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mercredi 2 novembre 2016

Snowden

Nous sommes allés voir le film d'Oliver Stone sur Edward Snowden hier soir. "Nous" c'est Isabel, Charlotte et moi. J'ai trouvé ce film intéressant et finalement assez sobre sur l'histoire héroïque de ce lanceur d'alerte hors du commun qui, semble-t-il, est maintenant obligé de vivre à Moscou. Après le film, nous sommes allés manger une entrecôte à la sauce moutarde dans un restaurant où nous nous faisons une fête d'aller de temps en temps.

Quand on tape "Snowden" sur Google maintenant, il n'y en a plus que pour le film. L'homme qui a fait trembler la NSA n'apparaît plus, éclipsé complètement par son double cinématographique. Il est possible que cela puisse le satisfaire car, manifestement, ce n'était pas un homme en quête de gloire ou de pouvoir. Que son image soit aujourd'hui celle de l'acteur jouant son rôle dans un film est peut-être une bonne occasion pour lui de continuer à vivre plus ou moins normalement, s'il est effectivement possible de vivre "normalement" à Moscou tout en étant la cible d'une armée d'espions et d'agents secrets... c'est ce qu'on imagine, évidemment.

Hier soir, avant de m'endormir, j'ai lu plusieurs poèmes de Celan. Même en traduction, c'est une expérience émotionnelle importante. Cela me fait penser à ce que dit Alain Badiou dans son essai "Que pense le poème ?" et que je viens de relire avec beaucoup d'attention et de plaisir. Je le cite au hasard : "La pensée du poème ne commence qu'au-delà d'une complète désobjectivation de la présence. C'est pourquoi on peut dire qu'au plus loin d'être une connaissance, le poème est, exemplairement, une pensée qui s'obtient dans le retrait, la défection, de tout ce qui supporte la faculté de connaître." (p.22) Je reviendrai certainement sur ces propos qui me semblent très fondamentaux.

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