Rechercher dans ce blog

mercredi 13 mars 2019

Temps

Hier, j'ai lu le petit livre de Grégoire Delacourt, l'auteur de l'excellent La liste de mes envies. Ce roman, intitulé La femme qui ne vieillissait pas, pose des tas de questions philosophiques intéressantes autour d'un thème qui relèverait plutôt de la science-fiction. Nous avons besoin des marques que le temps et la vie impriment sur notre visage, notre corps. Le fantasme consistant à vouloir échapper au temps en nous réparant nous-mêmes avec des crèmes, des savons, des opérations chirurgicales, etc., est largement répandu, et pas seulement parmi la gente féminine. C'est ce fantasme qui fait la fortune des industries pharmaceutiques et cosmétiques, de quelques chirurgiens mondains qui bien souvent font plus de dégâts qu'autre chose.

lundi 11 mars 2019

Cinq minutes

Ce matin, j'ai numérisé mon article "Popper entre la science et les scientifiques" (1988) pour l'envoyer à Mathieu Quet. Malheureusement, la qualité médiocre du papier utilisé par notre éditueur brésilien de l'époque fait qu'on ne voit pas grand chose. Je vais quand même envoyer cet article numérisé à Mathieu en espérant que ses yeux soient meilleurs que les miens. C'est d'ailleurs une chose que je constate de plus en plus nettement : mes yeux perdent leur acuité de jadis. Surtout l'œil gauche qui aurait besoin d'une opération de la cataracte qui coûte 2500 euros.  Pas évident. Cela attendra des jours meilleurs. Pendant quelques jours, récemment, l'exercice de la planche exigeait de moi des efforts inhabituels. J'arrivais péniblement à tenir une minute et demi. C'était sans doute une faiblesse passagère liée à un état grippal sournois. Mon nez s'était transformé en fontaine. Aujourd'hui, j'ai tenu deux minutes et demi sans problème. Je reviendrai rapidement aux quatre minutes réglementaires. Il faudrait d'ailleurs que je continue à progresser pour tenir au moins cinq minutes.

dimanche 10 mars 2019

Nesbø

Je viens de terminer un "thriller" de Jo Nesbø, Soleil de nuit (Gallimard, 2016), un polar qui m'a déçu. Pourtant cet auteur avait réussi à plusieurs reprises (Le Bonhomme de neige, le Léopard, etc.) à me passionner pour les enquêtes de Harry Hole qu'il était capable d'imaginer. Ce petit roman acheté en vitesse à l'aéroport n'est absolument pas convaincant. 


samedi 9 mars 2019

Taqawan

C'est un mot indien d'une tribu de Gaspésie au Canada qui désigne le saumon qui remonte à la source de sa naissance. C'est aussi le titre du livre que j'ai lu dans l'avion, Taqawan par Éric Plamondon (Livre de Poche, Quidam éditeur, 2018), un roman qui traite des relations entre les blancs et les indiens vivant dans une réserve au Canada avec des flash back historiques pour nous éclairer sur l'origine des tensions. Un petit livre dont l'intérêt principal est de nous familiariser avec le français familier du Québec.

Avec Isabel, je suis allé visiter le Musée de la Monnaie à Lisbonne. Un lieu magnifique, une ancienne église réaménagée en musée. J'y ai retrouvé quelques exemplaires des premières monnaies lydiennes et grecques : le lion lydien, les tortues d'Égine, les chouettes d'Athènes et le cheval ailé de Corinthe. Ces traces du début du monnayage sont toujours émouvantes pour moi. 

vendredi 8 mars 2019

Destruction

Je suis à l'aéroport. Je suis venu avec un Uber Pool en espérant qu'un autre passager se signalerait sur l'itinéraire pour que je puisse payer un peu moins, mais personne ne s'est signalé. Too bad !  Hier, chez Fabien, j'ai fait une soupe de légumes pour Louis et Samantha —qui était en train de couver une grippe— et moi. Louis avait également ramené des falafel du restaurant où il travaille actuellement dans le XVIe. J'ai passé ensuite une très mauvaise nuit dans le lit d'Eliott : des rêves absurdes où mon corps était malmené par des forces destructrices. Cette destruction devait se faire d'une manière très violente en deux étapes : dans un premier temps, il y avait destruction. Ensuite, il y avait destruction de ce qui avait été détruit.  Je me suis réveillé à plusieurs reprises. Ce matin, j'aurais bien voulu passer chez Guibert pour voir s'ils n'avaient pas Le Théâtre de la mémoire, de Sciascia. Mais j'ai du mal à faire des courses le jour de mon départ en avion pour Lisbonne. 

