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mardi 28 février 2017

Caverne

J'ai rêvé d'une caverne la nuit dernière. C'était très étrange. J'ai maintenant l'impression qu'il s'agissait d'une caverne sous-marine qui contenait des coraux sculptés pour représenter des choses humaines, des têtes d'hommes. J'en voyais une, tout-à-fait particulière, douée de mouvement et très colorée. C'était vraiment étrange. Le dessous des yeux très bleu, des lèvres d'un rouge incroyablement vif...

J'ai discuté toute la journée aujourd'hui avec la direction du lycée Ermesinde et ensuite avec Jeannot. Nous avons eu plein d'idées intéressantes en vue de notre intervention possible au Forum de l'ESOF à Toulouse en 2018.

A propos de la différence que j'évoquais hier entre le rêve et la réalité, j'ai une question : est-ce que l'abolition progressive de cette différence serait un indice du fait que c'est la mort qui approche ? La mort ne serait que ce que l'on vit quand il n'y a plus de différence entre le rêve et la réalité. Ce serait de l'âme qu'il serait question à ce moment-là.

lundi 27 février 2017

Différence ?

Dans mon rêve, je me suis réveillé dans un grand appartement hausmanien, magnifique avec de grandes pièces hautes de plafond, qui donnait de plein pied sur une colline herbeuse. Les occupants de l'appartement voisin se réveillaient également et l'un d'entre eux voulait prendre la salle de bains, prétextant une urgence à l'université. Je vois ma petite valise noire sous l'eau de la douche et mouillant tous mes vêtements à l'intérieur. Mais auparavant, j'avais eu l'occasion de sortir dans l'herbe et d'apercevoir quelques jeunes filles, elles aussi en plein réveil, avec des robes des années 60, légères et colorées.

Dans la réalité, je me suis réveillé dans un grand appartement hausmanien, avec vue du 4e étage sur le Carreau du Temple et le square du même nom, chez mon vieil amis Andreas, qui fut mon assistant quand j'ai été nommé professeur invité à Vienne, il y a quelques années. L'appartement est magnifique. J'ai dormi dans son bureau, plein de livres, notamment sur Freud. Une belle journée en perspective avec mon voyage à Luxembourg où j'arriverai à 16h52.

Une différence minime entre le rêve et la réalité.

Dans le TGV qui m'emportait à toute vitesse vers Luxembourg, j'ai rencontré une jeune femme absolument charmante qui m'a fait beaucoup penser à Sasha. Un sourire d'une bienveillance étonnante, adepte du yoga et apparemment très proche du bouddhisme. Nous avons parlé ensemble pendant tout le trajet. Une très belle rencontre.

dimanche 26 février 2017

Papalagui

Le papalagui, c'est le Blanc, tel qu'il est vu par Touiavii, le chef d'une tribu des îles Samoa. Le livre m'a été recommandé par Joëlle et j'avoue que c'est tout-à-fait fascinant de se voir ainsi décrit si simplement, concrètement et fidèlement par l'autre.  Je suis en train de le lire et je remercie Joëlle de me l'avoir si gentiment conseillé.

J'ai passé l'après-midi avec Fabien et nous avons bien travaillé ensemble. Je dirais même que nous avons été très créatifs. Maintenant il va falloir se mettre au boulot pour réaliser ce à quoi nous avons pensé. C'est un défi tout à fait digne d'être relevé.

samedi 25 février 2017

Carreau du Temple

La journée a été si chargée, hier, que je n'ai pas pu écrire ma page quotidienne — qui, bien souvent, n'est pas même une page, j'en conviens —.  Je suis allé déjeuner avec Martine et Duncan. Ce fut délicieux. Après quoi je suis allé avec Martine à La Droguerie pour chercher une pelote de laine. C'est un magasin magnifique.  J'ai revu ensuite Liliane avec beaucoup de plaisir. Elle est vraiment très en forme. Elle m'a demandé des nouvelles de tout le monde. Le soir, je suis allé dîner avec Joëlle et, comme toujours, ce fut un régal d'émotions. Je pense que nous nous apprécions mutuellement beaucoup. Elle me disait que je devrais revenir plus souvent à Paris plutôt que d'aller à Luxembourg. C'était également l'avis de Liliane.


