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jeudi 31 octobre 2019

Lits

Avec Isabel, je suis allé choisir des lits pour les chambres. Il y avait une promotion qui nous fera faire des économies. Le temps était terriblement maussade mais après ces courses, nous avons quand même voulu aller à la maison pour voir où en étaient les travaux. Quand nous sommes arrivés vers 18h, l'un des ouvriers s'apprétait à replacer la porte d'entrée sur ses gonds. Mais nous avons quand même pu constater que l'ancien escalier qui menait du rez-de-chaussée au premier avait disparu. Il n'y avait plus qu'une échelle en métal pour accéder aux étgaes supérieurs. Pour nous, c'était une avancée majeure : la preuve que ça avançait effectivement. Bientôt ils vont mettre la nouvelle volée de marches qui mènera à l'ascenseur, celui-ci ne démarrant qu'au premier. Alors que l'on était un peu abattu, Isabel et moi, par la lenteur de la progression, cette étape nous a redonné un peu d'espoir.

mercredi 30 octobre 2019

Le quartier

Hier soir nous avions donné rendez-vous aux amis à la nouvelle maison. Mais, manque de pot, il n'y avait pas d'électricité et donc il était impossible de boire le champagne (portuguais) sur notre terrasse qui a été dotée récemment d'une jolie rambarde, récupérée par notre entrepreneur sur l'un de ses chantiers. Nous nous sommes rabattus sur le petit restaurant au pied de notre immeuble. Nous avons bien bu et bien mangé dans une atmosphère de fête pour célébrer les 54 ans d'Isabel. Décidément, notre futur quartier est bien agréable. Nos voisins sont charmants et l'épicerie du rez-de-chaussée nous sera bien utile. Vivement que l'on puisse occuper notre nouvelle maison !

Le temps à Lisbonne est assez maussade pour le moment. Il fait gris et, de temps en temps, il pleut. C'est bien l'automne. Mais nous n'aurons pas le temps d'aller aux champignons. 

J'ai enfin un rendez-vous avec un urologue le 8 novembre prochain pour connaître les résultats de la biopsie des éléments qu'ils ont enlevés. 

mardi 29 octobre 2019

LX Factory

C'est là, chez Landau, que nous sommes allés chercher le gateau d'anniversaire d'Isabel qui a aujourd'hui, 54 ans. Juste auparavant, nous sommes allés déjeuner avec des suchi et des sashimi à Carcavelhos. Nous, c'est-à-dire Isabel, Charlotte et moi. Nous étions en face de la mer et il y avait une lumière étonnante, une lumière lumineuse qui illuminait tout : la mer, les nuages, les collines au loin, la plage, tout. Hier soir, je suis encore allé aux urgences pendant cinq heures. Des attentes sans fin. Mais cette nuit, j'ai réussi à dormir assez bien, en ne me réveillant que trois fois, pour me rendormir ensuite très vite. 

lundi 28 octobre 2019

Murray

Hier soir j'ai vu sur Arte un film de Jim Jarmusch, Broken Flowers, avec cet excellent acteur, Bill Murray. J'ai bien aimé ce film. Serais-je un fan de Jim Jarmusch ? Moi qui n'ai jamais été fan de quoi que ce soit, à part mes amis, ce serait assez drôle. Je dois encore aller voir Paterson avec Joëlle, film "d'une élégance suprême", comme le disait Jean-Michel Frodon dans un article du Figaro !  Après ce film, il y avait une retrospective sur la carrière de l'acteur Bill Murray. Très intéressant. J'ai trouvé que cet acteur ressemblait pas mal à mon ami Bernard A.

*  *  *

Je suis scandalisé par la manière dont Donald Trump a décrit la mort d'Al Baghdadi. Cet absence de respect pour un ennemi me désole. Certes, je n'avais aucune admiration pour ce calife autoproclamé et sanguinaire mais pourquoi le traîner dans la boue alors qu'il est mort ? 

dimanche 27 octobre 2019

Time

Décidément très bizarre ce roman d'Arthur Larrue. Je l'ai terminé ce matin et je ne sais pas trop quoi en penser. Il ouvre plusieurs pistes d'interprétation intéressantes mais on dirait que ces pistes ne sont là que pour ne pas aboutir, ce qui collerait assez bien avec l'athmosphère russophile du texte. 

