Victoire de Glucksmann à la primaire socialiste. Félix Marquardt, qui le connait bien pour l'avoir accompagné en Géorgie auprès du dictateur Saakashvili, prétend qu'il n'a pas changé : sarkosiste il était, sarkosiste il est resté. C'est un mec de droite et je ne comprends pas ces socialistes qui ont voté pour le digne héritier de Macron. Plus je le vois se tortiller sur les écrans, plus je le trouve vide et creux. J'espérais que Ségolène Royal remportât cette primaire. Je ne l'aime pas beaucoup mais au moins elle a du chien et ne se laisse pas marcher sur les pieds.
Dedalus
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mardi 13 octobre 2026
dimanche 11 octobre 2026
Le retour
Je suis stupéfait par le retour de Sokal et Bricmont sur Youtube. Eh oui ! ils sont là ! Ils n 'ont guère changés. Bricmont est pathétique : il ne sait plus s'il est de gauche ou d'extrême droite. C'est un duo comique qui ne fait pas vraiment rire !
https://www.youtube.com/watch?v=-RCfrdpN0FE
Aujourd'hui je suis allé à un concert de piano avec Isabel. Au programme : J-S Bach, Claude Debussy et Frédéric Chopin (quelques nocturnes superbes).
Bardella
Hier, nous sommes allés déjeuner chez Alimo et Avisa, nos amis iraniens. Toujours ce riz iranien qui est un vrai délice. Une grande discussion sur l'état actuel du monde. C'est aussi ce que je lis avec le Fondateur de Empoli. Ce n'est pas aussi bien que Le Mage du Kremlin, mais c'est lisible. En fait le thème est très proche du livre de Miranda, Les Lumières sombres. En fait, je préfère Miranda à Empoli.
Je suis l'affaire Bardella sur Médiapart et dans Libération. Ce que j'ai du mal à comprendre c'est la possibilité même d'un doute quant aux affirmations de Médiapart. Tout le monde connaît le RN et les gens qui militent dans ce parti fondé par des antisémites notoires. Ce parti n'a pas changé. Simplement, sachant que en étant explicitement antisémite, il ne réussirait jamais à conquérir le pouvoir, il a modifié sa stratégie. Mais qui peut douter de l'antisémitisme de Bardella ?
vendredi 9 octobre 2026
Paressse
D'après le cardiologue que j'ai vu hier, mon cœur est paresseux. Il ne bat pas comme il devrait. Le cardiologue n'avait pas l'air trop inquiet mais il a néanmoins estimé que l'opération de cathétérisme et l'éventuelle pose de stents était assez urgente. Nous avons de nouveau rendez-vous avec lui le 12 novembre. Ce sera un rendez-vous post-opératoire. Il m'a prescrit trois nouveaux médicaments pour le cœur.
J'ai reçu hier le nouveau livre de Giuliano da Empoli, Le Fondateur, NRF, 2026. Je me réjouis de le commencer. C'est un auteur qui n'écrit pas pour ne rien dire.
Je fais une petite pause dans la narration de mes souvenirs. D'ailleurs j'ai reçu une réaction de ma sœur Martine au récit de ce souvenir où j'ai eu un sentiment de peur intense. Martine écrit :
"Il y avait cet escalier qui descendait en colimaçon, très sombre? Qui donnait sur “la rue du loup”! Nous étions presque inséparables ; la peur s’évanouissait presque quand nous étions à nous 2! L’escalier était sombre et beaucoup de grandes vieilles personnes le prenaient et ça aussi faisait peur!"