* * *

Aujourd'hui à midi, je vais au Carreau du Temple avec Claude pour y rencontrer Marc et visiter une antenne du Salon de l'Agriculture qui ouvrait Porte de Versailles. Nous y avons vu une photo assez originale, destinée à promouvoir l'espace pour l'élevage de cochons.

Après quoi, Claude et moi, irons voir Eric et Christine sur la péniche. Bref, beaucoup de mouvements pour revoir les gens que j'aime.

jeudi 23 février 2017

Arrivé

Arrivé à Paris vers 13h. Je ne verrai sans doute pas Martine cette après-midi car j'irai directement chez Claude. Dans l'avion, j'ai continué ma lecture de Viveiros de Castro sur les "fins du monde".  Son dialogue avec Latour est très intéressant.
J'ai vu, avec Claude, le film Chez nous de Lucas Belvaux, un réalisateur belge qui nous présente une analyse passionnante des manipulations auxquelles procède le Front National — qui, dans le film a un autre nom — pour faire écho aux peurs populaires pour obtenir le pouvoir. Un film sur le cynisme en politique.

mercredi 22 février 2017

Reprise

J'ai repris la lecture de l'essai de Deborah Danowski & Eduardo Viveiros de Castro, The Ends of the World, là où Sasha s'était arrêtée. Il s'agit d'un superbe essai critique des visions, souvent terriblement pessimistes ou bien artificiellement optimistes, des futurologues d'aujourd'hui, ces gens qui "pensent" à l'intérieur du Breakthrough Institute et qui se nomment les "singularitaires", ceux qui misent sur l'avenir d'un monde qui, du fond d'un capitalisme qui aura tout digéré, sera devenu exclusivement humain. On retrouve ici l'écho de David Abram dont j'ai déjà souvent parlé dans ce blog. Je n'ai pas terminé l'ouvrage de Danowski et Viveiros de Castro mais ce que j'en ai lu jusqu'ici me semble remarquable.
(à suivre, donc)

mardi 21 février 2017

Paralysie

Il y a des jours où l'on se sent complètement paralysé : incapable de faire quoi que ce soit. Même écrire est difficile.
Depuis les premières heures de la matinée, le ciel est uniformément blanc, une page inaccessible...
Il y a aussi le silence. Isabel est allée travailler. Charlotte dort encore ainsi que notre invitée, la jeune Irène qui, hier soir, a préparé un délicieux couscous au poulet et aux légumes, très apprécié par tout le monde.

Je rectifie ce que j'ai écrit ce matin. Notre jeune Irène était sortie à six heures du matin pour voir le lever du soleil mais malheureusement, ce voile blanc qui recouvrait le ciel l'a empêchée de voir le spectacle. Elle est néanmoins allée jusqu'à la plage Estoril pour admirer la mer.

Demain, je dois passer un examen de santé.

lundi 20 février 2017

Outrecuidance

Josiane m'envoie cet extrait d'un article paru dans The International Solidarity Movement, intitulé "L'outrecuidant français" et signé Sabah Ayoub. L'auteur parle de la visite de Macron au Liban et des propos qu'il s'est permis de tenir sur la question palestinienne :

"Macron a de plus décidé d’exploiter le caractère ouvert du terrain libanais pour afficher des positions politiques sur la région, il s’est ainsi exprimé sans honte aucune à deux reprises lors de la conférence qu’il a animée à l’Ecole Supérieure des Affaires (ESA) sur la campagne internationale Boycott Désinvestissement Sanctions (BDS) et déclaré qu’il ne lui reconnaissait ni justification ni légitimité. Il a rappelé la décision de la France en 2015 de criminaliser le boycott de l’entité sioniste et affirmé : « il est hors de question de revenir sur cette décision ». Le candidat à la présidentielle, qui avait brandi le slogan « La paix et l’humanité » dans sa campagne électorale, a développé sa position sur le conflit arabo-israélien et déclaré, à partir de la terre libanaise qui est toujours en guerre contre l’ennemi sioniste, qu’il était « contre la reconnaissance par la France de l’Etat palestinien en l’absence d’un accord de paix entre les deux parties ». Il a également indiqué qu’il était « contre l’exercice de la moindre pression sur Israël ». Ces propos ont été rapportés par le média israélien I24 et certains médias français. Macron ne veut pas reconnaître la Palestine, refuse de reconnaître le droit de boycotter économiquement et académiquement l’entité, et rejette toute pression à son égard."

