n'étaient pas là. Zuky restait couché dans son fauteuil préféré et Tatou était ailleurs. Même quand je suis allé dans la cuisine pour leur donner leurs croquettes, ils n'ont pas bougé. Cela m'a surpris. L'autre surprise était la vue d'un petit cafard dans l'armoire où se trouvent les croquettes. Vivement que l'on déménage.
J'ai repris du poil de la bête. Les fraîcheurs matinales me comblent d'aise. J'ouvre les fenêtres et il y a toute cette fraîcheur de la nuit qui entre et m'entoure, m'effleurant la peau, me grisant...
Deux anomalies, ce matin : généralement, les chats m'attendent derrière la porte de notre séjour ; aujourd'hui, les chats n'étaient pas là. Zuky restait couché dans son fauteuil préféré et Tatou était ailleurs. Même quand je suis allé dans la cuisine pour leur donner leurs croquettes, ils n'ont pas bougé. Cela m'a surpris. L'autre surprise était la vue d'un petit cafard dans l'armoire où se trouvent les croquettes. Vivement que l'on déménage.
J'ai repris du poil de la bête. Les fraîcheurs matinales me comblent d'aise. J'ouvre les fenêtres et il y a toute cette fraîcheur de la nuit qui entre et m'entoure, m'effleurant la peau, me grisant...
dimanche 1 septembre 2019
Attendre
J'ai reçu un coup de téléphone d'Irène aujourd'hui matin. Célia lui avait dit que je n'avais pas l'air dans mon assiette. Je n'en fais pas mystère. L'attente à laquelle je suis forcé par la non-réponse des chirurgiens portugais, est très difficile à supporter. Tout d'abord, cette attente vide le présent de tout intérêt autre que ce dont elle est l'attente et qui reste néanmoins très imprécis. Il y a deux chirurgiens en lice. Quand l'un est là, l'autre part en vacances. C'est tout-à-fait compréhensible. En plus il y a l'anesthésiste qui, lui aussi, a droit à des vacances. Moi aussi je suis en "vacance", le terme me renvoyant à la vacuité de ma vie présente alors que cela devrait être le contraire : j'ai une intervention à préparer pour le Colloque dont j'ai été l'une des chevilles ouvrières organisatrices. J'ai un livre en chantier. Mais tout cela ne m'intéresse plus à cause de cette attente qui, comme je le disais dans le petit texte que j'ai écrit sur ce thème et que j'ai publié dans ce blog à deux reprises (le 24 janvier et le 24 avril 2015), en vidant le présent, ressemble à la mort.
Attendre
Tout ce qu’il y a de tendre dans ce verbe tend à se dissoudre, non pas petit à petit, au fur et à mesure que l’attente se prolonge, mais tout de suite, dès le premier instant où, même après être arrivé bien en avance, on se met à attendre. Voilà : il n’y a plus que cela à faire, attendre, et le temps se met à battre dans des rythmes contradictoires. L’extrême lenteur de son passage cohabite avec les picotements d’une impatience irrépressible, faisant de cette expérience singulière, une anticipation du moment de mourir. On cherche à remplir l’attente d’une réflexion sur l’attente qui ne fait que creuser ce remplissage du vide avec du vide. On s'abîme dans l'abîme. Tout instant supplémentaire dilate indéfiniment l'instant d'avant, sans espoir d'après. La sensation qu'il n'y a pas d'après. L'après a disparu et c'est cela qui ressemble à la mort.
vendredi 30 août 2019
Dhammapada
J'ai reçu ce message du site géré par les gens qui m'ont accueilli pour une méditation Vipassana, en automne 2014 :
La conscience attentive est le chemin vers l’immortalité,
L’inconscience est le chemin vers la mort.
Le conscient ne meurt pas,
L’inconscient est comme s’il était déjà mort
Ce message m'a plongé dans une réflexion intense. Je sais que le sens du mot "inconscient" est bien différent dans le cadre de'une tradition bouddhiste et que cela n'a rien à voir avec Freud. Et pourtant, comment ne pas se poser des questions à partir de ces quelques mots.
Ce message m'a plongé dans une réflexion intense. Je sais que le sens du mot "inconscient" est bien différent dans le cadre de'une tradition bouddhiste et que cela n'a rien à voir avec Freud. Et pourtant, comment ne pas se poser des questions à partir de ces quelques mots.
* * *
Ce matin, j'ai lu sur internet un truc qui m'a surpris. C'était un conseil : "Lavez-vous les dents avec la main gauche ; cela exercera votre cerveau à utiliser votre hémisphère droit dans quelque chose de quotidien." J'ai essayé. Pas évident du tout. Intéressant.
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