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vendredi 31 juillet 2015

Akira Kurosawa

...avec Les Sept Samouraïs, film de 1954, que je n'avais jamais vu et que j'ai pu voir avec Jeannot, hier soir sur Arte. Ce qui m'a frappé c'est à quel point la version américaine des Sept Mercenaires, en western, est une copie conforme du film de Kurosawa. Le scénario est quasiment identique. Dans l'original, il n'y a pas ce revirement de dernière minute des paysans qui, malgré l'engagement des sept mercenaires, font allégeance derrière leur dos, au chef des bandits. C'est assez émouvant de voir à quel point cette histoire fonctionne bien. C'était la dernière soirée avec Jeannot et Magali.

Aujourd'hui, nous accueillons Mélinée et sa petite fille de deux ans et demi.

A propos des gestes du quotidien, ils créent le sentiment d'une sorte de permanence qui semble pouvoir durer toujours. Le fait de bouger tous les matins de la même manière a quelque chose de rassurant. Oui, je réussis à attraper ce bocal de graines de tournesol sans problème, oui, je réussis à m'accroupir dans la douche et à me relever sans problème, je réussis tous ces mouvements sans la moindre difficulté. Mais, c'est de m'étonner de ces succès bien modestes qui devrait m'alerter. Comme si je m'attendais à ce qu'un jour, je n'y arrive plus. Un jour, je n'aurai plus la force de faire tel mouvement. Sans doute. Les gestes vont-ils disparaître, l'un après l'autre ? Après tout, il y a bien des mouvements dont je me dispense depuis quelque temps. Par exemple, courir. Encore que, tout-à-fait récemment, je me suis mis à courir, sur une vingtaine de mètres environ. Mais il y a cinq ans, je n'aurais même pas mentionné ce fait que j'évoque aujourd'hui comme s'il s'agissait d'une véritable performance.

mercredi 29 juillet 2015

Théière

C'est la quatrième fois que je recolle le bec de la théière. Si ça continue, cela deviendra un "geste quotidien", un de ces multiples gestes qui meublent l'espace du réveil et qui sont presque automatiques. Je dis "presque" parce que, si c'est complètement automatique, il faut s'attendre à quelques déboires dès qu'il y a le moindre changement dans la disposition des choses.

Le ciel de Lisbonne est très chargé aujourd'hui, chargé de gros nuages qui chargent l'horizon.

mardi 28 juillet 2015

Myosotis

C'est le nom du magasin bio où nous sommes allés à pied, Jeannot et moi, pour chercher ce qu'il fallait pour remplir le frigidaire. Nous avons marché pendant plus d'une heure. Au début, quand ça monte trop, c'est vraiment difficile et au bout de dix minutes ma jambe gauche devient douloureuse. Ceci dit, il suffit de faire une pause suffisamment longue pour que je me remette en marche sans trop de difficultés. Par contre mon épaule gauche est toujours fragile. Le moindre mouvement un peu brusque et j'en ai pour un quart d'heure au moins de tiraillements inconfortables.
Hier soir j'ai refait un "parmentier de courgettes" qui a eu beaucoup de succès.

lundi 27 juillet 2015

LXFactory

Nous sommes allés hier manger à LXFactory, un ancien site industriel qui, après avoir été délaissé pendant des années, a été envahi d'une multiplicité de boutiques "bobo", restaurants, vente de fringues d'occasion, boutiques indiennes, librairies, marchand de vélos, etc. Je croyais sincèrement que cet endroit était plutôt bon marché mais Jeannot et moi avons trouvé l'endroit assez cher et la qualité n'était pas au rendez-vous au cours du déjeuner. Bref, nous avons été déçus. En plus, la chaleur était accablante.

dimanche 26 juillet 2015

Marchés

Jeannot et moi avons fait quelques courses bio au marché de Principe Real avant de nous mettre au travail pour concevoir le fonctionnement de l'enseignement mutuel en abordant les détails de la procédure que l'on projette d'utiliser à nouveau pour transformer l'éducation.

samedi 25 juillet 2015

Fabien

Je souhaite à mon fils un très bon anniversaire. J'espère qu'il va passer une journée magnifique avec Fianna. Qu'il ira danser avec elle en fin de soirée après un excellent dîner aux chandelles.

Jeannot est arrivé hier soir avec sa fille Magali. Ça faisait longtemps (presque deux mois) que l'on ne s'était pas vu. Je les ai accueillis pour dîner avec des tomates et des champignons farcis façon "Baudouin".

Notre vie est remplie de gestes, de petits mouvements familiers, de détails perceptifs auxquels on ne pense plus vraiment. Ils s'enchaînent les uns aux autres dans un environnement relativement bien contrôlé. Et c'est le contrôle de cet environnement qui, justement, nous remplit de vide. On s'en aperçoit particulièrement bien quand il y a problème : le poivre —ou le savon dans la douche— n'est pas à sa place. On est obligé de penser au poivre —ou au savon— et de faire des gestes non prévus par notre programmation quotidienne pour retrouver ce qui nous a échappé. Cela dérègle l'ordonnancement des choses. Cela crée une sorte de dissonance rythmique dans cette danse du quotidien qui nous tient chaque matin. Un tel dérèglement peut ombrager notre humeur. Mais il faut aussitôt se dire que c'est une excellente occasion pour percevoir à nouveau le monde des choses, pour le redécouvrir avec une certaine fraîcheur.

vendredi 24 juillet 2015

Kiyoshi Kurosawa

Toujours sur Arte hier soir, j'ai vu Shokusai de Kiyoshi Kurosawa, un double film, genre thriller, qui porte sur les difficultés du témoignage. Presque quatre heures en deux parties : "Celles qui voulaient se souvenir" et "Celles qui voulaient oublier". Tout se passe autour d'un événement : l'assassinat et le viol d'une petite fille de 10-11 ans. Les quatre amies de cette petite fille ont aperçu le meurtrier et lui ont parlé avant le meurtre. Le film traite de ce qui se passe 15 ans après autour de ce crime qui est resté impuni. Le film est vraiment intéressant, pas seulement pour ce qu'il nous montre du Japon d'aujourd'hui, mais surtout pour le traitement des personnages, leur psychologie, leur manière d'être face au problème du témoignage et de la mémoire.

