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vendredi 31 décembre 2021
Covidés
jeudi 30 décembre 2021
Amitié
C’était aujourd’hui à 13 heures qu’une petite cérémonie funèbre a eu lieu au crématorium de la Robertsau à Strasbourg pour honorer Francis, le mari de ma sœur Françoise et qui fut mon meilleur ami il y a plus de cinquante ans. J’ai retrouvé une photo de cette époque-là. Nous allions souvent nous promener dans ces endroits sauvages qu’il y avait autour de Strasbourg. Je crois que c’est Irène qui a pris cette belle photo. Il y avait beaucoup de vent. Je ressens encore cette poussée d’un vent d’hiver froid qui veut vous bousculer, sans trop y croire d’ailleurs. Cette photo représente assez bien l’amitié qui nous unissait.
Hier soir, dans l’avion qui nous ramenait à Lisbonne, nous avons regardé un film de Netflix. Nous avons ainsi vu le film Geronimo de Walter Hill (1993). Pas mal, sans plus. Mais par contre, en reprenant ma lecture interrompue de La diagonale de la joie, je tombe à nouveau sur Geronimo, sujet de l’une des visions que l’auteure a eues au cours de certaines de ses transes. « Synchronicité », c’est ainsi que ça s’appelle et j’aime bien ça !
mercredi 29 décembre 2021
Montorgueil
J’ai passé une nuit difficile, avec des rêves qui revenaient constamment et qui me réveillaient. Quand je me suis réveillé pour de bon, j’avais l’impression de ne pas avoir dormi du tout. J’avais mal à la gorge et ma voix était caverneuse. Je suis quand même allé chez Fabien pour voir, ne fut-ce que quelques instants, ma famille : Célia, Hendrik, Joacquim, Ruben, Zephira et son ami Ian, l’adorable Julien, Fabien, Louis, Irène, Fianna… Julien aurait voulu que nous parlions un peu philosophie. Je me réjouis à l’avance du jour où nous pourrons effectivement parler « philosophie » au sens propre et profond du terme. Cela viendra certainement. J’espère qu’ils viendront tous pour mon 80ème anniversaire, le 2 février prochain !
Nous prenons l’avion ce soir et je quitte avec regret Paris et la rue de Montorgueil, si animée, si pleine de jeunesse et de bonnes choses. Mais c’est avec beaucoup de plaisir que j’anticipe le moment où je rentrerai chez moi, à Lisbonne, et où je saluerai mes chats !
mardi 28 décembre 2021
Picasso
Cet après-midi, après un délicieux déjeuner avec Charlotte, nous sommes allés visiter l’exposition sur Picasso, l’étranger, au musée de l’immigration (anciennement, le musée des colonies) avec Régis et Teresa. Une belle exposition qui nous présentait l’artiste comme quelqu’un qui a demandé la nationalité française à plusieurs reprises sans avoir jamais pu l’obtenir en raison de ses positions politiques. Les Français sont quand même très mesquins.
Ce matin nous sommes passés à la pharmacie pour nous faire tester. Nous sommes tous les deux négatifs au Covid-19. Nous allons pouvoir prendre l’avion du retour, demain soir, vers 21 heures.
lundi 27 décembre 2021
Pyjama
dimanche 26 décembre 2021
Francis
Ma sœur Françoise vient de me téléphoner. Elle m’annonce la mort de Francis qui, avant d’être le mari de ma sœur, a été l’un de mes grands amis quand j’avais 18/20 ans. Nous avons fait les 400 coups ensemble. Nous avons eu plein de discussions passionnantes. Francis était très intelligent mais aussi très égocentrique. Je n’oublie pas que c’est grâce à lui, indirectement, que j’ai eu mon poste de teaching and research fellow à l’université de York en Angleterre, en 1969. Je crois que c’était quelqu’un qui avait des gestes magnifiques de générosité spontanée. Il aimait les belles choses. Il était courageux et ne manquait pas d’audace dans ses entreprises. Il aimait prendre des risques dans la vie. Il adorait son frère aîné, Michel, qui, après Normale Sup à Ulm, a écrit plusieurs livres remarquables de philosophie heideggerienne. En même temps, il voulait lui aussi devenir « Quelqu’Un », en empruntant des voies très différentes. Il a réussi. Il a été si proche de notre famille qu’il s’est mis à la détester. Ce qui ne l’empêchait pas de rester généreux. Il avait un besoin essentiel de reconnaissance. Ce besoin, qui caractérise aussi les intellectuels, ressemble un peu à cette avidité sans fin des gens très riches qui en veulent toujours plus. Ce besoin de reconnaissance doit venir de loin et ne peut jamais être satisfait complètement. J’en ressens l’aiguillon comme beaucoup de mes collègues, mais, curieusement, ce n’est certainement pas ma préoccupation principale dans la vie.
