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mardi 10 janvier 2017

Podesta

Rien à voir cependant avec les e-mails d'Hilary Clinton mais plutôt, l'insistance de ce mot "podesta", toujours évoqué redoublé, "podesta, podesta" dans le rêve de cette nuit qui impliquait mon ami Patrice en visite dans une voiture étrange qu'il conduisait, revêtu d'un costume gris-vert très élégant sur une chaise ancienne. La voiture tirait un cercueil qui glissait sur la route, d'un bord à l'autre, en particulier lors d'une bifurcation dans la forêt du Rhin, en hiver, paysage de désolation... Un rêve étrange qui se poursuivait après chaque réveil, toujours sur ce doublon lexical "podesta, podesta".

J'ai dormi longuement cette nuit car j'étais très fatigué hier soir.

lundi 9 janvier 2017

Citrons verts

J'ai acheté trois citrons verts à Luxembourg avant de prendre le train pour Mersch. Je continue le régime d'un jus de citron vert avec du sel tous les matins pour perdre un peu de ce surplus ventral qui marque mon avancée en âge et en sagesse, j'espère. Je ne sais pas si c'est très efficace mais ce n'est sûrement pas dangereux.

Hier après-midi, quand j'ai récupéré ma chambre à l'hôtellerie Sigefroid qui jouxte l'internat du même nom, j'ai cherché un film en streaming et je suis tombé sur Sully, le film de Clint Eastwood qui raconte l'histoire vraie de ce pilote américain qui, à la suite d'une panne de ses réacteurs provoquée par des oiseaux, décide d'amerrir sur l'Hudson, sauvant ainsi ses 155 passagers d'une catastrophe pratiquement inévitable. Nous avions reçu ce film en DVD à Noël mais nous n'avions pas réussi à ouvrir le document. En tout cas, j'ai pu le voir en streaming à Luxembourg et je l'ai trouvé très sobre et émouvant. On y assiste à la fabrication d'un héros.

dimanche 8 janvier 2017

Bardadrac

C'est le titre d'un livre de Gérard Genette qui m'a été recommandé par Guy et que j'ai dégusté sur mon kindle pendant toute la durée de mon voyage en avion, puis dans l'Orlyval, puis dans le RER et le métro. J'y reconnais le principe d'écriture que Jeannot et moi avons adopté pour notre propre livre sur l'éducation : une sorte de lexique régi par l'ordre alphabétique qui évoque des mots qui ont une charge autobiographique et émotionnelle suffisante pour qu'ils fassent l'objet de digressions intéressantes. La vie académique y occupe une place importante ainsi que l'Amérique, plus exactement les Etats Unis où l'auteur a longtemps enseigné. J'admire beaucoup l'écriture de Genette : une écriture pleine de trouvailles stylistiques qui suggèrent des moments, gestes et choses du passé que le lecteur que je suis partage avec l'auteur. Bien que ce soit la règle formelle de la succession alphabétique qui définisse la dimension diégétique du texte, cela se lit comme un roman, d'un mot à l'autre sans que cela puisse s'assimiler à des sauts de coqs à ânes.

samedi 7 janvier 2017

Gauche, droite

Je serai de retour le 12 janvier. Il faudra alors que je m'occupe de mes rendez-vous médicaux avec toutes sortes de spécialistes qui s'occupent des différentes parties de mon corps vieillissant. A quoi pensent ces corps qui n'en n'ont plus pour très longtemps à exister ? Chaque âge de la vie a son train de pensées liées aux évolutions de notre organisme : les ados ont leurs obsessions, les jeunes adultes, les quinquas, le troisième âge, etc., chaque période de la vie a son programme mental particulier, dirait-on. Les retraités votent à droite. Les jeunes sont plus à gauche. Serais-je un faux retraité, un retraité raté ? c'est-à-dire un retraité qui a raté son virage à droite ? C'est vrai que quand je suis au volant, je préfère les virages à gauche. Comment est-il possible d'exprimer des préférences aussi absurdes ? Sans doute un travers mental de l'âge...

vendredi 6 janvier 2017

Sans ciel

Lisbonne est encore lové dans la brume. Nous vivons dans un monde blanc, livide. Le ciel a disparu. L'impression est étrange et la phrase qui l'exprime encore plus, car, si le ciel disparaît... bref, bon, enfin, n'insistons pas. N'essayons pas d'imaginer les conséquences de ce genre de disparition.

Demain, je m'envole pour Luxembourg via Paris. Je retrouve mes amis luxembourgeois et mes préoccupations scolaires.

J'ai vu Z. hier à midi. Il me prête le livre de Luis P. Villarreal, Origin of Group Identity. Viruses, Addiction and Cooperation, Springer, 2009, 600 pages. Luis est un spécialiste des virus mais son livre est une véritable somme qui va de l'étude des virus à la formation de ce qu'il appelle "l'esprit scientifique" en passant par les "communautés de microbes océaniques", l'émergence du cerveau chez les vers, l'apprentissage de l'appartenance chez les animaux aquatiques, le développement d'une "Tetrapod Group Identity", l'origine des primates et le rôle de la vision, l'homme et le langage, etc...
Je m'intéresse à ce livre parce que j'ai fait la connaissance de son auteur il y a environ trois ans, à Lisbonne et les discussions que nous avons eues à ce moment-là étaient passionnantes.