J'ai reçu également l'annonce de la parution du livre de mon collègue et ami, Bernard Ancori, The carousel of time. Theory of Knowledge and Acceleration of Time, ISTE & Wiley, 2019. Voici un aperçu du contenu de cet ouvrage tel que l'éditeur le présente :

"The Carousel of Time proposes a model that focuses on a complex network of individual actors, and their relation to the analysis, structure and evolution of our socio-cognitive space–time. The first part of the book, “Foundations”, presents the key bases of this model, as well as the notions that must be understood and integrated. The book then analyzes the concept of “Space”, defining the parameters of the network’s boundaries, and finishes with an exploration of “Time”. This third part links the temporality of the network to its spatial characteristics and studies its evolution."

J'ai mieux dormi la nuit dernière et je me sens un peu plus énergique que ces derniers jours. Heureusement, car nous aurons beaucoup à faire cette semaine, même si nous avons décidé de rester un mois de plus dans notre appartement actuel.

samedi 26 octobre 2019

Seul

Mes nuits restent difficiles. Je dois me relever à peu près toutes les heures. Et, si j'ai des problèmes pour me rendormir, je poursuis ma lecture de Larrue. Ce matin, j'ai passé au moins deux heures dans la cuisine à ranger, nettoyer, finir la vaisselle, etc. Cela me prendrait moins de temps si Charlotte et Johni était un peu plus disciplinés. 

Isabel est allée chez sa sœur à Coïmbra. Elle doit finir les rideaux des maisons de la Quinta. La maison est désolément bordelique avec plein de caisses prêtes à rejoindre la nouvelle maison. Je suis seul pendant toute la journée et je lis.

vendredi 25 octobre 2019

Larrue

Le roman d'Arthur Larrue est vraiment intéressant. Je l'ai pris à plusieurs reprises pendant la nuit et j'ai pu constater que l'écriture à laquelle j'avais affaire était inductrice de rêves à travers les lettres. Le livre est plein de références philosophiques (Bergson) et littéraires (Roussel).

jeudi 24 octobre 2019

Orlov

Je suis invité par Joana V. pour animer une rencontre avec l'écrivain Arthur Larrue, auteur du roman Orlov la nuit (Gallimard, 2019), que je n'avais pas encore lu. J'ai aussitôt téléchargé le livre pour préparer cette rencontre si, effectivement, cette invitation est confirmée pour le 28 novembre prochain. Cela me plaît, évidemment, de travailler en vue d'un tel événement qui rassemblera le groupe de lectrices/teurs à l'Institut Français de Lisbonne. 

Ma santé n'est pas encore complètement rétablie et je n'ai toujours pas de rendez-vous post-opératoire. Par ailleurs, nos difficultés financières deviennent de plus en plus pressantes. Elles ne devraient pas durer puisque nous avons conclu un accord qui devrait nous permettre de vendre l'appartement des parents d'Isabel. Mais notre nouvelle maison requiert des dépenses immédiates importantes que l'on ne peut pas éviter. 

mercredi 23 octobre 2019

Délai

Nous allons rester un peu plus longtemps dans notre appartement actuel. Un mois, sans doute... avant d'emménager pour de bon dans la nouvelle maison. D'abord, nous nous sommes aperçus qu'il y avait un problème avec les chats. Ils sont trois. On peut difficilement imposer leur présence chez les amis qui offriraient de nous héberger pendant une ou deux semaines. Ensuite, cela nous donnera le temps d'emménager petit à petit, sans avoir à décider de tout très rapidement. Je pourrai, par exemple placer les livres dans la bibliothèque en prenant mon temps. Nous aurons aussi un peu plus de temps pour aménager les chambres qui doivent accueillir toute la famille à partir de la mi-décembre. 

