Nous sommes à la veille du mariage de Charlotte avec Henryque da França, un jeune homme de 34 ans que nous avons adopté facilement parce qu'il est vraiment très gentil et très beau. Les préparatifs vont bon train et doivent être terminés pour demain matin. Daniel, le parrain de Charlotte est arrivé avant hier tandis que Mauro et François sont arrivés hier soir. Sophie et Jacques sont arrivés également il y a deux jours. Charlotte attend ses 60 invités, tous des amis de l'un ou de l'autre des "pas encore" jeunes mariés? Nous attendons encore Ruben, Louis et Philomena, qui doivent arriver aujourd'hui même. La maison est sens dessus dessous avec des fleurs partout, ce qui est assez agréable. Il y aura une autre fête, plus tard, quand ils seront un peu plus aisés financièrement. Une fête avec ma famille, mes frères et soeurs, mes enfants, et de nombreux amis. En tout cas je l'espère vivement.
Dedalus
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vendredi 5 juin 2026
jeudi 4 juin 2026
Article
J'ai envoyé au réseau LFI un article que j'ai écrit avec Jeannot sur notre conception de l'école. Je suis curieux de voir s'il sera publié sur les réseaux. Voici l'article :
Changer l’école pour changer de monde
par Baudouin Jurdant et Jeannot Medinger
Le monde d’aujourd’hui se trouve dans une impasse : une consommation intenable, le réchauffement climatique, un capitalisme à bout de souffle, un accroissement délirant des inégalités, une démocratie rongée par le mensonge, l’opportunisme et le populisme, une démographie en berne, un tarissement généralisé de nos sources d’eau, et surtout, surtout, des systèmes d’éducation de plus en plus absurdes. Tous les enfants du monde vont à l’école où ils apprennent d’abord à lire, à écrire et à calculer. Dans le droit fil de ces apprentissages nécessaires, se déroule ensuite la procession mortuaire de savoirs théoriques, et le plus souvent déconnectés de la vraie vie, qui vont s’échelonner d’année en année au Collège, puis au Lycée, avec le bac en fin de course pour couronner ce long parcours qui laisse une majorité d’élèves sur le bas-côté de la piste, perdus, très ignorants, encombrés de leurs échecs et de leurs faiblesses, culpabilisés à jamais par la médiocrité de leurs performances scolaires. Certes, de ce carnage pédagogique, on peut voir émerger une élite, souvent arrogante, celle dont on est censé avoir besoin pour assurer ces fonctions d’ordre et d’organisation sans lesquelles aucune société ne peut survivre. Cette arrogance, étroitement liée à une méritocratie qui sacrifie la diversité sur l’autel de l’égalité de chances, ne serait qu’un détail dont il faudrait bien s’accommoder.
Une autre école est possible comme l’illustre l’exemple du Lycée Ermesinde de Mersch au Luxembourg, créé en 2005 grâce à une loi spéciale luxembourgeoise qui le met à l’abri des caprices de l’État en matière d’éducation. Il est difficile d’énoncer en trois phrases ce qu’est ce lycée autonome et gratuit.
On pourrait le caractériser par quelques principes. Alors que l’enseignement traditionnel met l’accent sur le mérite, la compétition et la promotion, et donc la médiocrité généralisée, le LEM insiste sur l’excellence de tous, la diversité et la complémentarité des talents, l’échange et la coopération. L’enseignement traditionnel se résume à un apprentissage de la verticalité des relations sociales marquées par l’omniprésence du pouvoir, le LEM parie sur l’horizontalité solidaire des rapports sociaux, l’entraide et l’échange.
Le LEM est fondé sur l’idée qu’il faut renforcer les forces de chacun, cultiver l’excellence dont chacun peut faire preuve dans les domaines qui l’intéressent et surtout, qu’il faut ignorer les faiblesses. L’enseignement traditionnel traque les faiblesses, les fragilités, les manquements, tout ce qui peut justifier soit de l’aide (avec les dépendances que cela entraîne), soit des sanctions et des humiliations pour garantir la légitimité du pouvoir.