Hier j'ai déjeuné, comme d'habitude, avec Z. chez Senhor Fernando. Il va partir en vacances et sans doute rejoindre K. en Turquie, plus exactement à Gobekli Tepe qui est un lieu où l'on a retrouvé les ruines d'un des premiers temples religieux de l'humanité, construit il y a environ 12.000 ans.

jeudi 23 juillet 2015

Ardor

C'est le titre du film de Pablo Fendrik que j'ai regardé sur mon ordinateur hier, en fin d'après-midi. Film encore une fois très étrange qui se déroule dans la forêt amazonienne. Des chasseurs viennent pour s'emparer des terres d'une ferme perdue dans la forêt. Ils tuent le père, propriétaire de la ferme, après lui avoir fait signer une cession de sa propriété, tuent un autre homme, le déserteur, qui n'est que blessé, et s'emparent de la fille du père. Un homme de la forêt venu pour les aider, se cache. Il réussit à guérir le déserteur avec des onguents fabriqués à partir de plantes et un serpent qu'il a tué avec une machette —ils ne donnent pas les détails de la recette— et poursuit les bandits chasseurs. Il reprend le papier signé par le père avant de mourir et fait subir toutes sortes de misères à la troupe des méchants, réussissant à sauver la femme. Revenus à la ferme ils se préparent à l'attaque des bandits qui sont à huit, bien armés, contre trois. Grâce à l'ingéniosité de l'indien, les bandits sont éliminés. L'indien retourne dans la forêt où l'attend son ami, le jaguar.
Le film est très lent. On ressent la moiteur de l'air, on entend les oiseaux, le bruit de l'eau, les branches qui craquent, le silence de cette moiteur verte et chaude qui nous imprègne, le grondement du jaguar. Une heure et demi d'inquiétante étrangeté.
Après ça, sur Arte, Copacabana de Marc Fitoussi avec une Isabelle Huppert stupéfiante de vérité dans ce rôle de femme un peu folle qui mène une vie un peu folle dans la petite ville d'Ostende en Belgique où elle s'essaie au métier d'agent immobilier.
Bon ! Il est temps que j'arrête de regarder des films en streaming. Cela m'immobilise devant l'ordinateur et ce n'est pas bon pour mes jambes.

mercredi 22 juillet 2015

Twitter

Je "twitte" rarement. Mais aujourd'hui je l'ai fait avec cette phrase : "Même en bois, le petit singe aime les caresses, car son sourire n'est pas en bois." Cette image provient d'un rêve que j'ai fait cette nuit. Nous étions dans une nouvelle maison, très bien aménagée, avec une espèce de canapé rond, faisant pratiquement le tour de la salle de séjour. Il y avait des animaux dans cette maison, dont un petit singe bien vivant que je poursuis et qui se réfugie à l'intérieur d'une sorte de pantin de bois qui en était la reproduction parfaite. Je caresse ce visage de bois tout souriant.

Hier j'ai rencontré Maria B. qui, à travers Jean-Patrick C., m'a invité au colloque "Science matters" d'octobre prochain. Nous avons pris un déjeuner délicieux à la Cevicheria à Principe Real. Nous nous sommes très bien entendus. Mon intervention en octobre portera sur le thème "Science and literature". Je dois m'y mettre assez vite si je ne veux pas courir trop de risques en improvisant.

Je suis allé conduire Charlotte à son école de surf à Carcavelhos. Malheureusement, je n'ai pas pu la voir en action. Mais je suis sûr qu'elle se débrouille bien.

mardi 21 juillet 2015

Slow West

Hier soir, j'ai regardé en streaming, le western britanico-néozélandais, Slow West de John M. Maclean (2015), dont Fabien m'a parlé. C'est un film étrange, en effet. Un jeune homme de 17 ans est en quête de sa bien aimée, Rose, qui a quitté l'Ecosse avec son père pour émigrer aux Etats-Unis (Colorado). Il rencontre une sorte de vagabond tueur et, comme on le saura à la fin, chasseur de primes en prime. Ce couple improbable en errance dans l'Ouest américain fait plusieurs rencontres qui paraissent énigmatiques. Le jeune homme, plein d'adolescente fraîcheur et de naïveté rêveuse, est présenté comme une sorte d'ange qui, à un moment donné, tue lui aussi. Une femme. Ce qu'il ne sait pas c'est que la tête de Rose, sa bien aimée, est mise à prix. Et que ce n'est pas pour ses beaux yeux que son errance est loin d'être solitaire. Je n'en dis pas plus. Ce qui est spécial dans ce western, c'est que la mort y a une présence déconcertante. Les gens s'entretuent comme toujours dans les westerns, mais la sauvagerie qui les caractérise nous apparaît comme une expression particulière de l'humain. Le film ne nous montre pas la sauvagerie pour nous dire ce que c'est, la sauvagerie, il nous la montre pour nous dire ce qu'est l'humain. Il n'y a rien de spectaculaire dans ce film lent et intéressant qui fait réfléchir. Ce qui est rare, pour un western !

Beaucoup de rêves cette nuit.