mardi 22 octobre 2019

Métal

Ces deux jours passés avec ma sœur m'ont inspiré quelques réflexions introspectives. Selon la terminologie de l'acuponcture chinoise, je serais "métal", un élément qui se caractérise par une quête (impossible, évidemment) de perfection. Je me souviens en effet, qu'enfant, cette quête était très présente, consciente, délibérée. Ce n'est plus aussi vrai aujourd'hui, et ce serait, d'après Martine, dans la conscience de cette impossibilité que résiderait, chez moi, un fonds de tristesse permanente, une sorte de mélancolie latente qui, certes ne m'empêche pas d'être positif et de sourire à la vie, mais qui ne s'efface pas malgré mes démonstrations d'enthousiasme et de joie. Les discussions que nous avons eues, ma sœur et moi, à ce propos, étaient intéressantes. Le regard qu'une sœur peut porter sur le frère qui lui était le plus proche et qui a partagé avec elle les grands événements de son enfance est un regard tout-à-fait pertinent. 

Départ

Voilà : je vais conduire Martine à l'aéroport d'où elle prendra l'avion pour Madrid et après ça, un autre avion pour Londres. Nous avons passé de bons moments ensemble. Il faudra renouveler ce type de rencontre à l'avenir parce qu'elles sont intégralement agréables, sans la moindre ombre.

Après avoir conduit Martine à l'aéroport, j'ai rejoint Isabel sur le chantier. Celui-ci avance, trop lentement à mon goût car nous devons absolument quitter notre logement actuel pour le 3 novembre au plus tard. Nous nous apprêtions à déjeuner dans le quartier des Mrtyrs de la Patrie quand nous avons appris que Martine avait perdu son porte-cartes-bancaires. Je suis allé voir s'il ne se trouvait pas dans la voiture et, en effet, il était là, au pied du siège qu'elle avait occupé. Le problème maintenant est de lui faire parvenir l'ensemble le plus rapidement possible.


lundi 21 octobre 2019

Acuponcture

Martine m'a fait un traitement hier soir et ce matin encore, j'ai eu droit à quelques moxas et quelques aiguilles. Je ressens les effets bénéfiques de ces traitements. Vers 13h30, nous sommes allés manger du poisson grillé dans un restaurant au bord de la plage à Carcavelhos avec Richard. C'était très simple et bon. Quand nous sommes sortis du restaurant, il faisait grand soleil. La mer était calme et superbe. 

dimanche 20 octobre 2019

Questionnement

J'ai beaucoup rêvé cette nuit, notamment à ma bru et aux problèmes qu'elle rencontre à l'heure actuelle. Je revivais très clairement les choses que je lui ai dites au téléphone : transformer le questionnement que l'on s'adresse à soi-même et qui généralement est inspiré par les réponses toutes prêtes que l'on connaît par cœur depuis notre naissance et qui nous plombe avec l'inertie de tout le temps passé. Cela me fait penser à la définition que Jean-Marc donnait de la science : la capacité de transformer les questions jusqu'à ce que les réponses deviennent possibles. 

Martine, ma sœur, est arrivée hier soir. Quelle joie de se retrouver ! Elle arrive au milieu de notre déménagement qui va durer encore une dizaine de jours. Françoise nous a appelé au téléphone et nous avons pu avoir des nouvelles de Francis, son mari, désormais à l'hôpital depuis son AVC. Françoise est pleine de courage et de gentillesse. Martine va me faire des traitements d'acuponcture pour faciliter mes transits et calmer le stress de mes tripes. 

samedi 19 octobre 2019

Livres

La deuxième étape du déménagement a commencé aujourd'hui avec la descente des livres dans le garage d'où ils seront transportés, demain, dans mon nouveau bureau à Calçada de Santana. Des centaines de caisses seront rangées par ordre alphabétique d'abord dans le garage. Les ouvriers qui nous aideront demain, devront les prendre dans un certain ordre pour les placer ensuite, toujours en ordre, le long du mur qui fera face à l'emplacement de la bibliothèque. Il y a vraiment beaucoup trop de livres. Nous sommes un peu submergés. En plus des livres, certaines caisses avec des objets vont partir également, le contenu de nos grands tiroirs, les objets sur les meubles, bibelots, vases, sculptures, argenterie décorative, etc...