samedi 25 décembre 2021
Vert
Des éclats de vert tendre brisent mon regard à travers les carreaux du rêve. Je me suis réveillé au cours de la nuit dernière avec cette phrase en tête. Une image accompagnait ces mots : je voyais à travers une fenêtre un petit pin en pot (celui que nous avons donné à la sœur d’Isabel et qui grandit dans sa ferme des Girassois). De nouvelles branches d’un « vert tendre » avaient poussé à son sommet. L’image était très nette.
Hier, nous avons fêté Noël chez Martine à trois. Nous avons acheté de bonnes choses chez Picard et nous avons festoyé dignement jusqu’à minuit. Ce fut un plaisir de voir Charlotte, très en forme malgré ses nombreuses heures de travail : elle s’était réveillée à 5 heures pour être à 7 heures au magasin, magasin qu’elle n’a quitté qu’à 20h30 avec une heure d’interruption pour le repas de midi que nous avons pris ensemble dans un restaurant Thaï du coin. Cela lui fait des heures sup qui lui sont évidemment payées, mieux que les heures normales.
vendredi 24 décembre 2021
Arom
jeudi 23 décembre 2021
Pete
Pete (ou Peter), c’est le nom de l’un des personnages de mon rêve de cette nuit. Il s’agit du membre de la cellule communiste universitaire dont j’ai fait partie de 74 à 76, à Strasbourg, qui, un jour, après l’exposé que j’avais fait sur un livre paru à l’époque sur la « science moderne dans la société d’aujourd’hui », essai que j’avais trouvé fort mauvais alors qu’il avait été écrit par un membre du « comité central », est intervenu après les deux premières minutes de ma présentation en disant : « Écoute, camarade Jurdant, Marx a dit… » ; ont suivi les références qu’il fallait rappeler pour ne pas heurter la sensibilité outragée de ce « camarade » transformé en gardien de l’orthodoxie du Parti. Il était maigre, pâle et hostile dans le souvenir que j’en garde. Par contre, il était devenu beaucoup plus accommodant dans mon rêve, sympathique même. Il était venu avec une femme dont les trois petits enfants étaient les miens. Je lui ai demandé de me rappeler le nom de ses (mes) enfants. Ils s’amusaient comme des chatons sur le lit. En tout cas l’intervention de Pete m’a complètement dégoûté et j’ai quitté le Parti peu après, surtout en raison de la politique préconisée par la nouvelle union de la gauche de l’époque vis-à-vis des étrangers. J’étais encore belge à ce moment-là et je me suis senti exclu.
Nous sommes sur le départ pour Paris où nous arriverons ce soir vers 20 heures.
mercredi 22 décembre 2021
Queue
Trois heures de queue en plein air, heureusement pas sous la pluie malgré un ciel chargé de gris et prêt à déverser sur nos têtes une bonne drache comme on les aime en Belgique ou dans les romans de Simenon, trois heures de queue donc pour obtenir les tests qui devraient nous permettre de passer Noël à Paris. En plus, au moment où cela devait être notre tour, je m’aperçois que je n’ai pas mes papiers d’identité. Que faire ? Ils voulaient absolument un papier d’identité avec photo. Finalement ils se sont contentés de ma carte Vitale, où il y a effectivement ma photo. Ouf !
Je viens de recevoir un coup de fil d’Isabel qui, elle-même, venait de recevoir les résultats de nos tests Covid. Nous sommes tous les deux « négatifs ». Nous pourrons donc partir. Mais, pourrons-nous revenir ?
Nous attendons la sœur d’Isabel, Elsa, qui passera Noël dans notre maison. Quant à nous, nous serons dans l’appartement de Martine à Paris avec Charlotte qui termine son travail demain à 20h. Nous arriverons à Charles de Gaulle à 20h également.
Hier soir, nous avons reçu la visite de Sandrine, une amie d’Isabel de Strasbourg. Elle est hôtesse de l’air pour Air France. Nous la connaissons depuis très longtemps et cela fait toujours plaisir de revoir de vieux amis. Le même jour à midi, nous avons reçu Joanna, l’amie de Charlotte ainsi qu’un autre de ses amis, Filipe, un Colombien qui habite à Paris et qui est pour quelque temps à Lisbonne !