Dans l'interview qu'il avait donné à Médiapart, j'avais trouvé quelque mérite à ses propos, apparemment dictés par la raison et une certaine intelligence des choses, mais là, c'est fini : Macron vient de perdre toute crédibilité à mes yeux, qui ne sont que deux, je sais, mais ils ne sont sans doute pas les seuls à avoir lu ce témoignage.

Et je rajoute à ce commentaire cette question posée par Gilles Devers au même outrecuidant Macron :

Dis donc, Macron, est-ce que la colonisation de la Palestine par Israël est un crime contre l’humanité ?

dimanche 19 février 2017

Vent

Il y a du vent. Les drapeaux que je vois au loin ont la rage, comme s'ils luttaient contre cette force étrange qui semble vouloir leur arracher les couleurs. Et pourtant, il fait très beau. Pas un seul nuage ne passe dans le ciel. C'est pour cela qu'il faut des drapeaux pour que le vent s'exprime. En réalité les oscillations inquiétantes des antennes anachroniques juste devant ma fenêtre pourraient jouer ce rôle également. Quel rôle ? Celui de donner au vent les formes d'un mouvement perceptible.

Cela me fait penser au recueil de poèmes de mon père, Jetés au vent, que j'ai récupéré récemment auprès d'une de mes sœurs. De mémoire, je cite le début de l'un de ses poèmes que j'appréciais :

"Vous pourrez toujours tout me dire
Quand mon chemin croise le vôtre,
Je me garderai bien de sourire,
Je suis un peu à part des autres."

Vents, fut également le titre d'un petit journal ronéotypé que je publiais avec des amis poètes quand j'avais 17 ans. Et qui a suscité une belle réplique, pleine d'esprit, intitulée Paravents qu'une autre bande du même lycée avait publiée pour se moquer de notre initiative.

Remarque : Je viens de faire une petite recherche cantonnée à mon blog depuis le début avec le terme "vent", et je découvre une vingtaine d'articles mentionnant ce mot. Il faut croire que c'est un terme qui suscite en moi de nombreuses associations.

samedi 18 février 2017

Mercenaires

Je viens de voir la nouvelle version (2016) des Sept mercenaires, film réalisé par Antoine Fuqua. Pas grand chose à voir avec la version de 1960 réalisée par John Sturges avec Yul Brinner et que j'avais trouvée magnifique. Cette nouvelle version est différente et je ne dirais pas que c'est complètement raté, mais on ne peut pas s'empêcher de comparer les deux versions et la dernière n'est certainement pas la meilleure. Il faut dire que le film de Sturges était lui aussi un remake des Sept Samouraïs de Kurosawa, film absolument superbe, que j'ai vu plusieurs fois.

vendredi 17 février 2017

Calme

Tout est très calme aujourd'hui. Le ciel, voilé d'un blanc léger, stagne comme une eau dormante. Il fait assez beau à Lisbonne, un avant-goût léthargique et très silencieux de printemps. Même les bruits d'avion ont disparu dans la tiédeur. Tout est lent.

Je dois mettre de l'ordre dans mes papiers de santé. Lourde tâche. Ensuite il faudra que je range les livres qui se dispersent assez vite au fil des préoccupations très diverses que l'on peut avoir et qui vous font repenser à tel ou tel auteur, telle ou telle citation à retrouver dans le chaos des mots.

Lundi dernier, j'ai refusé d'intervenir dans une formation à Strasbourg. On m'offrait le thème de l'épistémologie pour les apprentis bibliothécaires. Thème intéressant. Mais non. Absence d'envie.

jeudi 16 février 2017

Départ

Départ de Sasha ce matin. J'irai la conduire à l'aéroport. On pourra encore discuter un peu de son projet de thèse. Je le trouve passionnant. J'espère qu'elle obtiendra une bourse pour réaliser ce travail dans la Haute Amazonie.

Cette nuit, à partir de cinq heures du matin, j'ai fait de multiples rêves. Je m'étais inscrit à une formation en Angleterre et je me trouvais sur l'un de ces nouveaux campus dans un bâtiment avec de grandes baies vitrées donnant sur le vert si vert des pelouses bien tondues. Ma chambre était très confortable et accessible, au rez-de-chaussée. J'avais également préparé un plat de champignons sauvages.

