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dimanche 10 mai 2015

Parthénon

Je viens de voir un programme documentaire consacré au Parthénon d'Athènes sur Arte. J'ai appris beaucoup de choses sur les subtilités architecturales de ce temple extraordinaire qui a été construit en 9 ans dans la deuxième moitié du Ve siècle avant Jésus-Christ et dont la restauration aura pris, le jour elle s'acheva, certainement plus de 30 ans. Temple dont Périclès a proposé la construction aux Athéniens qui ont décidé démocratiquement de la réaliser. Phidias, ami de Périclès, aurait non seulement conçu la statue d'Athéna à l'intérieur du temple — statue qui a disparu, bien entendu : son infrastructure était en bois et elle était recouverte d'or et d'ivoire (l'ivoire pour figurer la partie chair du corps d'Athéna, et l'or pour ses vêtements) — mais également la frise qui comporte plus de 360 personnages différents, dont certains, disait le commentaire, sont figurés comme regardant le paysage autour de l'Acropole. Bref, pour ceux qui peuvent regarder Arte, je leur conseille cette émission qui devrait être disponible sur Arte + 7 pendant quelque temps.
J'ai regardé cette émission pendant que Charlotte et Isabel étaient à la plage. Il fait un temps merveilleux en effet. Un ciel magnifique où je n'aperçois qu'un seul pli, laissé par un avion dans le coin droit de ma fenêtre.

Auparavant j'ai lu un article de Christian Salmon, "L'esprit du 11 janvier et la danse macabre de la laïcité" publié par Médiapart, article qui commente la publication très prochaine semble-t-il de l'essai d'Emmanuel Todd intitulé Qui est Charlie ? Ce que j'ai trouvé surprenant, c'est moins l'article en lui-même qui relève un certain nombre de contradictions et de paradoxes sur le mouvement créé par les attentats contre Charlie Hebdo — on peut être d'accord avec certaines de ses remarques, mais l'ensemble me laisse un goût quelque peut amer dans la tête, sans doute en raison de ce "décryptage" comme l'intitule Médiapart,  un peu prétentieux, selon moi — que les 236 commentaires que l'on peut lire à la suite de cet article et qui constituent une véritable discussion "à la française" c'est-à-dire avec les insultes, les sous-entendus, les allégeances implicites, les querelles de mots, bref un véritable festival de réparties souvent bien ajustées et toujours très vives. En tout cas, c'est très vivant même si l'on peut parfois être lassé par les incompréhensions systématiques des uns par les autres.

samedi 9 mai 2015

Lettre

J'ai envoyé la lettre que Charlotte a écrite pour poser sa candidature au Lycée Ermesinde. Mehmed semble avoir apprécié la lettre mais je présume que je n'aurai de réponse officielle que lundi.

Le ciel de Lisbonne aujourd'hui est parsemé de plis laissés par les trainées blanches rectilignes que les avions militaires laissent derrière eux. Il ressemble à un papier sur lequel on se serait exercé, sans succès, à produire divers origami. Après chaque tentative, on déplie le ciel, et on tente de l'aplatir pour faire un nouvel essai. Ce serait drôle si tout-à-coup on avait au dessus de nous, une immense grenouille d'azur !

Je me sens un peu dans un creux actuellement. Une humeur en creux. En attendant mieux.

vendredi 8 mai 2015

Hôpital

Comme me le disait Isabel, je vais bientôt connaître tous les hôpitaux de Lisbonne. Hier en fin d'après-midi, j'étais à l'hôpital Santa Martha pour me faire faire un TAC des jambes et du bassin. On m'a injecté de l'iode dans les vaisseaux et cela produit des effets singuliers : chaleurs à la tête et dans le cou. Ensuite on me fait glisser, allongé, à travers un anneau et on me demande de ne pas respirer. Résultats dans une dizaine de jours.