J'ai appris ce matin avec consternation que mon beau-frère, Francis, avait eu une attaque au cerveau droit, ce qui va handicaper sa mobilité à gauche. Lui, qui n'arrêtait pas de bouger, voilà qui risque d'affecter son mode d'être dans la vie. Je me souviens de l'hémiplégie qui a affecté la santé de mon beau-père il y a environ quarante ans. C'est un événement qui fait rupture dans la vie. Plus rien n'est comme avant. J'espère que mon beau-frère se rétablira vite. À de tels moments, c'est le moral qui compte le plus. 

Pendant mes insomnies de la nuit, je me suis mis en tête de composer des haïkus uniquement avec des syllabes sans signification. En m'attachant exclusivement au rythme et aux évocations suscitées par les sons linguistiques choisis. Je croyais que ce serait très simple puisque j'étais libéré des contraintes du sens. À mon grand étonnement, la tâche était beaucoup plus difficile que prévu. Je vais essayer de retrouver l'une de mes tentatives.

Gologonne orgone
Alma ruzu sukuru
Orca d'amondeur

vendredi 18 octobre 2019

Calme

Hier après-midi, je suis allé au nouveau cabinet d'Izilda, mon acuponctrice portugaise, qui m'a accueilli très chaleureusement avec ses aiguilles, ses huiles parfumées, son accompagnement sophrologique pour redonner à mon corps le calme qu'il mérite après les tempêtes chirugicales qui l'ont stressé pendant quinze jours. Donc, je suis resté allongé sur la marquesa pendant un peu plus d'une heure, contrôlant ma respiration pour que celle-ci puisse engendrer un peu de tranquillité au niveau des cinq chakras qui conditionnent mes énergies. Rien que le parfun d'ambiance du cabinet vous plongent dans une sorte d'hypnose apaisante. La voix d'Izilda agissait comme une sorte d'horizon sonore, dont la douceur donnait de la profondeur aux effets gravitationnels qui faisaient tomber mon corps dans l'abîme de son propre poids. Cela m'a fait du bien. Certainement.

Je ne me sens pas encore en pleine forme, certes. Mais ça va mieux dans un monde en plein changement. Notre salle de séjour est encombrée d'une multitude de caisses en attente d'être transportées dans notre nouvelle maison, qui est toujours en travaux. Demain soir, ma sœur Marine vient me voir. Et trois jours après, j'aurai la visite de ma œur Françoise. Elles ne sont plus très jeunes mais elles sont courageuses et pleines d'énergie, comme presque toutes les femmes. Je me sens très soutenu par leur bienveillance et leur amour. 


