J'avoue que Kamel Daoud fait preuve de courage quand il écrit ce livre que je viens de lire : Il faut parfois trahir, NRF, collection Tracts, 2025. Il y a quelque chose de vraiment audacieux à défendre la trahison comme s'il s'agissait d'une sorte d'élan vers la liberté et, pour Daoud en tout cas, vers l'universalité. Son texte est intéressant, parfois poétique, parfois émouvant quand il nous explique les tourments de son être : Algérien, et donc Arabe, écrivant en français, dans la langue du colonisateur honni, et donc traitre à ce "nous" qui veut nous encapsuler dans une identité culbutée par le passé colonial. La trahison n'est-elle pas le pire des crimes ? Ce petit texte me fait penser à la pièce de théâtre que je voulais écrire quand j'étais adolescent et qui était centrée sur la défense juridique de Judas l'Iscariot. À l'époque je nourrissais l'envie de devenir avocat et je m'imaginais défendre cette cause perdue, celle de Judas. J'en parlais à ma sœur Martine qui était à la fois effrayée et admirative devant un tel projet.
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