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jeudi 10 mars 2016

Décortiquer

Qu'y a-t-il de commun entre une crevette et un texte ? Ben voyons, c'est le titre de ce matin : tous les deux se décortiquent. Mais, de façon plus précise : qu'enlève-t-on à un texte quand on le décortique ? On lui enlève la tête et la queue ce qui fait qu'il se retrouve sans queue ni tête. On lui enlève également, aussi délicatement que possible, les pattes et l'écorce (ou la coque, peut-être, la carapace) — mais un texte, pas plus qu'une crevette, n'est ni un arbre, ni un œuf —. Il s'agit d'accéder au corps vivant, —non, pas vivant quand même —, la chair morte dans toute l'élégance de sa blancheur et de sa saveur. Que reste-t-il d'un texte après qu'on l'ait décortiqué ? Bien moins semble-t-il que ce qui reste de l'opération quand on la pratique sur une crevette.

Non ce n'était pas un rêve. Je me suis réveillé avec ce mot en tête sans vraiment savoir quoi en faire. Il faudra sans doute que j'y revienne. J'ai l'impression que le mot m'indique un petit secret que je n'ai pas réussi à percer.

mercredi 9 mars 2016

Vallsaille

Encore une "vallsaille" dans Le Monde d'hier. Invité au dîner annuel du CRIF, notre premier ministre dénonce la montée de l'antisémitisme en France —bien, très bien même — mais ce qui est grave, c'est que dans le même discours, dans la même envolée, pourrait-on dire, il fait de l'antisémitisme un "synonyme" de l'antisionisme. De quoi est fait cet acharnement à mettre l'Etat d'Israël au dessus de tout soupçon, autorisé à transgresser toutes les règles du droit international et à poursuivre sa politique d'occupation violente et arbitraire de la Palestine ? Les hommes politiques français refusent de penser. Ils obéissent à des impératifs politiques (ou économiques et financiers, sans doute) obscurs, incompatibles avec le bon sens le plus élémentaire. Au moment où la campagne BDS commence à porter ses fruits en inquiétant vraiment le gouvernement israélien, l'Etat français se montre de plus en plus virulent contre ses militants en France. C'est désolant.

Par ailleurs j'ai repris la lecture de Gaston Leroux, Le fantôme de l'opéra, interrompue par celle de Quite Right, de Norman Biggs. Il faudrait vraiment que Charlotte le lise, même si ce n'est qu'en version abrégée, pour pouvoir poursuivre son travail personnel sur le chant en abordant le chant lyrique comme elle en a l'intention.

En attendant, je suis tombé à la télévision (ARTE) sur Maigret tend un piège de Jean Delannoy (1958) avec Jean Gabin et Annie Girardot, d'après le roman de Georges Simenon. Excellent. J'ai été particulièrement frappé par la musique de Paul Misraki dont le thème — celui de la chanson "Ça ne sert à rien" <https://www.youtube.com/watch?v=vSkBIn_be6c> — était celui que je sifflais au tout début des années 60, dans la rue, sous les fenêtres d'Irène à Strasbourg pour qu'elle vienne me rejoindre.

mardi 8 mars 2016

Quite right

Il était 7h17 quand je me suis levé ce matin. 1717 : 2001, juillet, 17,  jour de naissance de Charlotte. Il y a beaucoup de soleil. Je n'ai pas encore repris mes habitudes de jus de légumes du matin. Il fait trop froid dans l'appartement vers 5/6 heures et après, c'est trop tard. Mais, tous les jours je me dis qu'il faudrait que je m'y remette.

Je suis en train de lire, pour JMLL, un livre d'histoire des mathématiques en vue d'une publication éventuelle au Seuil. L'ouvrage est bien écrit mais aussi très dense, avec beaucoup de formules qui risquent de rebuter le lecteur peu familier des mathématiques. Je dois lui envoyer ma fiche de lecture aujourd'hui. J'ai encore quelques pages à lire avant de pouvoir le faire. En tout cas j'aime beaucoup le titre du livre en anglais : Quite Right, suivi d'un sous titre un peu plus explicite sur le contenu historique de l'ouvrage. Le programme de ma journée est arrêté.

