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mardi 9 juin 2026

Seuls

Daniel partira ce soir et nous nous retrouverons, Isabel et moi, seuls dans la maison, après le tohu-bohu du mariage.  Nous avons des nouvelles de Charlotte qui poursuit avec Henryque son petit voyage de noces dans le nord du Portugal. Demain à 9 heures je dois de nouveau être à l'hôpital Sao Jose, près de chez nous, pour une prise de sang et vérifier par ce biais qu'il n'y pas d'hémorragie. Vers midi, j'ai rendez-vous avec Lucia qui me fera un massage parce que mon ventre n'a toujours pas dégonflé. C'est assez perturbant.

lundi 8 juin 2026

Lua do Mel

Charlotte et Henryque sont partis pour leur lune de miel. Charlotte a obtenu quinze jours de congé pour son mariage. Ils vont aller dans le Nord du Portugal, enfin plutôt dans la vallée du Douro pour commencer. Ils sont partis heureux et toujours très amoureux l'un de l'autre. C'est un plaisir que de les voir ensemble. 

La maison s'est peu à peu vidée aujourd'hui. Salomé, une amie de Charlotte, nous a quittés. Elle a beaucoup aidé dans les préparatifs. Louis est parti cet après-midi avec Filomena. Ruben vient de partir lui aussi, après une bonne conversation avec moi. Louis et Ruben sont vraiment adorables, helpful, souriants, très chaleureux avec les amis que Charlotte avait invités.  

Je suis en train de lire le livre de Francesca Albanese, Quand le monde dort (Mémoire d'encrier, 2026), un témoignage remarquable et émouvant sur son travail en Palestine et en particulier à Gaza. L'auteur a été proposée pour le prix Nobel et elle le mérite amplement. Malheureusement elle fait l'objet de nombreuses campagnes de haine de la part d'Israël qui a tout fait pour que l'ONU la répudie alors qu'elle fait un travail exemplaire. 

dimanche 7 juin 2026

Époux

Voilà, ils sont mari et femme, Charlotte et Henryque portent maintenant les alliances qui font d'eux un couple pour la vie. La cérémonie civile a été très sobre et n'a duré qu'une demi-heure à partir de 14h30. Tout le monde s'est retrouvé ensuite chez nous vers 17 heures, pour célébrer les nouveaux mariés avec beaucoup d'amis de Henryque et Charlotte, tous, absolument tous, tatoués de la tête aux pieds. Nous avons vu se rencontrer deux mondes : les tatoués et les non-tatoués parmi lesquels Ruben, Louis et Philomena, quelques amis de Lisbonne et la sœur d'Isabel avec son mari. C'était un peu étrange, la rencontre de ces deux mondes. Il y a eu des discours. La mère d'Henryque a pu dire son discours grâce au téléphone et à l'amplification de sa voix, un discours très émouvant et plein d'amour pour son fils. Le discours d'Henryque lui-même, de Charlotte, d'Isabel, de Suzana (la témoin de Charlotte) et, en fin de parcours, mon propre discours, que j'ai improvisé du début à la fin et que les gens ont apprécié comme ils ont apprécié toux ceux qui venaient avant et qui étaient très émouvants. 

vendredi 5 juin 2026

Préparatifs

Nous sommes à la veille du mariage de Charlotte avec Henryque da França, un jeune homme de 34 ans que nous avons adopté facilement parce qu'il est vraiment très gentil et très beau. Les préparatifs vont bon train et doivent être terminés pour demain matin. Daniel, le parrain de Charlotte est arrivé avant hier tandis que Mauro et François sont arrivés hier soir. Sophie et Jacques sont arrivés également il y a deux jours. Charlotte attend ses 60 invités, tous des amis de l'un ou de l'autre des "pas encore" jeunes mariés? Nous attendons encore Ruben, Louis et Philomena, qui doivent arriver aujourd'hui même. La maison est sens dessus dessous avec des fleurs partout, ce qui est assez agréable. Il y aura une autre fête, plus tard, quand ils seront un peu plus aisés financièrement. Une fête avec ma famille, mes frères et soeurs, mes enfants, et de nombreux amis. En tout cas je l'espère vivement.

jeudi 4 juin 2026

Article

J'ai envoyé au réseau LFI un article que j'ai écrit avec Jeannot sur notre conception de l'école. Je suis curieux de voir s'il sera publié sur les réseaux. Voici l'article :

