Je suis revenu à la maison hier soir après un séjour de trois jours et demi à l'hôpital Sao Jose, qui est à deux pas de chez nous. Nous y sommes allés dimanche matin vers 11h aux urgences parce que j'avais remarqué une anomalie dans mon élimination quotidienne, anomalie qui devait avoir été causée par une hémorragie soit dans l'estomac, soit dans les intestins. Très vite, le service des urgences de l'hôpital me garde afin d'établir un diagnostic. On m'installe pour la nuit dans un fauteuil à côté d'autres fauteuils occupés par des vieux comme moi. On les sent méditatifs. Ils viennent tous parce que leur corps se révèle à eux dans sa fragilité essentielle, à laquelle on ne pense pas quand il n'y a pas lieu d'y penser. Finalement, on me fait sortit du fauteuil pour me catapulter dans un lit à l'intérieur d'une chambre à six. Mon lit se trouve juste sous la soufflerie de l'air conditionné. J'ai froid. Je demande une couverture. On m'apporte un drap supplémentaire. Sous mes deux draps, je grelotte. Je passe une nuit difficile avec de nombreux réveils. Avant de dormir on me fait une transfusion de plaquettes, en soupçonnant le Clopidogrel d'être à l'origine de mon hypothétique hémorragie. Le lendemain, dans l'après-midi, c'est l'endoscopie. J'avale la caméra qui, au bout d'un long tube, va inspecter les parois de mon estomac. Pas très agréable. Je vois l'écran et je peux inspecter moi-même cette partie invisible de moi-même qui, sans doute, est très semblable à la partie invisible de n'importe qui d'autre. Nos invisibilités intimes se ressemblent. Est-ce la raison pour laquelle nous tenons tant à nous rendre visible ailleurs, pour les autres ? En tout cas, l'endoscopie ne révèle aucune hémorragie dans l'estomac. Conclusion : il faut faire une colonoscopie. Je croyais savoir ce que c'était pour en avoir fait deux auparavant. Il y a cette période de préparation avant l'acte. Deux litres d'un liquide qui est censé vous vider complètement. Ça marche drôlement bien mais ça me réveille à de nombreuses reprises. Bien que pour ma deuxième nuit il m'avait trouvé une couverture, je n'ai pu guère en profiter à cause de la multiplicité de mes réveils. J'ai parfois besoin d'aide. Elle m'a été accordée deux fois. Un jeune Portugais (ou Brésilien plus vraisemblablement) parlant bien l'anglais et joyeux comme si c'était la fête. C'est jovial ! Ça compense l'humiliation que me causent mes ennuis. L'infirmière en charge de ma chambre, très jolie et sympa, n'est pas très efficace. En fait, elle dort dans le fauteuil dont elle dispose près de la fenêtre qui s'illumine de lueurs bleues de temps en temps, quand les véhicules d'urgences apportent d'autres invisibilités des corps à soigner en urgence. La colonoscopie s'annonce dès le matin mais elle n'aura lieu que le lendemain en fin d'après-midi. J'ai déjà lu deux livres : La bonne mère (l'Iconoclaste, 2025) de Mathilda di Matteo, et La collision (NRF, 2025) de Paula Gasnier. Le premier livre me parle de Marseille en effet, de la vie des Marseillais, des différences entre Marseille et Paris, entre les Marseillais et les Parisiens. C'est une écriture attachante et pleine de vivacité marseillaise. Le deuxième livre est plus triste. Il y a d'abord cet accident : une moto roulant à vive allure cabrée sur sa roue arrière dans la rue Romarin au cœur de la Croix Rousse, heurte une cycliste avec violence. Cette femme, qui tient dans cette même rue, une petite échoppe centrée sur l'Inde et le yoga, mourra peu après de ses blessures à la tête. C'est son fils qui écrit sur son désir de rencontrer le jeune meurtrier, Saïd, ou en tout cas sur son désire de comprendre l'incompréhensible. J'ai encore beaucoup de choses à raconter sur l'hôpital mais ça attendra un peu.
Dedalus
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jeudi 28 mai 2026
vendredi 22 mai 2026
Alexakis
Vassilis de son prénom et auteur du livre dont j'ai entamé la lecture aujourd'hui et qui relate une enquête sur les moines de la Sainte Montagne où se trouve le couvent du mont Athos. Il s'agit bien d'une enquête et c'est, à mon avis, dans le processus de cette enquête que réside l'intérêt du roman et non dans la manière dont sont décrites les coutumes des moines qui sont là pour prier et pleurer. J'ai beaucoup de plaisir à lire ce texte qui me replonge dans les philosophies de l'Antiquité grecque avec tous ces noms qui me sont familiers : Thalès, Pythagore, Xénophane, Platon, Aristote, Zénon d'Élie, etc...
jeudi 21 mai 2026
Chopin
Ce sera le compositeur dont nous entendrons l'un des concertos pour piano, ce soir. Je m'en réjouis.