Victoire incontestable des conservateurs en Grande Bretagne. Le "Brexit" devient possible. Peu probable sans doute mais possible. Après quoi, nous aurons le "Grexit". Puis, en remontant l'alphabet, le "Frexit" ??? Défaite de l'Europe ? Et s'il n'en reste qu'un, qui sera celui-là ? Peut-être bien le Luxembourg !

jeudi 7 mai 2015

Dialogue

J'ai rêvé que Josiane voulait acheter un tapis à ma mère. Il y avait dialogue. Même pas marchandage. C'était 1.700 euros. Mais il y avait comme une erreur dans cette discussion, erreur dont je m'aperçois après un certain temps [qu'est-ce qu'un "certain temps" dans un rêve ?] : cela ne se peut puisque maman est morte depuis longtemps. Pourtant elle était bien là, dans mon esprit de rêveur acharné. D'ailleurs j'ai continué à rêver.

Pas un pli dans le ciel de Lisbonne... ah, si, tout au fond, une bordure gris clair, une marge à peine visible, lointaine, et sur la page, parfois, un oiseau traversant. Voilà un verbe qu'il me faudra traiter prochainement : "traverser".

Je continue la lecture de Cuban sur l'école. J'ai fait connaissance avec les charter schools américaines qui, institutionnellement, ressemblent à ce qu'on voudrait créer à Luxembourg. Ce sont des "établissements publics", financés par l'Etat mais néanmoins très autonomes dans leur fonctionnement. Apparemment, le problème c'est la salle de classe dont il semble impossible de se séparer quelles que soient les innovations dont on peut s'aviser. Pas évident.

mercredi 6 mai 2015

Désordre

Cette nuit j'ai rêvé de manière totalement anarchique. Et pourtant, j'avais l'impression de guider mon rêve, autrement dit de l'orienter, de faire venir les personnages à mon gré, de choisir les lieux que je reconnaissais, de définir les époques. Résultat : une vraie cacophonie onirique où tout se mélange, les époques, les lieux, les personnages. Mme W., espionnant les allées et venues dans l'appartement, mon père dans des attitudes peu familières comme s'il était devenu homo, l'allée Spach, mon chat Zuki, un enfant de Mme W. appelé Guy, un lit fabriqué avec d'anciens cageots de fruits, mon retour de je ne sais où, la cuisine de la rue Goethe à Strasbourg, mon métier de journaliste, etc... bref, un vrai mélange hétéroclite, sans véritable trame narrative.

Je continue à lire le livre de Larry Cuban sur la succession des réformes des systèmes éducatifs aux Etats Unis et la participation, constamment renouvelée, des grandes entreprises, aussi bien que des petites d'ailleurs, à la gestion des écoles entre 1890 et aujourd'hui. De nombreuses initiatives ont vu le jour qui tentaient, parfois avec succès, de combiner l'enseignement professionnel avec celui de branches plus classiques. Je cite ce passage pour montrer à quel point la relation entre l'éducation et le business a été une orientation constante aux US : "By 1990 just over half of all school districts in the nation had school-business partnerships. A decade later, the figure was almost 70 percent. Votlunteers in schools went from 2.6 million in 1990 to 3.4 million in 2000, with a value to schools of $ 2.4 billion. Of the business that were partners with schools in 2000 (keep in mind that schools had multiple business partners), three out of four were small firms, 61 percent were mid-sized, and 42 percent were large corporations." A partir de 1989, un mouvement financé par RJR Nabisco "New Century Schools" a été lancé pour créer les écoles modèles du futur où les élèves sont impliqués dans de nombreux apprentissages professionnels aussi bien que dans les matières plus classiques. Mais, semble-t-il, toutes ces réformes se heurtent au même obstacle qui nous avait été énoncé par Daniel Troehler : la salle de classe au seuil de laquelle toutes les velléités, aussi bonnes soient-elles, doivent se soumettre à la logique du système.