Comme on peut le lire, son souvenir est très éloigné du mien. Sauf concernant le fait que, en étant inséparables, nous nous épaulions et nous rassurions sur les dangers de nos jeunes existences. D'ailleurs, je me souviens d'un moment intéressant. Nous revenions de chez le Dr Haas, dentiste, qui habitait pas loin. Il fallait traverser un petit pont piétonnier sur l'Aar, un affluent de l'Ill à Strasbourg. Nous nous tenions par la main et nous discutions des solutions qui pourraient s'offrir à nous pour nous marier. Nous demanderons une dispense au Pape, disions-nous !
jeudi 8 octobre 2026
Mouvement lycéen
Hier j'ai vu sur Youtube les manifestation du mouvement des lycéens à Strasbourg. Cela a fait resurgir quelques souvenirs bien anciens. C'était très émouvant de revoir ces rues si souvent arpentées il y a plus de trente ans encombrées par des jeunes lycéens et des jeunes étudiants et étudiantes, pleins d'énergie pour changer leurs conditions de vie malmenées par le néolibéralisme de notre époque. Je leur dis "Bravo !"
mardi 6 octobre 2026
Peur
C'était à Visé. J'avais donc 6 ou 7 ans. Papa nous demandait parfois d'aller lui acheter des cigarettes dans une boutique qui se trouvait au bout de la rue, à gauche en sortant de la maison. C'était en fin d'après-midi et il commençait déjà à faire sombre. Je vais avec Martine faire cette course pour Papa. Au retour, nous voyons une sorte d'homme très grand, en fait une ombre sans visage, entièrement noire, s'avancer vers nous. J'ai l'impression qu'il tient dans ses mains un arc. J'entends le bruit d'un bâton qui frappe les pavés de la rue. L'homme nous poursuit en nous menaçant du bâton. Nous commençons à courir vers la maison. Je cours plus vite que Martine et j'arrive le premier sur le perron. Je me tourne dans la direction de Martine et je l'appelle. Je ressens une sorte de désespoir. Mais elle arrive enfin. Tout cela n'a duré que quelques minutes et pourtant j'ai l'impression que cela a duré longtemps. L'homme qui nous poursuit. La peur immense que je ressens. J'ai déjà parlé de ce souvenir avec Martine et il semble qu'elle se souvient effectivement de quelque chose, mais il y a beaucoup d'incohérences dans mon propre souvenir. Il y a cet arc improbable. Et cette agression tout aussi improbable. Mais ce souvenir mi-fantasme, mi-réel, me poursuit : j'y repense souvent. En outre, une fois à l'intérieur de la maison, tout disparait, la peur, le noir, la nuit. La vie reprend son cours comme s'il ne s'était rien passé.
lundi 5 octobre 2026
Troia
Hier, nous sommes allés voir une possible maison de vacances dans la péninsule de Troia, à deux heures de Lisbonne. La péninsule est intéressante. C'est une longue bande terre étroite avec la mer d'un côté, l'océan plutôt, et un fleuve de l'autre, côté continental à l'Est. Mais la maison que l'on vue n'a aucun intérêt. Elle est au milieu d'un quartier qui pue le fric. Bref, ce n'est pas là que nous irons en vacances !
samedi 3 octobre 2026
Les deux fois huit
Nous n'avions pas d'argent de poche et si nous voulions pouvoir acheter ceci ou cela, nous devions nous débrouiller. C'est pour cela que tous les étés à partir de 14 ans, je trouvais des petits boulots en dehors de la famille. J'ai été garçon de course, peintre en bâtiment, j'ai fait les vendanges en champagne avec mon frère Dominique, j'ai transporté des planches dans une scierie de Kehl, etc. En été 1960, je me suis fait embaucher par Siemens pour effectuer des mesures du niveau de la nappe phréatique en prévision de la construction de la raffinerie de Reichstett au nord de Strasbourg. Ce travail devait se faire à moto. Moi, je n'en avais pas mais j'ai quand même été pris. Je faisais le travail à vélo. Je bénéficiais quand même d'une prime pour l'essence. Je faisais ce travail précisément pour m'acheter un scooter ou une petite moto. Pour mesurer le niveau de la nappe phréatique et ses variations, on avait creusé de petits puits sur une surface assez large —la surface que devait occuper la raffinerie une fois terminée— et à des distances de plusieurs centaines de mètres les uns des autres. Je crois me souvenir qu'il y avait une douzaine de ces puits. Dans chacun d'eux, il y avait une canne à pèche graduée accrochée à une boîte vide qui flottait sur la nappe. Nous devions mesurer le niveau de cette dernière grâce aux graduations sur la canne à pèche. Je devais faire le tour de ces puits deux fois pendant les huit heures de travail et ces huit heures pouvaient se situer soit à partir de 4h au petit matin, ou en début d'après midi jusqu'à la tombée de la nuit vers 20h ou 21h.. Bref, ce n'était pas les trois huit parce que dans l'obscurité on aurait eu beaucoup de mal à repérer les puits qui se trouvaient parfois dans un champ, au bord d'un chemin, au milieu d'un bosquet, bref dans des endroits souvent difficiles d'accès. Faire tous ces kilomètres à vélo en tout terrain relevait de l'exploit, mais que n'aurais-je pas fait pour me payer ce scooter qui devait m'assurer la liberté de mouvements et l'indépendance dont je rêvais depuis longtemps. En outre, j'étais amoureux d'Irène et il ne fallait pas que j'abandonne ce que j'étais souvent tenté de faire tellement c'était dur. J'ai gagné assez d'argent pour me payer ce scooter qui changea ma vie.
