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samedi 15 août 2026

Feher

Je viens de terminer le livre de Michel Feher, Redevenir juif. La fin d'un pacte de blanchiment réciproque, La Découverte 2026. J'ai trouvé ce livre très intéressant où j'ai retrouvé cette idée d'une judéité profondément liée à l'expérience de la diaspora, idée que mon ami Jean-Marc avait exprimée lors de l'une de nos dernières rencontres. Certains passages du livre m'ont fait penser à ce que j'écrivais moi-même dans mon essai Hommes et langues du Tiers-Monde, à propos de l'identité du scientifique : "C'est dans un tel contexte qu'il faut comprendre les res­sorts individuels[1] de ce que nous avons appelé la créativité scientifique. Celle-ci n'est-elle pas liée à l'expérience que font certains hommes d'une profonde incertitude concernant leur propre identité familiale ou culturelle ? Et ce serait bien en cherchant à se connaître lui-même, à se définir indépendamment de ce que sa culture lui enseignerait à ce propos, que le scientifique serait amené à rencontrer certains aspects de la réalité, inaperçus au­paravant et qui font singulièrement écho à ses pensées, apparemment en dehors de toute codification préétablie pour structurer les rapports sociaux à l'intérieur desquels il se sentirait comme perdu."



[1] La référence individuelle qui est évoquée ici ne vise pas à rendre compte des « causes » de la créativité scientifique. Elle fonctionne socialement pour identifier ces « causes » et renvoie de ce fait à ce qui est considéré comme une «explication» socialement acceptable du progrès des sciences et des techniques dans les pays développés. [Note de 1993]

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