mardi 5 mai 2015

Chaleur

C'est une journée chaude qui s'annonce ici à Lisbonne. Ensoleillée malgré de gros nuages juste en train de se disperser. Hier, j'ai commencé La Guerre des Juifs de Flavius Josèphe mais il faut que je termine également The Blackboard and the Bottom Line. Why Schools Can't Be Business de Larry Cuban. C'est un livre intéressant qui parle de la succession des réformes de l'école qui se sont succédées aux Etats-Unis à partir des années 60, jusqu'au No Child Left Behind Act de 2002 sous l'ère de George W. Bush. Ce qui est frappant, c'est que toutes ces réformes ont pour cible l'enseignement : comment rendre l'enseignement (entendu comme transmission) plus efficace, plus complet, mieux ciblé, plus flexible, plus ceci, moins cela, etc...; comment en évaluer les résultats avec des tests, des contrôles, des examens, des épreuves, des barèmes, des diplômes, etc... Beaucoup d'auteurs se penchent sur le problème avec le préjugé qu'il s'agit principalement d'un problème d'organisation, ce que je ne crois pas. Mais je dois finir le livre de Cuban d'abord. Je ferai mes commentaires ensuite.

lundi 4 mai 2015

Royaume

Voilà, j'ai terminé le livre d'Emmanuel Carrère, Le Royaume. C'est un livre impressionnant et l'auteur suppute à plusieurs reprises, au cours de sa rédaction, qu'il s'agira de son chef d'oeuvre. J'avoue que j'ai été complètement capturé par cet ouvrage qui relate les débuts du christianisme, certes, mais pas en historien, ni, dirais-je, en romancier créant une fiction à partir de faits supposés réels, et qui, sûrement, ont pu l'être pour certains, ni en chrétien convaincu, ni en mécréant ironique, ni en intellectuel sceptique quoiqu'il sache fort bien qu'il en est un, bref ni en quoique ce soit si ce n'est lui-même, pris dans ce filet de la chrétienté et, se sachant pris là-dedans, résolu à aller jusqu'au bout d'un nombre innombrable de questions bien aiguisées sur la pierre de notre présent. A peine terminé, on a envie de le relire, de repasser par tous ces détails d'un passé raconté et dont le récit dissocie les faits, selon les positions de ceux qui les racontent justement tout en en ayant été, parfois, les acteurs principaux. J'ai terminé l'ouvrage ce matin, au lit, comme je le faisais quand j'étais enfant et que je reprenais de dessous l'oreiller, le livre que j'y avais soigneusement placé la veille au soir et dont j'avais dû abandonner la lecture sous l'injonction parentale de "dormir maintenant". Quel délice que de se replonger dans la tourmente des mots de la veille, des mots gonflés de sommeil dont on retrouve les fils tout emmêlés, tout brouillés par les rêves qui s'y sont accrochés par toutes sortes de liens inattendus. Pour une fois, Isabel s'était levée avant moi et j'ai décidé de rester au lit jusqu'à la fin du livre. Ce fut un merveilleux moment. Je remercie donc vivement Martine de m'avoir conseillé de mettre le nez dans ces pages qui n'étaient pas des pages d'ailleurs puisque c'est Kindle qui m'a offert ces plaisirs de la lecture. (Je précise que je ne mets pas mon Kindle sous l'oreiller, mais sur ma table de chevet !)
Après un livre comme celui-là, on se demande ce qu'on va bien pouvoir lire. On se désole à l'avance de ce que le prochain va le chasser dans les choses lues, sur lesquelles on ne reviendra pas de si tôt. En même temps, c'est aussi un livre qui invite à se pencher à nouveau sur les évangiles et leurs différences : Marc, Jean, Luc et Matthieu, sur les "Actes des apôtres" et les lettres de Paul, sur Flavius Josèphe, bref sur tous ces auteurs du passé qu'Emmanuel Carrère fait vivre en nous avec les accents d'une sincérité peu commune.  