Changer l’école pour changer de monde

par Baudouin Jurdant et Jeannot Medinger

 Le monde d’aujourd’hui se trouve dans une impasse : une consommation intenable, le réchauffement climatique, un capitalisme à bout de souffle, un accroissement délirant des inégalités, une démocratie rongée par le mensonge, l’opportunisme et le populisme, une démographie en berne, un tarissement généralisé de nos sources d’eau, et surtout, surtout, des systèmes d’éducation de plus en plus absurdes. Tous les enfants du monde vont à l’école où ils apprennent d’abord à lire, à écrire et à calculer. Dans le droit fil de ces apprentissages nécessaires, se déroule ensuite la procession mortuaire de savoirs théoriques, et le plus souvent déconnectés de la vraie vie, qui vont s’échelonner d’année en année au Collège, puis au Lycée, avec le bac en fin de course pour couronner ce long parcours qui laisse une majorité d’élèves sur le bas-côté de la piste, perdus, très ignorants, encombrés de leurs échecs et de leurs faiblesses, culpabilisés à jamais par la médiocrité de leurs performances scolaires. Certes, de ce carnage pédagogique, on peut voir émerger une élite, souvent arrogante, celle dont on est censé avoir besoin pour assurer ces fonctions d’ordre et d’organisation sans lesquelles aucune société ne peut survivre. Cette arrogance, étroitement liée à une méritocratie qui sacrifie la diversité sur l’autel de l’égalité de chances, ne serait qu’un détail dont il faudrait bien s’accommoder.

Une autre école est possible comme l’illustre l’exemple du Lycée Ermesinde de Mersch au Luxembourg, créé en 2005 grâce à une loi spéciale luxembourgeoise qui le met à l’abri des caprices de l’État en matière d’éducation. Il est difficile d’énoncer en trois phrases ce qu’est ce lycée autonome et gratuit.

On pourrait le caractériser par quelques principes. Alors que l’enseignement traditionnel met l’accent sur le mérite, la compétition et la promotion, et donc la médiocrité généralisée, le LEM insiste sur l’excellence de tous, la diversité et la complémentarité des talents, l’échange et la coopération. L’enseignement traditionnel se résume à un apprentissage de la verticalité des relations sociales marquées par l’omniprésence du pouvoir, le LEM parie sur l’horizontalité solidaire des rapports sociaux, l’entraide et l’échange.

Le LEM est fondé sur l’idée qu’il faut renforcer les forces de chacun, cultiver l’excellence dont chacun peut faire preuve dans les domaines qui l’intéressent et surtout, qu’il faut ignorer les faiblesses. L’enseignement traditionnel traque les faiblesses, les fragilités, les manquements, tout ce qui peut justifier soit de l’aide (avec les dépendances que cela entraîne), soit des sanctions et des humiliations pour garantir la légitimité du pouvoir. 

Plutôt que de compter sur l’efficacité d’une transmission, le LEM parie sur la mutualisation des apprentissages, la complémentarité des aptitudes, la collaboration entre élèves. 

Il n’y a de véritable apprentissage que dans et par l’échange, le dialogue, l’écoute attentive. La transmission ne vaut que dans le cadre d’une relation maître/disciple qui a un contenu précis où l’exigence et la rigueur sont les meilleurs atouts. Mais dans le cadre d’un enseignement général défini par des programmes insipides et ressassés à longueur de vie, cette transmission n’est rien d’autre que de la propagande.

Le cheval de bataille du LEM sont ses entreprises, qui misent sur les talents et les aspirations des élèves pour produire des prestations de haute qualité à l’adresse d’une clientèle et d’un public externes. Elles constituent aujourd’hui une véritable économie alternative, où la passion et le bonheur prennent le dessus sur la guerre concurrentielle, individualiste et opportuniste. Des élèves et des adultes de tout âge y travaillent entre dix et vingt heures par semaine et parfois beaucoup plus. Ils y apprennent que l’intérêt individuel et l’intérêt collectif ne sont pas seulement conciliables mais interdépendants.

 

mercredi 3 juin 2026

Fleurs

Isabel est allée chercher des fleurs pour le mariage de Charlotte et notre salon est embaumé du parfum de ces éléments indispensables à la décoration. Elles sont magnifiques. Quant à moi, je mettrai sans doute mon propre costume de mariage qui, j'espère, me va encore. Il faudra quand même que je l'essaye avant le grand jour. Mais, j'y pense : où sont mes cravates ? J'en avais de très jolies.  