Plutôt que de compter sur l’efficacité d’une transmission, le LEM parie sur la mutualisation des apprentissages, la complémentarité des aptitudes, la collaboration entre élèves.
Il n’y a de véritable apprentissage que dans et par l’échange, le dialogue, l’écoute attentive. La transmission ne vaut que dans le cadre d’une relation maître/disciple qui a un contenu précis où l’exigence et la rigueur sont les meilleurs atouts. Mais dans le cadre d’un enseignement général défini par des programmes insipides et ressassés à longueur de vie, cette transmission n’est rien d’autre que de la propagande.
mercredi 3 juin 2026
Fleurs
Isabel est allée chercher des fleurs pour le mariage de Charlotte et notre salon est embaumé du parfum de ces éléments indispensables à la décoration. Elles sont magnifiques. Quant à moi, je mettrai sans doute mon propre costume de mariage qui, j'espère, me va encore. Il faudra quand même que je l'essaye avant le grand jour. Mais, j'y pense : où sont mes cravates ? J'en avais de très jolies.
lundi 1 juin 2026
Terrasse
Je dégonfle un peu ce qui ne veut pas dire que je suis un dégonflé ! Mais cela améliore un peu ma mobilité. Ces derniers jours nous avons pris notre petit déjeuner sur la terrasse, quand le soleil n'est pas encore trop chaud et je dois dire que c'est vraiment agréable. On est entouré de fleurs très variées. Bien sûr nos glycines sont encore trop récentes pour pouvoir constituer suffisamment d'ombre en fin de matinée. Un petit vent frais du Nord atténue les effets d'une trop grande chaleur. Nous restons là. On fait durer la collation pour deviser tranquillement sur les problèmes à régler. Eliott, un voisin et ami que je n'avais plus vu depuis longtemps est venu apporter le champagne (portugais) pour samedi. Quand il est allé sur la terrasse il est resté scotché. Il s'est assis en bout de table et son commentaire était qu'il trouvait notre vue sur le Tage l'une des plus belle de Lisbonne. Pas faux. Jérôme était là également. Avec ce dernier j'ai discuté politique française. Comme tout le monde, il n'aime pas Mélenchon. Pourquoi ? Viennent alors les poncifs de l'anti-mélenchonisme : ses manières, son style brutal et conflictuel, son populisme, son soi-disant ego surdimensionné, bref, l'homme. Pas un mot sur le programme, la qualité de ses interventions sur les problèmes les plus urgents de notre société comme l'eau, le réchauffement climatique, la démocratie. C'est un peu navrant.
dimanche 31 mai 2026
Poids
Je me suis mis sur la balance ce matin : 69,5 kg. En principe je pèse 75 kg. J'ai donc maigri un peu surtout en raison de mon absence de prise de nourriture à l'hôpital. Je ne m'inquiète pas. J'ai toujours un ventre un peu gonflé mais ça va mieux depuis hier.
Le jour du mariage de ma fille Charlotte approche et j'espère que je serai plus en forme que maintenant.
samedi 30 mai 2026
Tanizaki
Junichiro Tanizaki, L'éloge de l'ombre, Verdier, 2011. Mais cet essai a été écrit au Japon en 1933. J'en commence la lecture avec délice. Dans la préface de l'ouvrage, on nous décrit quelques traits de cet écrivain hors-norme qui a suscité des controverses littéraires importantes au Japon.
J'ai lu le livre cet après-midi. Un style dépouillé et direct. Une vision intéressante du monde japonais d'avant où l'ombre était nécessaire pour satisfaire des besoins esthétiques et pour mettre de la profondeur dans nos maisons, jardins et ruelles. Opposé à cette passion de la mise en lumière de tout que cultive l'Occident, l'auteur nous rappelle les bienfaits de l'ombre. Un petit essai magnifique qui nous en apprend beaucoup sur la civilisation japonaise toute en retenue et discrétion.