Finalement, comme Isabel a pris la voiture pour aller à son cours de cuisine végétarienne, j'ai dû mettre Sasha dans un taxi qui l'amènera à l'aéroport.

Cet après-midi, j'ai vu Philippe Breton à la télé, sollicité par TV5 Monde pour commenter la situation de François Fillon par rapport à l'élection présidentielle. Rencontre quelque peu étrange mais sans surprise.

mercredi 15 février 2017

Empoignades

Le titre de ce billet est né d'un rebondissement lexical provoqué par mon billet d'hier. D'encoignure, je suis passé à empoignade, bien que rien de tel ne se profile à l'horizon, si ce n'est peut-être, en prévision des prochaines élections présidentielles, celle que les luttes politiques nous réservent aussi bien à gauche qu'à droite, dans ce coin où Macron fait l'encoignure sans s'empoigner avec qui que ce soit. Il est parfois bien plaisant de jouer avec les mots.

mardi 14 février 2017

Encoignures

Celles du corps d'abord, là où parfois, ça fait mal. Au coin de l'aine. A gauche et à droite. Là où s'encoignent la tête du fémur et l'un des creux du bassin. S'encoigner ? Un joli verbe à inventer, plein de possibilités métaphoriques. Il y aurait également les encoignures du temps : juste avant et juste après avec un présent coincé entre les deux. Le mot lui-même s'encoignait dans ma tête au réveil : impossible de m'en débarrasser sans passer par l'écriture, ce que je fais maintenant.

Le 2 février dernier, je publiais un "article" dans lequel j'évoquais la manière dont Hannah Arendt concevait cet acte de penser qui caractérise la philosophie. Mais hier, j'ai lu dans la revue Pour la science, un article, un vrai, intitulé "Les neurones de la pensée libre" par Olivier Houdé dont voici le résumé introductif (le chapeau en jargon journalistique) : "Penser par soi-même nécessite de lutter contre ses propres mécanismes mentaux. Notre cerveau contient des neurones dotés de cette capacité. En les entraînant régulièrement nous progressons vers une pensée plus dynamique et plus robuste." L'article est plein d'idées intéressantes qui confirment tout-à-fait mes commentaires du 2 février.
A lire ici :
http://www.pourlascience.fr/ewb_pages/a/article-les-neurones-de-la-pensee-libre-36081.php?utm_source=pourlascience&utm_medium=newsletter&utm_content=houde&utm_campaign=news_post_verite

lundi 13 février 2017

Melville


Avec Sasha, nous avons regardé sur Arte le film de Jean-Pierre Melville, L'armée des ombres, qui traite de la résistance pendant la dernière guerre mondiale. J'ai trouvé certaines images très belles. Il semblerait que Melville et son premier rôle dans le film, confié à Lino Ventura, ne se parlaient plus, ce qui compliquait quelque peu la direction d'acteur. Melville avait un tempérament difficile. En tout cas, j'ai bien aimé. Le film dégage une atmosphère très angoissante qui devait être celle de ces moments douloureux que la France a connus. Evidemment, on ne peut pas dire de l'atmosphère d'un film qu'elle ressemble à celle qui aurait marqué plusieurs années de lutte dans la résistance. Et pourtant, on imagine assez bien comment le poids des préoccupations dans la France occupée a pu imprégner toute l'époque.  Ce film est aussi la célébration d'une voiture célèbre, la Citroën, appelée "traction avant". Elle apparaît dans beaucoup de scènes, ce qui ravivait de beaux souvenirs en moi.

dimanche 12 février 2017

Galilée

J'ai relu, cette nuit, La Vie de Galilée de Bertolt Brecht. Je relève cette phrase dont la pertinence me semble très actuelle dans le monde d'aujourd'hui :
"GALILEE : Je vous le dis : qui ne connaît la vérité n'est qu'un imbécile. Mais qui, la connaissant, la nomme mensonge, celui-là est un criminel."
Il y a d'autres perles de ce type dans ce petit ouvrage. A lire et à relire.

samedi 11 février 2017

Grisailles

Les samedis gris de Lisbonne. La pluie. Le froid. Les grues immobiles (j'en vois une demi douzaine par la fenêtre de mon bureau). Antennes légèrement oscillantes. L'oiseau rare et gris passe très vite au ras des toits mouillés où se reflète le gris du ciel. Même les bruits sont gris.


vendredi 10 février 2017

Ends

Hier, j'ai voulu prendre la voiture pour aller faire quelques courses mais, en approchant de notre chère Toyota, rien ne s'est passé : elle est restée parfaitement silencieuse. Normalement, dès que j'approche avec la clé en poche, elle réagit en débloquant les portières et le coffre, mais là : rien. Une vraie tête de mule. Il faudra faire venir un dépanneur. 


