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jeudi 23 avril 2015

Chirurgie

C'est avec un spécialiste que j'ai rendez-vous aujourd'hui. Un chirurgien vasculaire pour voir si mes vaisseaux ne sont pas tous coulés... oh ! pardon, si tout coule bien dans mes vaisseaux sanguins. Après, j'aurai un autre rendez-vous avec un chirurgien des lombaires. Il faut être prudent avec les chirurgiens. Ils veulent vous ouvrir, ne fut-ce que pour voir ce qui se passe dans votre corps. Martine doit avoir son opération ces jours-ci. Françoise l'a subie la semaine dernière et Patrick va être opéré de la cataracte. Une affaire de famille en quelque sorte.

Quand je me suis réveillé ce matin, je sortais d'une voiture dans mon rêve et mes gestes se confondaient avec ceux que je faisais pour sortir du lit. Pendant un bref moment, le rêve et la réalité étaient la même chose, en tout cas, quant à l'expérience que j'en faisais. Effet d'étrangeté garanti.

Hier j'ai lu un petit roman d'Amélie Antoine, Fidèle au Poste, un petit roman sans prétention mais suffisamment bien écrit pour qu'on ne le lâche pas. L'intrigue tourne autour d'un programme de télé-réalité qui manipule les sentiments d'un homme devant la mort de sa femme. Cette mort est simulée. Une autre femme intervient. L'homme est l'enjeu d'un pari qui rapportera 1/2 million à la gagnante. Les caméras s'emparent de l'immense chagrin de cet homme naïf et désespéré qui finit par réagir de manière assez surprenante. Le roman est reposant.

Un verbe ?

Couler
Ce n’était pas la peur. Je croyais faire ce qu’il fallait mais les mouvements de plus en plus désordonnés de mes bras, de mes jambes, de ces membres attachés à un corps de plus en plus lourd, étaient inutiles. Je savais parfaitement bien qu’à un moment donné, je ne tenterais plus de bouger, mes gestes étaient déjà très lents, j’étais prêt à laisser mon corps se repaître de son propre poids pour quitter la surface de l’eau et des choses, pour couler sans la moindre angoisse, sans la moindre pensée, sans le moindre souci. Je m’étonnais de cette anticipation tranquille des profondeurs. Et pourtant, mon regard — je n’avais plus que lui — s’est accroché à un autre regard, pas loin, deux mètres à peine, et une main a pris la mienne. C’est alors que l’eau est devenue très sombre, vue de là où je me suis senti sauvé.


J'ai passé toute la matinée à l'hôpital et j'ai effectivement vu un chirurgien vasculaire. Très sobre. Aussi bien dans l'attitude que dans les questions. Il m'a fait faire une prise de sang et m'a prescrit d'autres examens : un nouveau TAC pour voir si mon système vasculaire était endommagé dans son ensemble ou s'il ne s'agissait que d'un truc partiel. Si c'est partiel, il pourra sans doute faire quelque chose. Par contre si c'est l'ensemble de mon système vasculaire qui est endommagé, il semblerait qu'il n'y ait pas grand chose à faire. Affaire à suivre, donc. Il a confirmé le diagnostic de sténose en tout cas. Et cela, semble-t-il est directement lié à ma tabagie passée. Même après avoir cessé de fumer il y a plus de 20 ans, je subis aujourd'hui les conséquences de cette mauvaise habitude. Je n'en revenais pas. Isabel m'a dit qu'on appelait ça "la jambe du fumeur". Cela me fait une belle jambe, maintenant!