jeudi 17 octobre 2019

Essayer

Finalement je n'ai pas fait de photo du concept-store où Charlotte travaille. Nous sommes allés la chercher à son travail à 20h, après une journée qui, pour moi a été très fatiguante. Nous sommes allés essayer des lits en vue de meubler les chambres de la nouvelle maison. Contrairement à ce que l'on pourrait penser, il n'y a rien de plus fatiguant que de se coucher sur un lit, se relever, se coucher à nouveau, en essayant de bien voir la différence, souvent minime il faut le dire, entre deux matelas neufs. Les prix varient du simple au double. Nous avons visité un premier magasin très chic, avec des matelas superbes et des lits articulés dont on peut moduler le profil pour avoir la tête en bas ou en haut des pieds, le cul dans un trou ou bien aligné au reste du corps, etc. Pas mal du tout. Mais très cher. Bon ! Ce sera peut-être pour une autre vie... Ensuite nous avons traversé le Tage pour aller à Alcochete, un lieu totalement consacré à la consommation de fringues de toutes les marques possibles. C'est un endroit détestable où même dans les rues, flotte cet air d'hypermarché chinois, cet air qui sent le plastique et le tissu neuf, l'air de la consommation débridée de notre époque. Il n'y avait pas de matelas à cet endroit et nous sommes repartis pour un autre magasin (grand) avec, de nouveau, tous ces lits d'exposition qu'il faut essayer les uns après les autres en épiant les réactions subliminales de son propre corps, réactions difficiles à percevoir quand vos tripes sont coincées et qu'elles vous arrachent des gémissement étouffés chaque fois qu'il faut se relever ou se recoucher. Bref, ce fut une journée difficile. Le matin, nous sommes allés voir le chantier et, les choses avancent quand même. La terrasse ouest est en train d'être aménagée pour accueillir les machines à laver, le trou de lumière au dessus de l'ascenseur a été "creusé" —on pourra monter vers les étoiles à partir du premier étage—, bref tout va bien !

mercredi 16 octobre 2019

Intempestif

C'était mieux ce matin. Il faut dire que quand je suis revenu des urgences à Santa Maria, je n'en menais pas large. Le mal était continu, je devrais dire "persistant" dans la mesure où l'on attend que ça se calme sans que cela donne grand chose. Toute interférence extérieure, toute tentative du monde à vous détacher du mal, vous apparaît comme intempestive, énervante.

Maintenant je bouge un peu plus. Je vais aller en ville avec Isabel, voir Charlotte à son travail. Elle est vendeuse dans un "concept-store" très chic, dans l'un des plus beaux endroits de la ville. Je ferai une photo.

dimanche 13 octobre 2019

Bouger

Il faut bouger, me disent-ils tous. Et je sais bien que c'est crucial. Mais ce n'est pas facile avec ces tubes qui encombrent mes mouvements. Et aussi, une certaine faiblesse qui freine mes élans, à dire vrai assez timides. Pendant ce temps, Isabel ne chôme pas. Elle met les livres dans des caisses. Elle emballe la vaisselle. On va aussi trier les habits. Le déménagement, c'est maintenant apparemment alors que les travaux ne sont pas terminés. Cela fait trois semaines que je n'ai pas vu l'état de la maison. 

samedi 12 octobre 2019

Panoplie

Voilà tous les médicaments que le médecin des urgences m'a prescrits. Je n'y crois pas beaucoup. Je préfère l'approche globale de ma belle-œur qui me pince les oreilles, fait une photocopie des mes pieds avec ses mains, me parle d'énergie et de couleurs, me conseille de masser le point G4 à la base du pouce, etc...

Nous avons sans doute chacun nos petits rites personnels pour nous protéger des maladies. La douche froide en fait partie en ce qui me concerne mais, malheureusement, je n'en ai plus prise depuis les opérations.
Cela me manque. 

vendredi 11 octobre 2019

Douleur

J'ai passé la journée au lit. Avec des anti-douleurs car mon ventre me fait encore souffrir. La douleur en continu, c'est vraiment diabolique. On ne peut qu'y penser sans arrêt. Elle s'impose. Ce n'est pas une douleur immense. Les spasmes sont bien plus féroces mais au bout d'un moment, ça s'arrête. On peut gérer. Quand elle insiste en continu, on ne sait pas quoi faire. Le corps douloureux est là, bien présent, il nous empêche de penser à autre chose. 