jeudi 7 mars 2019

Starobinski

J'apprends la mort de Jean Starobinski, un auteur que j'ai pratiqué notamment quand j'écrivais ma thèse de 3ème cycle sur la vulgarisation scientifique. Je l'ai rencontré il y a bien longtemps à l'occasion d'un dîner dans la famille d'Irène. C'était un grand ami de Daniel Schlumberger., le père d'Irène. C'est son travail critique sur les Confessions de Jean-Jacques Rousseau qui m'a inspiré pour l'un des chapitres de cette thèse, le chapitre où je compare la vulgarisation scientifique à l'autobiographie de la science et qui a donné lieu à une publication dans la revue Public Understanding of Science. C'est un article que j'avais écrit directement en anglais alors que j'étais au Japon, à la Toyo University. John Durant me l'avait demandé. Deux "referees" anonymes se sont prononcés, l'un pour dire qu'il ne fallait pas le publier, l'autre pour dire qu'il fallait le publier. Finalement il a été accepté. À la suite de Starobinski, j''argumentais de la manière suivante : l'autobiographie est fondée sur le pronom personnel "je" qui est, à la fois, le personnage principal de l'histoire que l'on raconte, et qui désigne aussi la personne qui est en train d'écrire son histoire. Dans la vulgarisation scientifique, ce rôle du "je" est assuré par la récurrence du jargon scientifique dans les textes de Science et Vie, Pour la Science, etc. Cela demanderait de plus amples explications mais je n'en ai pas le temps maintenant.

mercredi 6 mars 2019

Présence

Hier, c'était l'anniversaire de ma sœur Martine qui a reçu mon coup de fil alors qu'elle faisait ses valises pour le Grand Nord où elle espère pouvoir admirer les aurores boréales. Nous avons regretté qu'elle ne soit pas avec nous, hier soir, chez mon autre sœur, Marianne, avec Françoise, la troisième sœur et Patrick l'un des deux derniers frères qui me restent. Le dîner a été très joyeux et cordial. Comme si toutes les ombres du passé qui, souvent, engendrent des tensions dans les familles, s'étaient dissipées.  C'est agréable de se retrouver à 77 ans dans une famille dont tous les membres s'entendent bien. Je crains que cela soit assez rare. Et donc précieux. C'est une question de présence et de présent.

J'ai repris contect avec mon ancien étudiant et aujourd'hui collègue et ami René Kahn qui m'a envoyé un "témoignage de lecture" de l'un des articles qui sera publié dans Science dite et interdite, une sélection des articles que j'ai publiés au cours de ma carrière universitaire. Ce volume avance bien maintenant et cela me réjouit. J'ai également reçu un message encourageant d'Andreas qui y participera aussi. Jusqu'ici tout va bien !

mardi 5 mars 2019

Absence

Cela fait deux jours que je n'ai pas écrit mon blog. C'est la première fois depuis longtemps qu'une aussi longue absence sur Blogger arrive et je ne peux même pas prétexter une panne d'ordinateur.  Je suis à Strasbourg depuis dimanche après-midi et hier j'ai passé une soirée délicieuse avec Célia et Hendrik. Josiane nous a rejoint après le repas et j'ai raconté cette histoire si compliquée de l'amnésique de Collegno qui continue à me préoccuper en vue de la préface que je dois écrire pour la traduction en italien du livre de Christine Dal Bon, Oublier son nom. J'ai déjà écrit trois pages mais il faut, pour que ma fiction tienne la route que j'en écrive au moins deux ou trois fois plus. En tout cas, quand je me suis mis à raconter cette histoire à Célia et Hendrik, ils étaient suspendus à mes lèvres. (C'est comme ça qu'on dit, n'est-ce pas ?) J'étais comme ce bouc cornu de Goya qui captive son auditoire. 

Lundi, j'ai vue Mélodie Faury et nous avons déjeuné avec Stéphanie Dupouy, philosophe des sciences qui a un sourire magnifique, ce qui est assez rare dans ce genre de domaine. En fait elle défend plutôt une vision "science/société" de la philosophie des sciences. Nous avons parlé de la traduction du livre de Kotowicz. J'espère que cela pourra se faire. 

samedi 2 mars 2019

Occupation

Nous sommes occupés, très occupés. Par toutes sortes d'activités, parfois intéressantes, souvent inintéressantes. Encore que, il suffit de s'y intéresser pour que ça change. La vaisselle par exemple. Et si, par hasard, les occupations viennent à manquer, alors... nous nous occupons. Nous nous assurons d'une occupation de nous-mêmes. 
Nous avons eu, Jeannot et moi, une longue discussion passionnante sur ce thème de l'occupation, hier soir, en dînant. La discussion a démarré sur la question de l'Europe et le constat qu'il est vrai que depuis 75 ans, l'Europe est en paix, une sorte de renouveau de la pax romana, qui s'est instaurée au IIe siècle après J-C sous le règne d'Hadrien. 

vendredi 1 mars 2019

Beringen

De ma fenêtre à l'internat du Lycée Ermesinde, je vois les lumières de Beringen, un village luxembourgeois au pied d'une ou deux collines très noires, ponctuées de quelques points lumineux dont l'alignement trace une route. Oui ! c'est bien une route. Je vois une voiture descendre vers le village. J'ai passé la journée à écouter les membres de la direction du lycée discuter, parfois en luxembourgeois, des différences entre bulletin et dossier, entre branches disciplinaires et branches interdisciplinaires, entre langues et maths, entre épreuves annoncées et épreuves non-annoncées, etc... des discussions techniques qui, quoique pas inintéressantes, rendaient cependant difficile l'expression d'un point de vue venu de ce lieu très extérieur où je me tenais. Je me suis senti en effet très loin des enjeux mobilisés par ces discussions et mon esprit parfois se préoccupait d'autre chose, comme le livre de Marguerite Yourcenar que je suis en train de relire, comme cette collection d'articles qui ont balisé ma carrière d'universitaire et que Joëlle se propose de publier sous le titre qui résume bien la problématique de cette carrière : Science dite et interdite.