mercredi 22 avril 2015

Titrer

Tous les matins —aujourd'hui, particulièrement tard, puisqu'il est déjà 7h20 à Lisbonne—quand je m'apprête à écrire sur ce blog, je me demande quel titre je vais donner à la page. Parfois, ce n'est pas évident du tout. Il m'arrive d'en changer en cours de route. C'est souvent un événement particulièrement saillant qui s'est produit la veille. Cela peut être le nom d'un auteur (celui que je suis en train de lire, ou un autre, quand je change de livre), d'un lieu, d'un événement, une couleur de ciel (celui de Lisbonne tel que je le vois par la fenêtre de mon bureau), une humeur, un personnage en visite, une idée, une disparition, un rêve... A l'instar d'un blogueur néerlandais dont Fred m'avait recommandé la lecture, depuis quelque temps je m'oblige à titrer d'un seul mot. Cela complique un peu. J'ai aussi éliminé la mention de la date, puisque le logiciel "Blogger" le fait pour moi. C'est assez facile de trouver des titres pour les rêves. Généralement, ils vont se référer à l'image que l'esprit a gardé en lui et qui, quand elle revient, permet d'amorcer le déroulement du rêve selon des séquences qui peuvent varier elles aussi : de la fin du rêve à ce qu'on se souvient de son début, ou l'inverse. L'inconscient ne connaît pas le temps. Mais justement, le rêve, ce n'est pas l'inconscient, c'est une manifestation de l'inconscient dans la conscience du dormeur. Quand on fait beaucoup de rêves la même nuit, on a l'embarras du choix. Cette nuit, j'ai l'impression d'avoir fait une demi douzaine de rêves. J'étais sûr de les retrouver au réveil. Mais voilà : quand je me suis mis à l'ordinateur, je me suis aperçu que Charlotte l'avait utilisé la veille et que son passage faisait en sorte que je n'avais plus accès à l'écriture de mon blog. Cela suscite une préoccupation énervée qui chasse les rêves. Le problème se saisit de votre esprit et la disponibilité qu'on pouvait avoir ressenti au réveil, s'évanouit d'un seul coup.

Aujourd'hui, mon titre est "Titrer". C'est un verbe que je n'ai pas encore examiné de près. C'est un verbe auquel je ne suis pas indifférent. J'ai toujours trouvé que mon père excellait dans le choix des titres pour ses romans : Assassin Hans, L'Homme au manteau vert-pomme, Les Joueurs de Mah-Jong, L'Assassin est un imbécile, Hier soir Atlantique Nord, Trois petits vieux, etc., etc. Il en a publié 80. Je crois les avoir tous lus, en tout cas tous ceux qui étaient disponibles. Ils ne m'ont pas convaincu. Mais, j'admire l'énergie et l'imagination dont il a témoigné pour inventer tellement d'histoires. Ferments est certainement l'un de ses romans les plus intéressants. Agence Deck et Cie m'avait beaucoup plus à l'époque mais je devais avoir 11 ou 12 ans quand je l'ai lu.

J'ai lu la conclusion des commentaires de Jean-Louis Le Touzet de Libération sur l'interview de Bachar al Assad par David Pujadas. La voici :
"Il y a deux ans, Bachar al-Assad était un dictateur assiégé. Aujourd’hui, grâce à ces interviews, le voilà relancé dans la voie d’une reconnaissance «et de sa légitimité» : «Le plan a marché car on ne parle que de cela depuis deux jours», souligne le chercheur. Ainsi, le but est parfaitement atteint." 
C'est exactement ce que je craignais avec Isabel : une dédiabolisation progressive du dictateur, grâce aux médias. L'important, apparemment, ce n'est pas ce qu'il dit. C'est peut-être pour cela qu'il ne dit rien. The medium is the message. MacLuhan avait raison, une fois de plus. Le chercheur dont parle Le Touzet et qu'il cite dans l'article est Thomas Pierret, Maître de Conférences à l'Université d'Edimbourg et spécialiste de l'Islam.

mardi 21 avril 2015

Syrie

Hier soir, Pujadas s'entretenait avec Bachar al Assad en Syrie. Drôle d'interview. Isabel se disait que c'était sans doute le début d'un processus de dédiabolisation du président syrien pour que puisse s'ouvrir un dialogue. Il me semble évident que tout avait été préparé depuis très longtemps et, manifestement, Bachar al Assad connaissait les questions qui lui seraient posées, les photos qui lui seraient montrées. Et, pour moi, il ne fait aucun doute que le gouvernement était au courant, voire même, que c'est lui qui a suggéré cette voie détournée, cette manoeuvre, pour présenter le président syrien aux Français sous un jour qui ne le rend acceptable que parce qu'il parle normalement, tout seul, assis dans son fauteuil en face de David Pujadas. Tout semble avoir été conçu au moindre détail près. Il s'agit d'une mise en scène. Bref, je me demande ce que les journaux vont en dire ce matin.
Je ne manquerai pas de revenir ici un peu plus tard, après la lecture de la presse d'aujourd'hui.

