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mercredi 9 mars 2016

Vallsaille

Encore une "vallsaille" dans Le Monde d'hier. Invité au dîner annuel du CRIF, notre premier ministre dénonce la montée de l'antisémitisme en France —bien, très bien même — mais ce qui est grave, c'est que dans le même discours, dans la même envolée, pourrait-on dire, il fait de l'antisémitisme un "synonyme" de l'antisionisme. De quoi est fait cet acharnement à mettre l'Etat d'Israël au dessus de tout soupçon, autorisé à transgresser toutes les règles du droit international et à poursuivre sa politique d'occupation violente et arbitraire de la Palestine ? Les hommes politiques français refusent de penser. Ils obéissent à des impératifs politiques (ou économiques et financiers, sans doute) obscurs, incompatibles avec le bon sens le plus élémentaire. Au moment où la campagne BDS commence à porter ses fruits en inquiétant vraiment le gouvernement israélien, l'Etat français se montre de plus en plus virulent contre ses militants en France. C'est désolant.

Par ailleurs j'ai repris la lecture de Gaston Leroux, Le fantôme de l'opéra, interrompue par celle de Quite Right, de Norman Biggs. Il faudrait vraiment que Charlotte le lise, même si ce n'est qu'en version abrégée, pour pouvoir poursuivre son travail personnel sur le chant en abordant le chant lyrique comme elle en a l'intention.

En attendant, je suis tombé à la télévision (ARTE) sur Maigret tend un piège de Jean Delannoy (1958) avec Jean Gabin et Annie Girardot, d'après le roman de Georges Simenon. Excellent. J'ai été particulièrement frappé par la musique de Paul Misraki dont le thème — celui de la chanson "Ça ne sert à rien" <https://www.youtube.com/watch?v=vSkBIn_be6c> — était celui que je sifflais au tout début des années 60, dans la rue, sous les fenêtres d'Irène à Strasbourg pour qu'elle vienne me rejoindre.

mercredi 20 février 2019

Antisémitisme

Le problème de la dénonciation de l'antisémitisme et des manifestations scandalisées —très politiquement correctes qui vont avec—, c'est que l'écho spectaculaire que les médias n'hésitent pas à leur donner lui assure une sorte de publicité involontaire —ou peut-être pas si involontaire que ça— dont les effets sont incontrôlables. En plus, on ne peut pas s'empêcher de craindre que cette outrance médiatique ne serve un peu trop les intérêts politiques très concrets du premier ministre israélien qui tient beaucoup à ce que l'antisionisme soit assimilé à l'antisémitisme pour profiter de l'unanimité qui condamne à juste titre ce dernier. Curieusement, c'est à la veille du dîner annuel du CRIF que, tout-à-coup, se déclenche à nouveau la mise à jour des réactions bienpensantes aux flambées de haine antisémite. [Voir ici sous le titre "Vallsaille" ce qui se passait l'an dernier en mars] Enfin, on peut voir également que le gouvernement français n'est pas, lui non plus, complètement désintéressé par cet unanimisme qui, malgré des protestations rendues timides par leur faible résonance médiatique, risque de porter atteinte au mouvement des gilets jaunes et aux revendications de bon sens qu'il tente de faire reconnaître. La volonté de se désolidariser radicalement des expressions de haine qui furent lancées —notamment à l'adresse de Finkielkraut—, rencontre des obstacles en raison même de la diversité qu'il a réussi à rassembler sans la réduire justement. C'est bien cette diversité qui, jusqu'ici, a fait l'intérêt de ce mouvement de fond en quête de justice. Heureuse et précieuse diversité qui échappe malgré tout aux tentatives de sa domestication politique par le grand débat. C'est bien cette diversité qui pose problème au pouvoir. Comme le dit souvent mon ami Jeannot Medinger quand il parle des élèves, la diversité est perçue comme une complication pour toute politique. C'est pourtant là-dessus qu'il faut miser pour que le monde puisse continuer de changer, non ? Car, s'il arrête de changer, ce monde, il arrêtera en même temps de vivre.