J'apprends le décès d'Edgar Morin à l'âge de 104 ans. Je l'ai croisé deux ou trois fois au cours de ma carrière. C'était un homme bienveillant et chaleureux. Je n'étais pas fan de son grand œuvre, La Méthode, en plusieurs volumes, qui touchait très directement à mes intérêts professionnels. Mais je lui reconnaissais une grande érudition doublée d'un questionnement constant sur les problèmes qu'il abordait.
vendredi 29 mai 2026
Infirmier/ère
C’est ma deuxième journée hors de l’hôpital. J’espérais qu’une fois chez moi je retrouverais très vite mon état normal. Et bien, non ! Cette colonoscopie m’a ébranlé et j’en ressens encore les effets. Mon ventre est gonflé et ne me laisse pas tranquille. Bon ! Soyons patients. En attendant, je voudrais dire quelques mots sur mon séjour à São José. Nous étions dans une chambre à six lits. Il y a un infirmier ou une infirmière en charge des malades de cette chambre. Il ou elle reste dans la chambre et doit prendre soin de ses occupants : prises de sang, vérification de la tension, ravitaillement en eau, mesure du sucre dans le sang, etc. J’avais les deux bras couverts de ces petits pansements que l’on place sur les endroits où l’aiguille de l’infirmière a piqué. J’avais aussi deux cathéters sur le bras droit pour m’injecter les produits appropriés. Ce que j’ai trouvé intéressant, c’est la diffèrence d’atmosphères dans la chambre selon la personne qui l’a en charge. J’ai notamment pu bénéficier d’un infirmier dont la seule présence engendrait une sorte de calme serein assez étonnant. Cela m’a permis de passer une excellente nuit. Dès qu’un malade faisait un peu trop de bruit il allait lui chuchoter quelques mots à l’oreille et tout redevenait à: calme et silencieux. Cet infirmier avait aussi une connaissance parfaite de l’anglais. Ce qui facilitait nos échanges. Je lui suis très reconnaissant. Le dernier infirmier que j’ai eu était une immense perche au crâne complètement rasé et qui passait son temps à faire le coq en passant et repassant entre les lits.
jeudi 28 mai 2026
—scopies
Je suis revenu à la maison hier soir après un séjour de trois jours et demi à l'hôpital Sao Jose, qui est à deux pas de chez nous. Nous y sommes allés dimanche matin vers 11h aux urgences parce que j'avais remarqué une anomalie dans mon élimination quotidienne, anomalie qui devait avoir été causée par une hémorragie soit dans l'estomac, soit dans les intestins. Très vite, le service des urgences de l'hôpital me garde afin d'établir un diagnostic. On m'installe pour la nuit dans un fauteuil à côté d'autres fauteuils occupés par des vieux comme moi. On les sent méditatifs. Ils viennent tous parce que leur corps se révèle à eux dans sa fragilité essentielle, à laquelle on ne pense pas quand il n'y a pas lieu d'y penser. Finalement, on me fait sortit du fauteuil pour me catapulter dans un lit à l'intérieur d'une chambre à six. Mon lit se trouve juste sous la soufflerie de l'air conditionné. J'ai froid. Je demande une couverture. On m'apporte un drap supplémentaire. Sous mes deux draps, je grelotte. Je passe une nuit difficile avec de nombreux réveils. Avant de dormir on me fait une transfusion de plaquettes, en soupçonnant le Clopidogrel d'être à l'origine de mon hypothétique hémorragie. Le lendemain, dans l'après-midi, c'est l'endoscopie. J'avale la caméra qui, au bout d'un long tube, va inspecter les parois de mon estomac. Pas très agréable. Je vois l'écran et je peux inspecter moi-même cette partie invisible de