Les journaux parlent peu de cet entretien de France 2. Et toutes mes hypothèses semblent démenties. Bachar al Assad ne connaissait pas les questions que lui poserait Pujadas. En tout cas c'est ce que disent les médias. Je suis perplexe.

lundi 20 avril 2015

Discussion

Une grande discussion philosophique dans mon rêve cette nuit avec Richard W., un vieux copain que j'ai revu bien plus tard en Italie, spécialiste du parc de Bomarzo où l'on trouve d'immenses statues représentant des monstres. Je maintenais que les Grecs s'étaient intéressés au cerveau humain et à son fonctionnement interne. Il disait qu'aucun texte n'en témoignait et il avait sans doute raison. Juste auparavant, ou même pendant ce même rêve, nous nous apprêtons à dîner. Nous sommes nombreux autour de cette table ovale. Je veux me mettre à côté de lui pour pouvoir continuer la discussion, mais il n'y a pas de place. Je ne sais où m'asseoir.

Le ciel de Lisbonne est bleu pâle avec des flaques de nuages à l'horizon au dessus des collines. Je pense qu'il fera beau aujourd'hui. J'espère aussi qu'il fera un peu plus chaud qu'hier.

Hier aussi, j'ai travaillé sur le livre qu'on avait appelé le "destructionnaire" et qui était une critique en règle des systèmes éducatifs que le monde contemporain a hérité du XIXe siècle. Je pense que le manuscrit est de plus en plus présentable et que je vais pouvoir prospecter un éditeur. Il y a encore la question du titre. Ce n'est pas évident.

dimanche 19 avril 2015

Cinéma

Je suis allé voir un film au cinéma hier soir, avec Charlotte et Isabel : Papa ou maman, un film qui représente un couple en instance de divorce et qui se dispute pour ne pas avoir les enfants. C'est sensé être drôle et, en effet, on rit de temps en temps. Mais la plupart du temps, en ce qui me concerne, j'ai été choqué par la vulgarité qui se dégage de ce film sans consistance qui multiplie les gags à travers une surenchère dans le mauvais goût, le bruit et l'absurde.

samedi 18 avril 2015

Wilberforce

J'ai vu hier soir le film Amazing Grace, qui raconte l'histoire de celui qui, pendant 20 ans, a lutté pour faire passer au Parlement en Angleterre la loi d'abolition de l'esclavage, William Wilberforce. Il réussira en 1807. 283 votants pour et 16 contre. Une histoire assez extraordinaire dans cette Angleterre de la fin du XVIIIe siècle dirigée par William Pitt qui fut, semble-t-il un fidèle ami de Wilberforce. J'ai acheté sur kindle, le livre qui raconte sa vie, car, comme le disait Isabel très justement, un film, "ça va trop vite". Le rythme est trop rapide pour raconter une vie surtout cette vie là qui, pendant 20 ans, alla de déception en déception en raison du refus de la Chambre de considérer favorablement une telle loi qui, croyait-on, allait ruiner l'Angleterre des riches.

50.000 pages de ce blog vues. C'est le chiffre que j'ai vu, hier. Ne serait-il pas temps d'arrêter ? Ou bien, comme dirait Avaaz, "allons jusqu'à 100.000" bien que ça n'ait rien d'une pétition. En attendant je vous donne à lire un autre verbe, pris dans ma réserve !

Fendre
Ce qui advient juste après : une fente. Dans un mur ou un corps, dans la mer ou le vent, dans une forêt sombre entre deux arbres en lisière, double verticale pour cacher l'onde sous la particule, en gestes circulaires pour le sabre qui fait siffler l'air sans souffle, calmée après l'amour, élargie dans un sourire, double horizontale d'un  regard asiatique, jaillie du choc entre les nuages, refermée sur un mystère, colmatée, recousue, ne laissant plus derrière elle qu'un bord sans intérieur : l'âme. À fendre avec précaution.


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Je vais bientôt m'attaquer à "pourfendre". En tout cas, c'est un verbe sur lequel il y aurait beaucoup à rêver.