jeudi 5 janvier 2017

Sans maître

Un rêve d'auto-dénigrement cette nuit : je participais, en tant que simple observateur, à une réunion de relance des recherches du GERSULP, le groupe que j'ai dirigé pendant 25 ans à l'Université Louis Pasteur à Strasbourg. L'un des participants soulève le "cas Jurdant".  "Iconoclaste incompétent", dit-il en fustigeant le manque de sérieux de ce responsable qui n'a jamais été jusqu'au bout de quoi que ce soit, sinon des deux thèses universitaires qu'il a soutenues et qui n'étaient guère académiquement orthodoxes.  J'assiste sans rien dire à cette critique dévastatrice. Mon ego — en ai-je vraiment un ? — en prend un sacré coup. Josiane est là également ainsi qu'un chercheur — René ? — qui s'approche de moi pour me garantir son estime et son soutien. Mais ce rêve m'interpelle, évidemment. Je sais que dans ma vie réelle j'ai suscité beaucoup de jalousie, voire une véritable haine de la part de collègues plus ou moins proches. L'un de ces collègues, philosophe, particulièrement monté contre moi, m'avait dit un jour : "Ton problème, B., c'est de ne pas avoir eu de maître." Le point de vue est intéressant. Sans maître, on n'est rien dans le monde académique, on y est condamné à l'isolement. Celui qui n'a pas eu de maître ne sera jamais maître à son tour.  Et alors ? 

mercredi 4 janvier 2017

Sans famille

Nous étions trois à nous tenir chaud dans un espace très étroit. Le serpent qui était avec nous s'approche de moi et, tout-à-coup saute sur mes genoux comme un chat l'aurait fait. Il se dresse et approche sa tête de mon œil droit comme pour me faire un baiser, le baiser rituel du serpent.

Le 4 janvier est une date particulière puisque c'est le jour de la mort de maman. Elle aurait eu 107 ans aujourd'hui. Je me dis qu'elle aurait ressemblé à sa mère, dont le visage était tout fripé par l'âge. Elle nous racontait des histoires merveilleuses. Je me souviens de Sans famille d'Hector Malot. Elle ne nous lisait pas le livre. Nous l'aidions à peler les pommes de terre et elle racontait l'histoire. Nous étions suspendus à ses lèvres. Elle avait l'art de la conteuse. Cela se passait en Belgique, dans cette maison que tout le monde appelait le "Pavillon", situé au bord de la route de Herve, à Bois-de-Breux. Cette maison a été détruite pour faire place à une station d'essence. J'allais souvent me promener dans les hautes herbes du jardin. On s'y cachait des adultes. L'oncle Jean, doté d'une véritable crinière de cheveux blancs comme neige, venait nous chercher. En passant devant les touffes d'orties près de la grille, il y plongeait ses deux mains en riant. Comment réussissait-il à ne pas se faire piquer par ces plantes dont nous avions très peur, évidemment ? C'était le frère de ma grand mère. Mon père nous conseillait de nous méfier de lui. Je ne comprenais pas pourquoi.
Cette photo à gauche, tirée du site Bright Side, est très ressemblante à l'oncle Jean dont je parle ci-dessus.


Lisbonne, ce matin, était blanche. Le ciel, livide, effleurait les maisons rassemblées sur la colline, agglutinées les unes contre les autres comme pour se protéger de leur propre disparition dans l'universelle blancheur.

mardi 3 janvier 2017

Cimetière

Je devais déménager dans une nouvelle communauté qui habitait dans un village constitué par de toutes petites maisons de pierre, d'une hauteur ne dépassant pas 1,20 m. J'avais ma maison, minuscule évidemment, mais je m'inquiétais de celle d'un ami qui était deux fois plus petite que la mienne et dont l'entrée était peu accessible. Je me disais aussi qu'il fallait un drapeau pour cette communauté. Après mûres réflexions sur l'endroit où je pourrais me procurer un tel drapeau, je me décidai pour le drapeau LGBTQ en transformant l'arc-en-ciel en un rayonnement au centre duquel se trouvait un cercle de couleur noire, pour rappeler l'anarchisme. En fait, j'hésitais entre le rouge et le noir pour finalement décider du noir. J'ai vite compris que ce "village" n'était rien d'autre qu'un cimetière mais cette interprétation n'était pas incluse dans le rêve lui-même.

lundi 2 janvier 2017

Valladolid


Sur le chemin du retour à Lisbonne, nous faisons étape à Valladolid, une ville espagnole très agréable. Nous avons trouvé une chambre dans un petit hôtel, un peu vieillot, du centre historique de la ville, l'Hôtel Roma, très propre, avec parking. Nous reprendrons la route ce matin vers Lisbonne où nous attendent Pierre-Yves et Pascal.


J'ai oublié de mentionner notre visite de l'église Saint Sigismond de Larressingle, une visite commentée par Marie-Thérèse Castay, dont mes oreilles savouraient l'accent si léger de Toulouse pendant qu'elle nous expliquait l'origine de la statue de Saint-Sigismond dans l'église, une statue de pierre, copiée sur celle de Vercingétorix. Sur la photo, un chapiteau datant du Moyen Age, le seul de cette église romane qui est vraiment très petite. Notre guide était charmante. Elle nous a offert thé et café avant de se lancer dans ses explications.

dimanche 1 janvier 2017

Bonjour, 2017

Les oiseaux volent autour de la maison. Cercles rapides et légers, éclairs de noirceur traversante. Le ciel est bas, les arbres muets, la campagne sans le moindre mouvement de vie, à part les oiseaux justement.
Nous prenons la route ce matin après une soirée de nouvelle année qui nous a conduit jusque vers 3 heures et demi, ce matin du 1er janvier 2017. Souhaitons la bienvenue à cette année de tous les changements. Le monde va faire un autre monde.