J'ai terminé le livre de Pierre Bayard. C'est le quatrième que je lis en quelques jours. Bon ! Je vais passer à autre chose : The Ends of the World par Deborah Danowski et Eduardo Viveiros de Castro (Wiley, 1916). Ce qui m'intrigue c'est le pluriel du mot "ends", "les fins du monde" : voilà qui nous ouvre des horizons. Généralement, la fin ne se conçoit qu'au singulier. 

Je cite un commentaire du livre :


In their powerful essay on the climate crisis that humans face today, Danowski and Viveiros de Castro propose nothing short of a radically new and pluralist philosophical anthropology that is bound to reinvigorate humanist and post-humanist debates on anthropogenic global warming. A brilliant tour de force. 
Dipesh Chakrabarty, The University of Chicago

jeudi 9 février 2017

Bifurcations


Je lis actuellement Aurais-je été résistant ou bourreau ? de Pierre Bayard encore. J'aime bien la manière dont l'auteur pose le problème du choix quand la vie et les situations particulières qu'elle nous réserve nous mettent en face de bifurcations qui ne tolèrent pas le désir, souvent légitime mais paresseux, de ne pas avoir à choisir. Cela me rappelle la femme de Candaule, roi de Lydie, qui fait venir Gygès auprès d'elle et qui, pour le punir de l'avoir vue nue, lui dit : "De deux routes qui s'offrent, je te donne à choisir celle où tu veux t'engager." Le tableau ci-contre de William Etty, peintre anglais, originaire de York dont la carrière s'est déroulée au cours de la première moitié du XIXe siècle, représente Gygès, surprenant la nudité de la femme de Candaule (allongé sur le lit conjugal), et qui sera dans l'obligation soit de tuer le roi Candaule, soit d'être lui-même mis à mort pour "avoir vu ce qui était interdit".
Bayard ne commente pas cette bifurcation célèbre qui, de façon indirecte, sera à l'origine des guerres médiques au VIe siècle avant Jésus-Christ. Bayard n'aborde que la question posée par l'existence de bifurcations. Il faudra choisir entre deux voies. Celle que tu vas choisir n'empêche pas l'autre de continuer à exister, dans un monde virtuel certes, mais qui insistera de façon latente alors même que tu as choisi de t'engager, de manière apparemment irréversible, dans une seule de ces voies. Cette route que tu choisis, te réserve d'autres bifurcations, d'une importance moindre peut-être, mais qui, à chaque fois, te fera souvenir à nouveau de ce monde virtuel abandonné. Le livre propose également une brève analyse du film de Louis Malle, Lucien Lacombe, dont je ne me souviens plus. Je vais essayer de le revoir un de ces jours.

mercredi 8 février 2017

Viveiros de Castro


Hier, Sasha a envoyé un message de prise de contact à Viveiros de Castro, professeur à l'Université de Rio et l'un des acteurs de ce que les spécialistes appellent the ontological turn en anthropologie (voir 16 mars et 28 novembre 2015 de ce blog). Sasha voudrait beaucoup travailler avec lui sur les métis chamanes du Nord de l'Amazonie et les potentialités révolutionnaires de certaines pratiques magiques autour de la "levée des feux". Et hier soir, quand elle est rentrée de sa pratique de capoeira, elle a vu que Viveiros de Castro lui avait répondu et qu'il était très intéressé par son travail et son projet. Le bonheur de Sasha, son sourire ravi et ravissant, son émotion quand elle a lu ce message qui l'invite à un entretien "skype" dans quelque temps, c'était magnifique à voir. Je suis vraiment très, très heureux pour elle. Cela faisait plus de trois semaines qu'elle travaillait à cette présentation de ses intérêts et de son travail et elle n'était pas du tout sûre d'elle, évidemment, elle craignait l'issue de sa démarche. Mais voilà : tout va bien. Sasha ira peut-être faire sa thèse de doctorat là-bas et elle travaillera certainement avec Viveiros de Castro. Quelle joie.