Autre nouvelle bien triste : Gago, l'ancien ministre des sciences du Portugal vient de mourir d'un cancer. C'était un homme remarquable.

vendredi 17 avril 2015

Acuponcture

Bonne séance d'acuponcture hier matin avec Izilda, suivie d'un massage du bras et de l'épaule gauches. Ces soins me semblent utiles et surtout agréables même si elle y met de la force sur les points sensibles. J'ai vu Z. hier également comme d'habitude le jeudi. Il m'a longuement parlé de son livre qui a été chaleureusement approuvé par l'un des lecteurs d'Edimburgh University Press. C'est un livre qui intéressera très certainement les Français. Le plan est que dès qu'il sera officiellement accepté par EUP, je l'envoie au Seuil en vue d'une traduction qui pourrait être publiée en même temps que la version anglaise. Sur le plan éditorial, ça se tient. Enfin ne vendons pas la peau de l'ours...

Un autre verbe ?

Attendre
Tout ce qu’il y a de tendre dans ce verbe tend à se dissoudre, non pas petit à petit, au fur et à mesure que l’attente se prolonge, mais tout de suite, dès le premier instant où, même après être arrivé bien en avance, on se met à attendre. Voilà : il n’y a plus que cela à faire, attendre, et le temps se met à battre dans des rythmes contradictoires. L’extrême lenteur de son passage cohabite avec les pointes de l’impatience, faisant de cette expérience singulière, une anticipation du moment de mourir. On cherche à remplir l’attente d’une réflexion sur l’attente qui ne fait que creuser ce remplissage du vide avec du vide. On s'abîme dans l'abîme. Tout instant supplémentaire dilate indéfiniment l'instant d'avant, sans espoir d'après. La sensation qu'il n'y a pas d'après. L'après a disparu et c'est cela qui ressemble à la mort. 

Peut-être l'avais-je déjà publié sur mon blog ?

D'après les statistiques, j'arriverai aujourd'hui à 50.000 pages lues.


jeudi 16 avril 2015

Lombaires

Je me suis fait faire un TAC, hier, de la région lombaire pour voir s'il n'y avait pas des vaisseaux coincés quelque part par là. C'est fou ce que le corps réclame votre attention avec l'âge : ça craque, ça coince, ça couine, ça tire, ça clique ça grince un peu partout comme une vieille barque qui, avec la marée, tangue encore, arrimée à son poteau. Ça ne dure pas forcément. Ça ne fait pas forcément mal. Ça signale que tout fonctionne encore à peu près. Car après tout, ce sont des signes de vie.

Pour ne pas vous laisser sur la même tonalité, voici un verbe plus gai :

Exulter
J’exulte. Je ne comprends pas cet intérieur qui s’agite comme pour changer de place, prendre la place de l’extérieur, et qui, pourtant se creuse au dedans, se vide en mille mouvements minuscules, chaque cellule en transe, tout bouge, s’agrège et se désagrège, l’émotion dispersée en multiples fragments autonomes, je suis éparpillé à l’intérieur, je ne tremble que d’un seul côté du corps, sa face interne, invisible, j’exulte.

C’est fébrile. La joie se joue de moi, me dénoue complètement, me dénude les nerfs qui inventent cette configuration singulière de mon être bondissant, palpitant de tous ses pores. J’exulte. Rien à comprendre de cet état de transe tranquille, de ce hors-de-soi intérieur, de cette chair vibrante comme une coupe de champagne que l’esprit porte à ses lèvres. J’exulte.

mercredi 15 avril 2015

Vietnam

J'ai vu hier soir, sur Arte, un documentaire sur la guerre du Vietnam, telle qu'elle fut menée par les Américains. Avec ensuite, un documentaire sur les négociations secrètes entre Kissinger et Le Duc Tho, représentant du Vietnam, homme remarquable, dixit Kissinger lui-même. Le Duc Tho déclina le prix Nobel de la Paix qu'on lui avait attribué en association avec Kissinger disant qu'on ne donne pas le prix Nobel de la Paix conjointement à deux ennemis. Ce qui était assez extraordinaire dans ce film c'est de voir à quel point le monde entier s'est mobilisé en faveur du Vietnam du Nord avec des manifestations absolument partout, même aux Etats Unis où il y a eu la grande marche réunissant des centaines de milliers de personnes à Washington contre cette guerre que les GIs faisaient sans savoir pourquoi. Une guerre sanglante qui a fait des millions de morts sans raison. Ils disaient : "la défense du monde libre". Celui-ci commençait apparemment au Sud du 17e parallèle. Ben voyons !

