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samedi 19 septembre 2026

Pavillon

Le Pavillon était un bâtiment un peu particulier au bord de la rue de Herve dont nous occupions le 615 à Bois-de-Breux. Il se situait un peu plus haut dans cette même rue sur le côté gauche de la chaussée en montant vers Aachen. C’était un petit immeuble carré, couvert d’ardoises et de lierre, dont notre grand-mère maternelle était devenue propriétaire à la mort de son mari, Raoul de Francquen, qui avait été désigné comme mon parrain à ma naissance. Le bâtiment était un peu isolé, comme une grosse villa, avec un petit parc sur l’un des côtés et à l’arrière. Quand on entrait dans cette maison, on était accueilli par les aboiements de Boulouf, un Scott terrier noir, plutôt sympathique. Il y avait à gauche, la chambre de l’oncle Jean et, plus loin, toujours sur la gauche une cuisine très chaleureuse où Bonne Maman nous attendait au moment des repas. Elle pelait les pommes de terre et nous racontait des histoires qui nous passionnaient. Je me souviens du récit de Rémy, le héros du roman d’Hector Malot, Sans famille. Bonne Maman ne lisait pas les histoires, elle nous les racontait dans ses propres mots. Nous étions tous à l’écoute autour de la table de la cuisine et dès qu’elle terminait une histoire nous en réclamions d’autres, encore et encore. L’oncle Jean était le frère de Bonne Maman. C’était un type assez bizarre avec une épaisse chevelure blanche dont il prenait grand soin. Il se moquait souvent de nous. Un jour, nous étions dehors avec lui et il plongea ses mains dans un bouquet d’orties. Quel exploit ! Et il nous disait qu’il ne sentait rien ! Quel homme ! 

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