Petit problème de santé en vue. A prendre au sérieux dès demain matin.

lundi 7 mars 2016

Phantom

J'ai revu hier matin ce film de 1974 réalisé par Brian de Palma Phantom of Paradise, dont l'histoire est celle du "fantôme de l'opéra" de Gaston Leroux avec une multiplicité d'influences et d'emprunts :
Faust de Goethe, bien sûr, mais aussi, Le Portrait de Dorian Gray d'Oscar Wilde, Marcel Proust, etc. C'est un film certainement un peu daté, mais que l'on peut revoir sans s'ennuyer.  Peut-être en raison même de cette multiplicité de références culturelles.


dimanche 6 mars 2016

Limbes

Les Limbes d'Olivier Bal. C'est le roman que j'ai lu sur le kindle dans mon avion de retour à Lisbonne. Une sorte de roman mi-fantastique, mi science fiction qui met en scène l'exploration du monde des rêves. Je l'ai trouvé très moyen, même si la partie "exploration des rêves" de l'autre, qui me faisait penser aux exploits du rêve lucide, a réussi a suscité mon intérêt. Mais tout le décor d'un laboratoire secret américain, situé au fin fond de l'Alaska, avec vie souterraine des scientifiques mettant en observation un rêveur exceptionnel qui, à la suite d'une balle reçue dans la tête au Vietnam, réussit à pénétrer dans la tête des autres quand ils rêvent, etc., etc., tout ce décor disais-je manque singulièrement d'originalité.

J'ai pu discuter avec Charlotte avant de prendre l'avion. Elle réussit de mieux en mieux à gérer son intégration au Lycée Ermesinde et les enseignants reconnaissent ses efforts. C'est encourageant.
A Lisbonne, Isabel m'attendait et elle semblait très contente de me revoir après une semaine d'absence. Ce fut une semaine difficile pour elle, comme pour moi d'ailleurs, mais elle se terminait plutôt bien avec une solution satisfaisante concernant sa loja. Ce matin, le soleil est magnifique.

samedi 5 mars 2016

Martine

C'est l'anniversaire de Martine aujourd'hui. Je viens de lui écrire un message personnel. J'espère que sa journée sera pleine de joie et de rires. Bon anniversaire Martine.

Cette nuit j'ai rêvé de Daniel J. On était très heureux de se revoir et il m'annonçait qu'il allait s'installer comme détective privé à Bruxelles. Aussitôt, je lui proposais de m'associer avec lui pour fonder l'Agence J&J. Pourquoi pas ? avait-il l'air de dire en souriant. Et Yves se joindrait à nous, et cela ferait J&J&J, ou bien JJJ. Et Joëlle serait notre commissaire, comme dans les séries télé où c'est toujours une femme un peu fragile d'aspect qui organise les poursuites des pires criminels, pas comme dans No Offence, de Paul Abbott dont j'ai parlé récemment, et où la femme qui dirige ne semble pas avoir quoi que ce soit de fragile comme l'indique la photo ci-jointe.

Bien que réveillé de nombreuses fois cette nuit, j'ai passé une plutôt bonne nuit. Hier soir, grande discussion avec Jeannot et Nadine. Intéressante à plus d'un titre. Charlotte dort profondément.

Hier vers midi, la femme très sympathique qui tient la caisse à la cantine, m'a donné 60/62 ans au plus. Quand je lui ai dit que j'en avais 74, elle n'en croyait ni ses oreilles ni ses yeux.

vendredi 4 mars 2016

Cross purposes

C'est là une jolie formule de la langue anglaise qui, dans Linguee, donne lieu à une multitude de traductions diverses. On se croise sans se voir. Nos intentions se croisent sans se rencontrer. On persiste chacun dans sa voie, dans sa raison, dans sa perspective sans pouvoir (ou sans vouloir) se mettre à l'écoute de l'autre, à la place d'où l'autre vous parle. On comprend de travers. Nous faisons tous cette expérience dans nos échanges avec autrui. Les malentendus peuvent alors être amplifiés et créer des tempêtes dans nos relations et dans nos têtes. On monte en épingle telle ou telle formulation derrière laquelle on découvre une montagne d'intentions malveillantes, de désirs secrets, de mensonges délibérés. L'imbroglio —voilà encore un mot italien bien expressif qui peut décrire des situations analogues. Mais, pourquoi ai-je recours à des langues étrangères pour désigner des difficultés de communication ? La langue française serait-elle moins riche dans les situations de dispute ? J'ai comme l'impression que la réponse est dans la question justement.