Juste auparavant, toujours sur Arte dans le cadre de l'émission "Thema", j'ai vu un film sur l'extermination des Juifs d'Europe pendant la dernière guerre. Un documentaire encore, intitulé Jusqu'au dernier. Terrible film avec de nombreux témoignages d'historiens allemands, français, anglais, hongrois, américains, encore vivants. Surtout ce qui s'est passé à l'Est, en Pologne et en URSS. De nombreux villages entièrement rasés, des massacres qui en un ou deux jours faisaient plusieurs dizaines de milliers de victimes.

Je continue Graeber sur la dette. C'est très intéressant. Il dénonce à juste titre la mise en isolement de l'économie où toutes les magouilles sont possibles derrière des listes de chiffres, une comptabilité qui ne rassure que parce qu'elle existe.

Pour ne pas vous perdre dans le noir de mes pensées, voici un autre verbe :

Plier
Un geste de roseau ou de papier. De ce roseau qui pense dans les plis de la texture du monde, on aime la fragilité. Il est frêle. Comme nous quand on imagine l’immensité de l’univers, la multiplicité des galaxies, la puissance des dieux. Le pli du papier est différent, parfaitement rectiligne, première étape d’une grenouille, d’un coq, d’un bateau, d’un avion ou du chapeau de Napoléon. En réalité, les plis sont partout. Seul le ciel, vraiment vide et bleu au dessus du désert, n’a pas le moindre pli, juste avant, ou juste après, tous les plis de la nuit.  

mardi 14 avril 2015

Oiseaux

Ce matin, par la fenêtre ouverte, j'ai entendu les oiseaux discuter avec beaucoup d'animation. C'était un plaisir qui s'était fait rare pendant l'hiver. Il y a beaucoup moins d'oiseaux parce que, paraît-il, il y a beaucoup moins d'insectes : pas d'insectes, pas d'oiseaux, pas de chant matinal. N'allons-nous pas devenir de plus en plus tristes sans les oiseaux ?

J'ai terminé Eduardo Kohn à petites gorgées de lecture, surtout les deux derniers chapitres. Il faut dire que je n'ai pas vraiment eu de temps la semaine dernière. En tout cas, c'est un livre magnifique et je remercie Sasha de nous l'avoir signalé. J'ai entamé, Debt de David Graeber, toujours sur Kindle. Cela me mènera certainement jusqu'à mon prochain voyage à Luxembourg.

Hier également, nous sommes allés à Macro faire des courses et le soir, nous avons vu le film Bel Ami, d'après Guy de Maupassant dont la vie nous avait été racontée dans un film avant hier. Charlotte était avec nous.

Deux disparitions à déplorer : Gunther Grass et François Maspero. Je me souviens de cette librairie superbe "La joie de lire" où je passais des heures chaque fois que j'allais à Paris. Il y a de moins en moins de monde dans le monde. C'est triste.

Le ciel est rempli de nuages jusqu'à raz bord alors que la journée d'hier a été splendidement étourdie de soleil.

Je rajoute un verbe, celui que je viens de traiter :

Voir
Sans regard. Se laisser happer par les détails qui sont ceux d’un ensemble, d’un tout dont on se sent partie prenante. Les détails ne ressortent que si le tout est là, délié sans être dénié par le regard. Il n’y a rien de passif dans le simple voir. Il faut surprendre le détail pour être surpris par lui. Le regard ne voit rien, il communique et s’y perd. Il suit docilement l’esprit comme un chien suit son maître. Le regard aboie mais ne mord pas. Il admoneste le réel. Tandis que la vision conduit silencieusement l’esprit aux choses : ce qu’on appelle l’attention. Voir, c’est toujours aller au delà de ce qu’on est. Alors que le regard vous retient en deçà de vous-même. Il fonctionne par dessous le paysage et ne voit rien.