Hier, j'ai envoyé ma "déclaration de revenus" sans être bien sûr d'avoir réussi à remplir le formulaire correctement. Je n'ai pas beaucoup de patience avec ces obligations bureaucratiques. N'y aurait-il pas moyen de simplifier un peu ces démarches ?
Cet après-midi, j'ai de nouveau une réunion du groupe de lecteurs de l'Institut. Il faut que je revoie les livres que j'ai lus pour pouvoir en parler.
lundi 18 mai 2026
Cairn
J'ai reçu récemment un exemplaire de la revue Zilsel qui publie un entretien au cours duquel je retrace à grands traits ma carrière professionnelle. Pour ceux, parmi les lecteurs de ce blog, que ça pourrait intéresser, voici l'adresse où vous pouvez trouver (pour 3 euros) cet entretien sur Cairn :
https://shs.cairn.info/revue-zilsel-2026-1-page-252?lang=fr&tab=sujets-proches
Avant hier j'avais fait un rêve très agréable avec une femme indienne qui me serrait dans ses bras. Elle avait une peau foncée et venait sans doute d'un pays d'Amérique du Sud ou bien d'Inde, carrément. C'est un rêve qui m'a mis de bonne humeur pour toute la journée.
Aujourd'hui, je vais remplir ma déclaration d'impôts. C'est l'une de mes pires corvées annuelles. Sans doute que je fais ça trop rapidement sans tenir compte de toutes les options qui me permettraient de payer un peu moins d'impôts.
dimanche 17 mai 2026
Guacamole
Ce matin, je me suis levé à 6h30 et plus tard, dans la matinée, j'ai préparé un guacamole avec peut-être un peu trop de coriandre. Il est très bon quand même.
samedi 16 mai 2026
Lordon
C'est l'anniversaire de Célia aujourd'hui. Nous avons eu un coup de téléphone à trois (avec Fabien) puis à quatre (avec Joaquim). Discussion agréable.
Cet après-midi j'ai écouté un face à face très intéressant entre Jean-Luc Mélenchon et Frédéric Lordon sur les grandes évolutions du capitalisme telles qu'on peut les concevoir actuellement. Ce face à face était passionnant. Mélenchon connaît bien les théories marxistes qui ont été à l'origine de tant de révolutions. Mais j'ai compris ce qu'il veut dire quand il parle de révolution citoyenne et qu'il revendique sa stratégie consistant à faire du peuple —un peuple de plus en plus urbain— dans son ensemble l'instrument de cette révolution. Il tient compte du nouveau contexte dans lequel vivent les sociétés d'aujourd'hui et de l'importance des réseaux.
jeudi 14 mai 2026
Murakami
J'ai commencé ce petit livre de Haruki Murakami, Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil (10/18, Belfond, 2002) dont Emmanuelle nous a parlé dans le groupe de lecteurs de la Livreria Inquieta. Une histoire d'amour très émouvante selon ce que nous en avait dit Emmanuelle. Et, je confirme. Le premier livre que j'ai lu de Murakami était Kafka on the Shore que j'avais bien apprécié, quand je l'ai lu, il y a bien longtemps. Jean-Luc m'a vivement recommandé, du même auteur, 1Q84, les trois tomes. Je l'inscris dans mon programme de lecture.
mercredi 13 mai 2026
Duncan
J'ai quitté Luxembourg ce matin. Nadine, la femme de Jeannot, m'a amené en voiture à l'aéroport et mon voyage s'est bien passé. J'ai pu lire une partie de la revue Zilsel (que j'ai enfin reçue quand j'étais chez Fabien) et notamment les articles passionnants de Jérôme Lamy. Cela me replonge dans les débats auxquels je participais activement dans les années 80/90. C'est parfois agréable de revivre un peu, sur un mode allégé pourrait-on dire, ce qui sur le moment, pouvait avoir des accents dramatiques. J'ai reçu une belle photo prise dans la cabane pendant notre repas avec Helge Antoni. Helge est en face de moi et nous trinquons ensemble dans la joie de cette rencontre étonnante.
mardi 12 mai 2026
Antoni
Helge Antoni, un grand pianiste, venu dîner hier soir dans la cabane de Jeannot. Une discussion très animée et une vraie rencontre avec cet artiste très ouvert qui habite à Malaga et qui m’a singulièrement impressionné par son intelligence et sa disponibilité. Le repas, confectionné par Fred était remarquable et notre invité lui a fait honneur comme il se doit. Helge nous a donné l’idée de faire valoir la pétition que l’on voulait soumettre à l’attention des populations européennes à travers l’organisation d’un colloque sous l’égide de l’Académie européenne des arts, des sciences et des lettres présidée par Jean-Patrick Connerade que l’on pourrait réunir au Lycée Ermesinde.
dimanche 10 mai 2026
Marathons
Je m’apprête à partir pour Luxembourg avec un train qui part à 13h49 avec une étape d’une demi-heure à Metz. Josiane va tenter de m’amener en voiture. Il y aura des problèmes de circulation parce que c’est le jour des marathons à Strasbourg et ils n’ont pas publié les parcours dans le journal ni sur internet. On part à l’aventure ! Je voudrais encore passer chez Françoise avant de prendre le train.