lundi 1 juin 2026

Terrasse

Je dégonfle un peu ce qui ne veut pas dire que je suis un dégonflé ! Mais cela améliore un peu ma mobilité.  Ces derniers jours nous avons pris notre petit  déjeuner sur la terrasse, quand le soleil n'est pas encore trop chaud et je dois dire que c'est vraiment agréable. On est entouré de fleurs très variées. Bien sûr nos glycines sont encore trop récentes pour pouvoir constituer suffisamment d'ombre en fin de matinée. Un petit vent frais du Nord atténue les effets d'une trop grande chaleur. Nous restons là. On fait durer la collation pour deviser tranquillement sur les problèmes à régler. Eliott, un voisin et ami que je n'avais plus vu depuis longtemps est venu apporter le champagne (portugais) pour samedi. Quand il est allé sur la terrasse il est resté scotché. Il s'est assis en bout de table et son commentaire était qu'il trouvait notre vue sur le Tage l'une des plus belle de Lisbonne. Pas faux. Jérôme était là également. Avec ce dernier j'ai discuté politique française. Comme tout le monde, il n'aime pas Mélenchon. Pourquoi ? Viennent alors les poncifs de l'anti-mélenchonisme : ses manières, son style brutal et conflictuel, son populisme, son soi-disant ego surdimensionné, bref, l'homme. Pas un mot sur le programme, la qualité de ses interventions sur les problèmes les plus urgents de notre société comme l'eau, le réchauffement climatique, la démocratie. C'est un peu navrant.

dimanche 31 mai 2026

Poids

Je me suis mis sur la balance ce matin : 69,5 kg. En principe je pèse 75 kg. J'ai donc maigri un peu surtout en raison de mon absence de prise de nourriture à l'hôpital. Je ne m'inquiète pas. J'ai toujours un ventre un peu gonflé mais ça va mieux depuis hier. 

Le jour du mariage de ma fille Charlotte approche et j'espère que je serai plus en forme que maintenant.  

samedi 30 mai 2026

Tanizaki

 Junichiro Tanizaki, L'éloge de l'ombre, Verdier, 2011. Mais cet essai a été écrit au Japon en 1933. J'en commence la lecture avec délice. Dans la préface de l'ouvrage, on nous décrit quelques traits de cet écrivain hors-norme qui a suscité des controverses littéraires importantes au Japon. 

J'ai lu le livre cet après-midi. Un style dépouillé et direct. Une vision intéressante du monde japonais d'avant où l'ombre était nécessaire pour satisfaire des besoins esthétiques et pour mettre de la profondeur dans nos maisons, jardins et ruelles. Opposé à cette passion de la mise en lumière de tout que cultive l'Occident, l'auteur nous rappelle les bienfaits de l'ombre. Un petit essai magnifique qui nous en apprend beaucoup sur la civilisation japonaise toute en retenue et discrétion.

J'apprends le décès d'Edgar Morin à l'âge de 104 ans. Je l'ai croisé deux ou trois fois au cours de ma carrière. C'était un homme bienveillant et chaleureux. Je n'étais pas fan de son grand œuvre, La Méthode, en plusieurs volumes, qui touchait très directement à mes intérêts professionnels. Mais je lui reconnaissais une grande érudition doublée d'un questionnement constant sur les problèmes qu'il abordait.

vendredi 29 mai 2026

Infirmier/ère

C’est ma deuxième journée hors de l’hôpital. J’espérais qu’une fois chez moi je retrouverais très vite mon état normal. Et bien, non ! Cette colonoscopie m’a ébranlé et j’en ressens encore les effets. Mon ventre est gonflé et ne me laisse pas tranquille. Bon ! Soyons patients. En attendant, je voudrais dire quelques mots sur mon séjour à São José. Nous étions dans une chambre à six lits. Il y a un infirmier ou une infirmière en charge des malades de cette chambre. Il ou elle reste dans la chambre et doit prendre soin de ses occupants : prises de sang, vérification de la tension, ravitaillement en eau, mesure du sucre dans le sang, etc. J’avais les deux bras couverts de ces petits pansements que l’on place sur les endroits où l’aiguille de l’infirmière a piqué. J’avais aussi deux cathéters sur le bras droit pour m’injecter les produits appropriés. Ce que j’ai trouvé intéressant, c’est la diffèrence d’atmosphères dans la chambre selon la personne qui l’a en charge. J’ai notamment pu bénéficier d’un infirmier dont la seule présence engendrait une sorte de calme serein assez étonnant. Cela m’a permis de passer une excellente nuit. Dès qu’un malade faisait un peu trop de bruit il allait lui chuchoter quelques mots à l’oreille et tout redevenait à: calme et silencieux. Cet infirmier avait aussi une connaissance parfaite de l’anglais. Ce qui facilitait nos échanges. Je lui suis très reconnaissant. Le dernier infirmier que j’ai eu était une immense perche au crâne complètement rasé et qui passait son temps à faire le coq en passant et repassant entre les lits.