moi-même qui, sans doute, est très semblable à la partie invisible de n'importe qui d'autre. Nos invisibilités intimes se ressemblent. Est-ce la raison pour laquelle nous tenons tant à nous rendre visible ailleurs, pour les autres ? En tout cas, l'endoscopie ne révèle aucune hémorragie dans l'estomac. Conclusion : il faut faire une colonoscopie. Je croyais savoir ce que c'était pour en avoir fait deux auparavant. Il y a cette période de préparation avant l'acte. Deux litres d'un liquide qui est censé vous vider complètement. Ça marche drôlement bien mais ça me réveille à de nombreuses reprises. Bien que pour ma deuxième nuit il m'avait trouvé une couverture, je n'ai pu guère en profiter à cause de la multiplicité de mes réveils. J'ai parfois besoin d'aide. Elle m'a été accordée deux fois. Un jeune Portugais (ou Brésilien plus vraisemblablement) parlant bien l'anglais et joyeux comme si c'était la fête. C'est jovial ! Ça compense l'humiliation que me causent mes ennuis. L'infirmière en charge de ma chambre, très jolie et sympa, n'est pas très efficace. En fait, elle dort dans le fauteuil dont elle dispose près de la fenêtre qui s'illumine de lueurs bleues de temps en temps, quand les véhicules d'urgences apportent d'autres invisibilités des corps à soigner en urgence. La colonoscopie s'annonce dès le matin mais elle n'aura lieu que le lendemain en fin d'après-midi. J'ai déjà lu deux livres : La bonne mère (l'Iconoclaste, 2025) de Mathilda di Matteo, et La collision (NRF, 2025) de Paul Gasnier. Le premier livre me parle de Marseille en effet, de la vie des Marseillais, des différences entre Marseille et Paris, entre les Marseillais et les Parisiens. C'est une écriture attachante et pleine de vivacité marseillaise. Le deuxième livre est plus triste. Il y a d'abord cet accident : une moto roulant à vive allure cabrée sur sa roue arrière dans la rue Romarin au cœur de la Croix Rousse à Lyon, heurte une cycliste avec violence. Cette femme, qui tient dans cette même rue, une petite échoppe centrée sur l'Inde et le yoga, mourra peu après de ses blessures à la tête. C'est son fils qui écrit sur son désir de rencontrer le jeune meurtrier, Saïd, ou en tout cas sur son désir de comprendre l'incompréhensible. J'ai encore beaucoup de choses à raconter sur l'hôpital mais ça attendra un peu.
vendredi 22 mai 2026
Alexakis
Vassilis de son prénom et auteur du livre dont j'ai entamé la lecture aujourd'hui et qui relate une enquête sur les moines de la Sainte Montagne où se trouve le couvent du mont Athos. Il s'agit bien d'une enquête et c'est, à mon avis, dans le processus de cette enquête que réside l'intérêt du roman et non dans la manière dont sont décrites les coutumes des moines qui sont là pour prier et pleurer. J'ai beaucoup de plaisir à lire ce texte qui me replonge dans les philosophies de l'Antiquité grecque avec tous ces noms qui me sont familiers : Thalès, Pythagore, Xénophane, Platon, Aristote, Zénon d'Élie, etc...
jeudi 21 mai 2026
Chopin
Ce sera le compositeur dont nous entendrons l'un des concertos pour piano, ce soir. Je m'en réjouis.
Hier, j'ai envoyé ma "déclaration de revenus" sans être bien sûr d'avoir réussi à remplir le formulaire correctement. Je n'ai pas beaucoup de patience avec ces obligations bureaucratiques. N'y aurait-il pas moyen de simplifier un peu ces démarches ?
Cet après-midi, j'ai de nouveau une réunion du groupe de lecteurs de l'Institut. Il faut que je revoie les livres que j'ai lus pour pouvoir en parler.