La nuit dernière j'ai fait un drôle de rêve. Je marchais dans un couloir encombré, mais surtout sans lumière : tout était noir et je ne voyais rien que du noir comme si j'avais eu les yeux fermés. Un rêve qui ne vous montre rien d'autre que du noir, n'est-ce pas un peu paradoxal ?

mardi 7 février 2017

L'égal à lui-même

J'ai regardé la conférence de Fillon. "Tout cela m'est bien légal !" aurait-il pu dire du centre de sa bulle. Mais il s'excuse quand même. Au fond, ce qui l'embêterait le plus, c'est de devoir rembourser. "Ah, non ! Vous n'y pensez pas !" Comme quoi, c'est l'argent qui compte le plus. En tout cas, c'est bien plus important que n'importe quoi d'autre.

* * *

Le livre de Pierre Bayard que je suis en train de finir est intéressant : en questionnant le pouvoir visionnaire de la littérature et de l'art en général, il nous invite à lire autrement, à lire en pensant à ces "éclats de temps" qui peuvent se toucher, s'entrecouper, s'écarter pour se rejoindre à nouveau comme dans une explosion. Je finirai sans doute le livre ce soir.


lundi 6 février 2017

Titanic

J'ai entamé Le Titanic fera naufrage de Pierre Bayard. C'est un livre dont Eric et Christine, nos hôtes actuellement, m'ont fait cadeau. L'auteur pose des questions intéressantes à la littérature. Je reviendrai sans doute là dessus ultérieurement.

La manière dont nos élites politiques se donnent en spectacle avec des abus scandaleux sans qu'apparemment ils en aient conscience est déplorable. Fillon est à mettre dans le même sac — le même sac ou la même bulle ?— que Sarkozy. Trump continue à signer ses décrets absurdes pour faire semblant d'être un chef, un vrai chef à prendre au sérieux. Il aggrave les tensions avec la Chine. La peur et la haine semble vouloir s'emparer des esprits comme le feu s'en prend aux arbres du Chili. Mais on n'a pas encore trouvé l'eau qui pourrait éteindre ce type d'incendie mental.

dimanche 5 février 2017

Vagues

Nous sommes allés contempler les vagues à Nazaré. Il y avait du vent et la lumière était superbe. Nous n'avons pas vu la très grande vague qui va jusqu'à asperger le phare qui surplombe la mer. Mais c'était quand même très beau. Notamment, ce champ de mer écumante, blanche, abandonnant ses bords mousseux sur la plage.

samedi 4 février 2017

Chica

Le 2 février dernier, ma fille Célia a adopté une petite chienne appelée Chica. Voici le dialogue qu'elle a eue avec mon fils à ce propos :

Bonjour chère Famille et amis des chiens !
Je vous présente notre nouvelle compagne : Chica (se prononce  Tchika ) Labrune. Dite Brunehilde. 3 mois. Son père est un beagle. Sa mère une Spitz/papillon noire.
Elle est arrivée dans notre vie hier pour marquer l'anniversaire de papa. Maintenant nous tentons de nous éduquer mutuellement...
Celia
 — Quel rapport avec Papa ?  
— Aucun ( à première vue ). Je soupçonne qu'elle est maligne comme tout. Elle apprend vite. (Au jour 2) Le hasard a fait qu'elle est venue chambouler nos vies le 2.2.2017, aux 75 ans de papa. 
— Elle lui ressemble ? 
— Beaux yeux bruns. 
— Elle est philosophe ? 
— Sûrement 
— Elle va faire une psychanalyse ? 
— J'espère pas. Disons qu'elle la fait par défaut en vivant avec moi (plutôt psy malgré moi) 
— Elle a des pbs de WC ? 
— Oui ! Mais comme dit, elle apprend super vite et semble comprendre aujourd'hui que c'est dehors que ça se fait. 
— Elle va trouver des champignons ?  
— J'espère bien!!! Des truffes!
— Elle a des sourcils trop longs ?  
— Ah non !
— Elle boit des citrons verts le matin ? 
— Non. Elle est svelte et en pleine forme.
— Elle écrit un blog ? 
— Dès qu'elle aura l'âge de papa. Sans doute avant. Elle apprend d'abord à taper wuf, ouah, et whoof au clavier. 
— Tout cela est fort compliqué... Il faudra organiser une rencontre pour comprendre.
— Volontiers 

