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lundi 29 juin 2026

Dormir

Au cours d'une de mes nuits récentes sans sommeil, je me suis mis à retravailler le texte d'une chanson dont j'avais écrit les paroles il y a environ 50 ans et qui avait été mise en musique par mon grand ami Paul Guérin (que j'ai revu récemment chez Danièle Schlumberger).

Dormir le jour
Dans un film en couleurs
Dormir ou ne pas dormir
À cause de la chaleur
À cause du bruit des camionneurs

Courir le jour
Dans le film en couleurs
Courir ou ne pas courir
À cause de la chaleur
Et du danger d'un souffle au cœur

Souffrir le jour
D'un instant de bonheur
Souffrir ou ne pas souffrir
Quand nous vient le malheur
Comblant le vide de chaque heure

Mourir un jour
Dans le film en couleurs
Mourir ou ne pas mourir


dimanche 28 juin 2026

Football

Je ne suis pas un fan mais je regarde parfois des matchs de la coupe du monde quand soit les Français, soit les Belges, soit les Portugais, soit les Brésiliens sont impliqués. J'ai l'impression que jusqu'ici, tout va bien pour la France, le Portugal et la Belgique. Je ne sais pas pour le Brésil. Bon, le foot d'accord, mais cela ne m'a pas empêché d'aller à mon groupe de lecteurs où nous avons entendus les présentations et commentaires de plus d'une vingtaine de livres. Il y en a un qui a retenu mon attention : Lincoln in the Bardo par Georges Saunders qui était présenté par Olivier, un membre de notre groupe qui est, semble-t--il, chercheur à Champalimo, un centre de recherches en neurosciences et sur le cancer. Je vais lire ce livre en anglais.

samedi 27 juin 2026

Jumelles

C'est aujourd'hui qu'Isabel et moi, allons nous acheter une paire de bonnes jumelles pour célébrer nos 25 ans de mariage. Je serai en fauteuil roulant car je suis encore un peu fragile sur mes jambes et je ne peux guère marcher très longtemps, surtout dans un Decathlon portugais. 

vendredi 26 juin 2026

Négociations

Je suis enfin sorti de l'hôpital mais ça n'a pas été chose aisée. Il a fallu négocier ferme parce que le médecin de service ne voulait pas me laisser sortir sous prétexte d'un problème de cœur "sérieux" nécessitant de toute urgence, c'est-à-dire dès lundi au plus tôt, un électrocardiogramme. Il voulait donc que je reste à l'hôpital pendant tout le week-end pour faire un électrocardiogramme lundi dans l'après-midi. Le médecin ne voulait vraiment pas me laisser sortir. J'ai dû utiliser toutes mes armes rhétoriques pour réussir. J'ai même utilisé pour la première et dernière fois (j'espère) de ma vie un argument d'autorité. Devant le scepticisme dont il témoignait quant à ma compréhension profonde des risques encourus, je lui ai sorti que j'étais prof de philosophie des sciences à l'Université de Paris (je n'ai quand même pas été jusqu'à évoquer le mot Sorbonne qui impressionne toujours) et qu'il pouvait être sûr que c'est en toute "pleine conscience" que je voulais qu'il signe mon papier de sortie. Je me sentais comme un élève de troisième qui demande une autorisation de sortie au surveillant général dont l'air sévère était censé impressionner n'importe quel élève. Finalement il m'a signé mon papier non sans me faire signer une décharge au cas où... Bref nous sommes restés quatre heures dans cet hôpital en raison de la réticence d'un médecin qui jouait de son petit pouvoir pour m'humilier.

jeudi 25 juin 2026

Anativore

 Qui mange du canard ! Moi, en l’occurrence, sur une photo envoiêe par Isabel à Jean-Marc qui, aussitôt, m’interpelle en tant, que mangeur de canard, en l’occurrence une porton de riz au canard, une spécialité portugaise qu’Isabel réussit parfaitement.

mercredi 24 juin 2026

Revenir

 C’est cet après-midi, alors que j’allais m’endormir après le départ d’Isabel, que j’ai ressenti une assez forte envie de lire que j’ai aussitôt interprétée comme un véritable désir de revenir pour de bon à la surface des choses, bref,à la vie. Je ne crois pas que la faim ou la soif m’aurait déclenché le même sentiment de retour aux choses. En tout cas pour le moment ça va. Ils sont venus me débarrasser de cette  canule qui, de mon nez, allait jusqu’à l’estomac pour vèrifier les êquilibres digestifs assurès par toute sorte de liquides  étranges dont la bile. Cette canule a été mon cauchemar lors des mes dernières nuits durant lesquelles je n’ai pas fermé l’œil. 


mardi 23 juin 2026

Mieux

Je vais mieux. Ce n’est pas spectaculaire mais c’est sensible. J’ai encore ce hoquet qui, toutes tes trente secondes, requiert mon attention. Aujourd’hui on m’a donné un aspirateur de bouche comme chez le dentiste. Cela facilite la gestion de mes nombreux crachats. Qui sont eux-mêmes liés à ce hoquet infernal qui continue à m’empoisonner la vie. 

L’horloge en face de mon lit indique minuit. Nous sommes donc le 23 juin 20026. Cela fait 25 ans que je suis marié à Isabel. Le décor hospitalier qui nous est imposé par mon état n’est pas très hospitalier pour célébrer un tel anniversaire.

dimanche 21 juin 2026

Démon

 J’ai rêvé d’un petit démon dynamique qui a l’intérieur de moi, s’est mis à danser. Je ne fais pas des rêves comme ça tous les jours. Aujourd’hui est un jour spécial puisque j’ai fait ce rêve. Le petit démon danse sur mes tripes comme Gaston le fait souvent. Est-ce un bon signe ? Peut être. 

Dicté à Charlotte par son père.

vendredi 19 juin 2026

L’envol des coulemelles

 


La bile noire

 C’est ce qui a déclenché les tourments de cette nuit terrifiante que j’ai passé hier à l’hôpital Sao José. J’avais des nausées mais elles ne réussissaient pas à s’exprimer, quand brusquement un flot de liquide noir s’est échappé de ma bouche et à arrosé tout mon lit. À la suite de quoi une armée d’infirmières et de médecins sont venus pour me mettre un crayon transparent et creux dans le nez qui devait aller chercher le reste de ma bile dans mon estomac. J’ai dis non ! Ils m’ont suggéré de le faire quand même, sous sédation. Et c’est ce qu’ils ont fait. Je ne sais pas quel est le produit qu’ils m’ont injecté pour m’endormir mais j’ai fait une espèce de mauvais trip qui ressemblait au film Matrix. La réalité de mon corps contrôlée par des ingénieurs et des médecins. Je sentais mon corps complètement abandonné et me demandais seulement quand est-ce que je ne le sentirais plus ce qui voudrait dire que j’étais mort. Mais cela n’a pas eu lieu. Je traversais des couloirs magnifiques et très hauts de l’hôpital S. José et j’avais des visions très étranges. Les couloirs changeaient de couleur, j’ai quand même reconnu la porte où ils allaient faire les images de mon invisibilité tripale. Ils m’ont ramené plus tard, j’étais épuisé. Ils m’ont remis dans mon lit des soins intensifs et je crois m’être endormi à ce moment là. Une nuit d’épouvante. 

Dicté par Baudouin à sa fille Charlotte en présence de Henryque qui dessine le vol des coulemelles sous ma suggestion.