jeudi 10 octobre 2019

Cour des miracles

J'avais passé une très mauvaise nuit avec des douleurs assez intenses au niveau du ventre et des spasmes assez fréquents. Isabel, sur le conseil  des appels d'urgence, décide d'appeler une ambulance, l'ambulance des sapeurs-pompiers, les bombeiros. Ils sont venus à deux, très sympas et compétents et nous voilà partis pour les urgences à Santa Maria. Arrivés là-bas vers 9h30, nous commençons l'attente —je devrais dire les attentes car après chaque personne vue, il faut attendre. Vers 13h15 nous avons vu un médecin qui avait demandé entretemps des analyses de sang, un électrocardiogramme et une radio de mes poumons. Je n'ai d'ailleurs pas bien compris pourquoi ils voulaient voir mes poumons alors que j'avais mal sur le côté supérieur droit du ventre. Nous disons au docteur ce que nous pensons. Finalement il me prescrira une échographie des intestins qui révèlera le fait qu'il y avait beaucoup d'air dans mes tripes, air que j'avais du mal à expulser, étant en position couchée depuis une dizaine de jours. L'expérience des urgences à Santa Maria est assez terrifiante : nous sommes dans un espace qu'on dirait en sous-sol parce qu'il n'y a pas une seule fenêtre donnant sur l'extérieur. Une véritable "cour des miracles". Il y a évidemment beaucoup de monde, des gens en fauteuil roulant, moi-même en l'occurrence, des gens allongés sur des lits d'hôpital à roulettes, toutes sorte de gens, vraiment : jeunes, vieux, obèses, maigrichons, à lunettes et sans lunettes, tous visiblement accablés par le caractère sinistre du lieu.  Après ces attentes mulltiples et variées nous sommes rentrés chez nous vers 18h30. 

mercredi 9 octobre 2019

Caisses

Je suis revenu à la maison hier en début d'après-midi après quelques heures d'angoisse à l'hôpital en raison de douleurs particulières du côté droit. Finalement, j'ai pu partir mais je n'étais pas en grande forme, il faut le dire.  A la maison, je me suis mis directement au lit et j'ai dormi longuement. Le soir, Isabel et Charlotte sont venues dans la chambre pour manger avec moi un filet de merlan au roquefort. Délicieux. Il faut dire qu'à la maison c'est le grand chamboulement préalable au déménagement. Isabel acommencé à emballer les livres dans des caisses en vue de leur transport dans la bibliothèque du 131, Calçada de Santana. Les livres sont  prêts pour le départ. malheureusement, je me sens bien inutile alors que, évidemment, je devrais contribuer aux efforts de la famille pour déménager.

mardi 8 octobre 2019

Suite

Opération réussie, d'après le chirurgien. Ils ont enlevé tout ce qui était visible de la tumeur. Hier soir ils m'ont injecté un produit —un puissant antibiotique, je crois, genre "mitomycine", d'une couleur bleu sombre assez sinistre — qui m'a fait passer un très mauvais quart d'heure, en réalité, trois mauvais quarts d'heure puisqu'il faut passer un quart d'heure sur chaque côté du corps pour que le produit balaye bien toute la surface interne de la vessie. J'ai vu le chirurgien ce matin qui m'a dit que je pouvais rentrer à la maison aujourd'hui même. Dans 7 jours j'irai au Centre de santé pour me faire enlever les tubes.

lundi 7 octobre 2019

Retour

Voilà : de retour à Santa Maria et prêt à partir vers le bloc opératoire où l'on va me charcuter à nouveau. Ce n'est pas une perspective très plaisante mais il faut bien en passer par là. Isabel m'a accompagné, ce qui est bien. J'écris tout en sachant que mon temps est compté. Un infirmier habillé en vert va venir me conduire dans mon lit à roulettes à travers les couloirs jusqu'au bloc.

dimanche 6 octobre 2019

Rouillé

Je viens de terminer Timika, de Nicolas Rouillé (Editions Anacharsis, 2018). C'est un livre magnifique. Le style de l'auteur nous le rend très proche ainsi que la Papouasie occidentale où se déroule l'action. On se sent, dès le début, bien empêtré dans les boues, la forêt, la boîte de nuit de Bambang, les pluies incessantes, les boues nuageuses du ciel, les rencontres, la rebellion sincère et naïve des Papou, les armes, l'or...