— Bonne chance

vendredi 3 février 2017

Lisons


Je suis allé à l'Institut Français de Lisbonne hier en fin d'après-midi pour participer pour la première fois à un groupe de lecture. Je suis le seul homme dans cette assemblée réunissant une douzaine de grandes lectrices qui, chacune à leur tour, parlent des livres qu'elles ont lu au cours du dernier mois.  C'est vraiment très instructif. Tout d'abord, on est mis au courant des ouvrages les plus récemment publiés et surtout, on obtient un avis circonstancié sur chacun d'entre eux. C'est quand les avis sur le même livre divergent que cela devient vraiment intéressant. Par exemple, les lectrices portugaises du livre d'Antoine Leiris, Vous n'aurez pas ma haine, ont été très déçues par ce texte que, personnellement, j'avais pas mal apprécié au moment où je l'ai lu. tout comme les quelques lectrices françaises qui l'avaient lu également. Un livre signalé au cours de cette réunion qui m'intéresse : Comment Baptiste est mort d'Alain Blottière, auteur dont je n'avais jamais entendu parler auparavant. 

jeudi 2 février 2017

2 février


En 1882, ce jour-là, James Joyce voyait le jour. Mais bien d'autres choses remarquables se sont passées un 2 février : en 1625 par exemple, c'est la naissance de la future New York avec la construction par les Hollandais d'un fort à Manhattan ; en 1905, c'est la naissance de Bécassine, une héroïne de bande dessinée qui a fait mes délices quand j'avais 12 ans ; le 2 février 622, Mahomet quitte La Mecque pour aller à Médine (fête de l'Hégire - c'est le début de l'ère musulmane) ; en 1952, c'est la naissance de Christiane Taubira ; et en 1754, celle de Talleyrand ; en 2017, c'est la grève à la SNCF, etc., etc...


Hier soir j'ai vu la fin du film documentaire sur la vie d'Hannah Arendt et à un moment donné, il a été question de ce que c'était que "penser". Hannah Arendt insistait apparemment beaucoup sur la nécessité, pour penser, de se mettre à la place de l'autre, d'adopter, même si ce n'est que provisoirement, la perspective de l'autre. Cela m'a fait beaucoup réfléchir et je me suis même dit, qu'au fond, ce n'est qu'à ce moment-là, à savoir quand on se met à la place de l'autre, que l'on commence véritablement à penser, au sens le plus fort du terme. Sans cette capacité à se détacher de ses propres réactions spontanées, de ses propres habitudes mentales, souvent si profondément ancrées dans notre cerveau, sans cette aptitude à se séparer de soi-même, il me semble qu'il est impossible de penser.  Je ne sais pas si c'est exactement cela que voulait dire Hannah Arendt, mais cela m'apparaît aujourd'hui comme une sorte d'évidence que j'aurais longtemps méconnue. 

mercredi 1 février 2017

DéFFense

Je suis frappé par l'ambiguïté de la défense de François Fillon contre les accusations proférées par le Canard enchaîné. Il parle en effet de la dimension "professionnelle" de l'opération dont il est aujourd'hui la victime. L'évocation du professionnalisme dans ce contexte est curieuse. Veut-il dire que l'opération a été véritablement "bien montée", c'est-à-dire que les journalistes d'investigation du Canard enchaîné, ont vraiment "bien" travaillé, ayant débusqué une combine qui pourtant avait été "si bien" dissimulée ? C'est comme quand il disait, juste après le premier article du Canard, laissez ma femme tranquille ! Ce qui, en gros, veut dire : "J'ai utilisé ma femme pour me faire encore plus de pognon public. Maintenant, laissez-là tranquille." Faut-il comprendre qu'elle n'a rien fait —"la feignasse" comme disait l'autre — et que c'est bien lui le seul coupable ? L'indessinable "premier de classe" ne serait-il qu'un petit Français Filou ?