Dans The Guardian, aujourd'hui, les menaces d'attaque nucléaire de Kim Jong-un, président de la Corée du Nord à la suite des décisions de sanctions proposées par les Etats Unis. Mais aussi, et surtout peut-être, les progrès accomplis dans la lutte contre le cancer et notamment, la promesse de traitements adaptés au système immunologique de chaque patient. C'était la spécialité de Yoko, la femme de mon ami Hiroyuki Mitsuishi, qui a monté une clinique à Kyoto où ce type de traitement se pratique depuis de nombreuses années déjà, avec beaucoup de succès, semble-t-il.

jeudi 3 mars 2016

Dur thé

Les trois mugs de thé noir que j'ai bus hier soir avant d'aller dormir ont eu raison de mon sommeil. J'ai donc "souffert" d'une nouvelle insomnie à partir de 2h59 jusqu'à... je ne sais pas, mais ce matin, je n'ai manifestement pas les yeux en face des trous, si je puis m'exprimer ainsi. La nuit a été difficile, la journée le sera sans doute aussi. Mais bon, "c'est le vie" (à lire à haute voix et avec un léger accent anglais !).

Je viens de prendre connaissance de certains travaux de Bernard Delvaux sur l'éducation. Les idées de cet auteur qui travaille à l'université catholique de Louvain, semble-t-il, se rapprochent beaucoup des idées que nous essayons de faire avancer au Lycée Ermesinde. Je vous propose de prendre connaissance de cet article "Réformer la vieille institution scolaire" que l'on peut trouver sur internet à l'adresse suivante :
<http://politique.eu.org/spip.php?article3249>.
L'article est passionnant. Cet auteur a également écrit un essai dont le titre est Une toute autre école. Pensées libres, Girssef, 2015. Je vais bien entendu le lire. En attendant j'ai adhéré à ce mouvement en train de naître.

mercredi 2 mars 2016

Dîner grec

Le Guardian d'aujourd'hui mentionne les résultats du Super Tuesday, dans la course à la Maison Blanche des candidats en présence, et il faut noter les belles performances de Bernie Sanders, face à Hillary Clinton qui, pourtant a remporté des victoires majeures.

Beaucoup de rêves tourmentés cette nuit. Je me suis réveillé avec un rêve qui m'a angoissé parce que je n'y voyais aucun sens. J'étais angoissé par l'absence de sens, alors que, généralement, ce n'est pas une bonne raison de s'angoisser quand on rêve puisque la plupart d'entre eux sont assez absurdes, il faut le dire.

Le dîner grec d'hier soir, organisé par certains élèves du lycée, a été très joyeux et, à vrai dire, assez bon. Un potage au citron et au riz pour commencer, délicieux, la moussaka traditionnelle, et une glace accompagnée de cerises griottes au sirop pour finir. J'étais à la même table que Christelle et Eloïse, avec leur famille respective. Très bonne ambiance. Et j'ai fait la connaissance du père de Lucas, (un copain de classe de Charlotte) kinésithérapeute dans un village voisin, belge d'origine, très sympa.

mardi 1 mars 2016

No Offence

C'est le titre de la série télé de Paul Abbott dont j'ai vu quelques échantillons hier soir, après les infos sur France 2. Tournée dans des quartiers déshérités de Manchester, cette série est étonnante. Elle nous présente une Angleterre étrange avec un trio féminin atypique à la tête d'un commissariat de police saisi par des affaires elles aussi complètement déjantées : un serial killer  s'attaque à des filles trisomiques qu'il tue en les noyant après les avoir violées. Racisme, psychopathologie, fanatisme religieux, homosexualité, humour, tout y est, mais, justement, sans violence outrancière, toujours à l'intérieur des limites du célèbre — et quelque peu fictif — pragmatisme bon enfant des forces de police britanniques. Je n'ai jamais vu une telle crudité sociale dans les images. C'est très prenant. Un bon document d'anthropologie, en tout cas.