*  *  *

Ma nuit a  été beaucoup plus calme. Je me suis levé deux fois et aujourd'hui les spasmes ont pratiquement disparu. Il faut dire que je suis resté allongé, le plus immobile possible dans mon lit. Demain je retourne à Santa Maria.


samedi 5 octobre 2019

Papous

Lucia et Pedro sont venus déjeuner avec nous, mais aussi, ils ont apporté le déjeuner, un ragoût d'agneau alentejano. C'était vraiment délicieux. J'ai quitté mon lit et je me suis habillé. Mais très vite, la nécessité de bouger de 36 manières différentes a relancé une succession de spasmes assez douloureux. Dès qu'ils sont partis, je me suis remis au lit et mon immobilité relative a eu des effets quasi immédiats : les spasmes se sont raréfiés jusqu'à disparition presque complète. Ouf. 

J'ai poursuivi la lecture du livre de Nicolas Rouillé sur les Papous. Je comptais le finir aujourd'hui mais je ne crois pas que ce sera possible. C'est moins un roman qu'un livre d'anthropologie sur le situation à la fois économique, culturelle et politique des Papous par rapport à l'Indonésie, et à l'impérialisme américain. L'auteur a un talent remarquable pour nous faire sentir là-bas, sous une pluie qui ne cesse presque jamais, marchant dans la boue à la rencontre des orpailleurs qui grignotent les poussières d'or négligées par les Américains. 

Cette atmosphère de la Papouasie, on la retrouve assez bien en images à travers le récit par Alex Vizeo de son trek là-bas.

jeudi 3 octobre 2019

Timika

Voulant profiter de mon temps au lit, j'ai voulu nettoyer mon Mac avec MacKeeper. Résultat nul.

*  *  *

Je vais continuer ma lecture de Timika, de Nicolas Rouillé sur mon kindle. Livre qui m'a été chaudement recommandé par Christine et dont j'ai entamé aujourd'hui la lecture. 

*  *  *

Isabel est allée ce matin à une réunion chez un notaire avec les avocats de toutes les parties concernées. Elle avait emmené Charlotte avec elle. Et, oh merveille, la réunion s'est terminée par un accord définitif signé devant notaire. On va pouvoir vendre l'appartement des parents d'Isabel. Pas tout de suite cependant, car il y a des délais à respecter mais Isabel a un acheteur qui, apparemment, peut attendre un mois ou deux. Cette réunion a aussi permis à Charlotte de parler un peu avec son oncle. Elle est revenue très contente de cette entrevue brève certes mais suffisante pour que le lien soit renoué.

mercredi 2 octobre 2019

Urgence

Ce matin, Isabel est venue me chercher à l'hôpital. j'avais vu le chirurgien qui m'a opéré un peu avant. Il m'a confirmé qu'il n'avait pas pu enlever ce qui devait l'être en raison de l'étroitesse du tuyau d'accès. Il a coupé le point qui faisait obstacle au passage des instruments. Et il va m'opérer de nouveau, lundi prochain, pour enlever ce qui doit l'être, de façon "urgente" m'a-t-il précisé. Le mot "urgent" est curieux. Il est utilisé par les médecins de manière très opportuniste, semble-t-il. Quand ils sont en vacances, il faut relativiser l'urgence. A d'autres moments, cela s'impose. Le médecin m'avait dit qu'il faudrait attendre dix jours pour que la cicatrisation se fasse. Mais il décide quand même de m'opérer huit jours après la première intervention. Cela doit être très urgent. "Urgent" ça peut aussi vouloir dire "inquiétant" mais je résiste assez bien à cette connotation.

mardi 1 octobre 2019

Spasmes

La nuit a été longue et déplaisante. J'étais enfermé dans mon lit sans possibilité d'aller aux toilettes ni faire quoique ce soit d'autre que penser. J'avis régulièrement des spasmes très douloureux. J'en ai fait un haïku que voici :

Mon corps est coincé
au point d'un excès pointu
de la douleur

Mais comme le disait Hamlet (je crois) "il n'est pas de nuit qui ne trouve à la fin le jour."