dimanche 3 mai 2015

Carrère

Hier, j'ai passé l'essentiel de ma journée à lire Le Royaume d'Emmanuel Carrère que m'avait recommandé ma soeur Martine. C'est un livre attachant qui décrit avec beaucoup de justesse l'état et l'évolution du sentiment religieux pour les jeunes de ma génération. Je me suis souvent reconnu dans ses descriptions même si je n'ai pas connu ce retour dans le giron de l'église catholique (avec mariage religieux, messe quotidienne et communion) dont il a fait l'expérience pendant trois ans. Par contre il décrit avec beaucoup de justesse son entourage, les visites à sa tante, son ami si fidèle, ses périodes d'écriture, ses élans mystiques, ses rapports avec sa psychanalyste, etc. Le mélange de ces descriptions autobiographiques avec l'histoire des débuts de la chrétienté est également intéressant. Sa lecture de Jean, puis de Luc puis des Actes des apôtres avec St Paul est très vivante et directe. Bref une lecture qui ne vous laisse pas indifférent.

Le ciel de Lisbonne est plombé jusqu'au ciel. Pas très gai pour un dimanche de mai. Peu d'oiseaux, grand silence, oscillation très légère des vieilles antennes de télé —quand donc, va-t-on arracher ces mauvaises herbes médiatiques qui ne servent plus à rien ?— et au loin, très lointain, le ronronnement d'un A320 plein de touristes.

samedi 2 mai 2015

Lisboa

De Vienne à Lisbonne : trois heures d'avion ce qui fait que pour aller de Luxembourg à Lisbonne, j'ai passé environ 6 heures dans les avions, au lieu des 2 heures et 30 minutes que m'assurent les vols directs. Ceci dit, cela m'a donné l'occasion de revoir cette magnifique ville de Vienne. Avec Sylvie et Pierre nous sommes allés boire du café et manger des pâtisseries viennoises au Café Central qui est un endroit assez magique. Moi qui ne mange jamais de gâteaux, j'en ai mangé deux, absolument délicieux, tous deux à la rhubarbe bien que différemment présente en chacun. Par contre, le personnel est vraiment antipathique, grantig comme disent les Viennois ce qui se traduit par "ronchon". En fait c'est plus que "ronchon", c'est carrément agressif. Manquant totalement d'humour et de fantaisie.

Dans mes avions j'ai lu deux choses : tout d'abord, j'ai relu Othello de Shakespeare et un polar sur kindle Un miroir pour Scotland Yard de Patrick Porizi. Othello : quel délice, quelle intelligence et quelle finesse dans la description des tourments de la jalousie d'Othello, et de la perfidie de ce personnage incroyable qu'est Iago. Je vais essayer de me procurer le film avec Lawrence Olivier, je crois. Le polar était intéressant même si, de nouveau et comme d'habitude, la fin est assez bâclée. Ces auteurs imaginent des intrigues pleines de complications et de surprises mais qui, parfois sont si compliquées que leur dénouement est souvent vraiment tiré par les cheveux. C'est dommage. Aujourd'hui, je vais sans doute entamer Le Royaume d'Emmanuel Carrère dont j'ai déjà lu, avec plaisir, plusieurs romans.

Un verbe ?

Gagner

Qu’il gagne, si cela lui fait plaisir. Moi, je ne veux pas me laisser compromettre par une syllabe aussi détestable, ringarde, geignarde des balafres de l’effort. Ce 'a' qui nous fait bailler avant de se noyer dans la grimace du 'gn-', lèvres écartées dont les coins tremblent, comme si l’on allait se mettre à pleurer. La gnaque dont on se targue alors n’arrange pas les relents syllabiques qui gagnent. Et puis cet air idiot que l’on prend quand on gagne ou qu’on a gagné. Debout sur le podium : quelle place peu enviable. Les anglais sont mieux lotis avec win 

vendredi 1 mai 2015

Cata


Cata pour catastrophé. J’ai dormi chez Sylvie et Pierre à Vienne. Et tout-à-coup je suis réveillé par un fracas de verre brisé. Non ! ce n’était pas un cambrioleur, c’était moi qui, par les mouvements intempestifs de mon oreiller, avait fait tomber le lampadaire qui se trouvait entre le lit et le mur. Ce sont des choses qui arrivent, certes, mais je m’en serais bien passé. Il est 6h17. Ils sont encore au lit. Que vais-je faire pour tenter de réparer ces dégâts ?