vendredi 2 octobre 2026
L'argent
Il y a d'abord ce souvenir. Je ne sais pas si le bref récit que je vais en faire correspond à la réalité à laquelle il fait référence, mais je suis sûr des effets que cette réalité a pu avoir sur mon évolution. Nous étions à Visé. Papa écrivait ses romans et était très impliqué dans la publication de la version belge de La Vie Catholique Illustrée, grâce aux contacts qu'il avait avec le directeur de ce magazine créé en France par Joseph Folliet. Nous étions parfois chargés par papa de vendre le magazine en faisant du porte à porte à Visé. C'était assez drôle parce que, souvent, la "une" présentait des photos réalisées par papa où nous, ses enfants, figurions dans des scènes de notre vie quotidienne. Nous étions très pauvres. Papa avait du mal à se faire payer par son éditeur, Dupuis, qui était aussi l'éditeur de Spirou. La précarité de notre situation a poussé mon père à poser sa candidature un peu partout, notamment au Conseil de l'Europe. Il avait travaillé avec Paul M.G. Lévy qui était directeur de l'Information dans cet organisme international. Il a été recruté au début de l'année 1950. Il est d'abord allé seul à Strasbourg, nous laissant avec une maman qui avait beaucoup de mal à joindre les deux bouts. C'est ici qu'intervient le souvenir que j'ai évoqué plus haut. Je vois maman venir vers nous. Elle ouvre la main et nous voyons quelques pièces de monnaie —des pièces trouées, c'est-à-dire des centimes— au creux de sa paume. "Voilà tout ce qu'il nous reste pour vivre", nous dit-elle. Je me souviens, ou plutôt je crois me souvenir, du ton de sa voix et de son visage attristé par cette misère dans laquelle nous vivions, mais que nous ne ressentions guère, la famille de maman venant souvent à notre aide financièrement. Quelques mois plus tard, nous déménagions pour rejoindre papa à Strasbourg. Nous étions sauvés.
mercredi 30 septembre 2026
Assise
Quel est le premier livre que j'ai lu ? Je parle d'un livre sans image, un livre de grand. Je l'ai lu à l'âge de 6 ans et c'était une biographie de Saint-François d'Assise. Il y avait quelques images et j'en ai un vague souvenir. J'étais frappé par le rapport de Saint-François aux oiseaux. J'aurais bien aimé avoir son talent pour les apprivoiser. Après ça, j'ai lu beaucoup de livres. Tous ceux écrits par la comtesse de Ségur et bien sûr j'ai commencé assez vite à lire les romans de mon père : Le garage du coq d'or, et Trois petits vieux. Et beaucoup d'autres ensuite. À l'époque où je les ai lus, je les trouvais formidables. Aujourd'hui, je suis moins enthousiaste. À part quelques uns, comme Ferments.