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dimanche 31 juillet 2016
Préfailles
Cela faisait environ six ans que je n'étais plus venu à Préfailles. Nous avons trouvé une villa donnant directement sur la mer, très propre et superbement bien arrangée, c'est très beau. Hier nous sommes allés manger à Ker Reseda, là où se trouvent Pauline, Georges avec leurs enfants et leurs petits-enfants. Finalement nous étions 30 dans le jardin pour déguster les tartes de Fabien et la délicieuse paella préparée par Danièle. Il fait assez beau et surtout, pas trop chaud. Le bruit des vagues se fait entendre jusque dans la maison. C'est plutôt agréable. Isabel a lu un article dans lequel il était dit que le bruit de la mer favorisait le fonctionnement de nos neurones. Bref, on est plus intelligent au bord de la mer qu'au fond de la piscine !
samedi 30 juillet 2016
Fred Vargas
Partis de Madrid vers 10h, nous sommes arrivés à La Loubière, chez Pierre et Elena vers 20h. Nous avions un passager blablacar qui est resté très silencieux. Il faut dire que nous n'étions pas très causants non plus, puisque nous avons passé tout le trajet à écouter un audiolivre : Fred Vargas, Temps glaciaires. Je dirais : "Pas mal." L'intrique est compliquée et il y a vraiment beaucoup de personnages mais bon, nous avons eu du plaisir à l'écouter dans la voiture pendant toute la durée du voyage.
Hier soir, grande discussion avec Pierre et Elena sur les situations politiques des pays qui font parler d'eux aujourd'hui : les Etats Unis, l'Angleterre, la France et la Turquie. Ce fut une discussion très libre et intéressante, à la française, avec une bonne bouteille de vin pour nous échauffer l'esprit.
Hier soir, grande discussion avec Pierre et Elena sur les situations politiques des pays qui font parler d'eux aujourd'hui : les Etats Unis, l'Angleterre, la France et la Turquie. Ce fut une discussion très libre et intéressante, à la française, avec une bonne bouteille de vin pour nous échauffer l'esprit.
vendredi 29 juillet 2016
Lumière du son
Ce matin, ma cheville va beaucoup mieux. Elle est pratiquement complètement dégonflée. Je vais remettre un peu de Voltarène après ma douche et tout ira bien.
Une succession de rêves cette nuit, qui se suivaient comme les épisodes d'une série. Guy Ourisson était là. Il nous engageait, moi et un autre, pour surveiller la progression de la mise au point d'une arme nucléaire. C'était assez étrange. Chaque rêve rajoutait un ou plusieurs éléments au précédent. Et tout cela baignait dans une sorte de lumière que je ne peux caractériser autrement que par un son : le son "on". La lumière d'un son ? Je ne m'expliquerai pas sur ce point. C'est une question de synesthésie qui continue à me préoccuper souvent, toujours à la suite de ma lecture de David Abram. Il faut que je reprenne, de retour à Lisbonne, la lecture de Maurice Merleau-Ponty et, notamment ses longues considérations sur le chiasme optique dans La Phénoménologie de la perception.
Une succession de rêves cette nuit, qui se suivaient comme les épisodes d'une série. Guy Ourisson était là. Il nous engageait, moi et un autre, pour surveiller la progression de la mise au point d'une arme nucléaire. C'était assez étrange. Chaque rêve rajoutait un ou plusieurs éléments au précédent. Et tout cela baignait dans une sorte de lumière que je ne peux caractériser autrement que par un son : le son "on". La lumière d'un son ? Je ne m'expliquerai pas sur ce point. C'est une question de synesthésie qui continue à me préoccuper souvent, toujours à la suite de ma lecture de David Abram. Il faut que je reprenne, de retour à Lisbonne, la lecture de Maurice Merleau-Ponty et, notamment ses longues considérations sur le chiasme optique dans La Phénoménologie de la perception.
jeudi 28 juillet 2016
Ganivet

Réveil à l'Hôtel Ganivet, pas loin de la Puerta de Toledo à Madrid. Angel Ganivet était un philosophe d'origine modeste et qui s'est suicidé en 1898. Je ne connais absolument rien de son œuvre et le portrait que j'affiche de lui ici à droite a été peint par José Ruiz de Almodovar. Il était poète également.
Cette nuit j'ai fait un très long rêve qui mettait Charles-Henri en scène dans le parc de l'Orangerie à Strasbourg. Je lui parlais de mon travail et il me faisait des remontrances en disant que je ne travaillais pas assez. Moi, je voulais lui communiquer mes dernières idées sur l'écriture alphabétique. Nous rencontrions plusieurs amis : Dominique Pestre, Vincent Pirard, et d'autres encore. Je lui faisais part de mon désir d'animer un séminaire sur l'écriture alphabétique ce qui fait allusion au séminaire que je devais faire en avril dans le cadre du "Chemin des écritures" d'Emmanuel Souchier et que ce dernier a annulé à la dernière minute, pour des raisons de santé. Beaucoup de gens ont cru que cette annulation venait de moi alors que la santé dont il était question était celle d'Emmanuel, victime semble-t-il d'un accident de la circulation.
Et maintenant, en route pour le Prado où nous allons visiter l'exposition sur une rétrospective complète de l'œuvre de Bosch.
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Nous avons vu l'exposition Bosch au Prado. Charlotte a beaucoup aimé ce qu'elle a vu. "J'ai adoré", m'a-t-elle dit en sortant. Après le Prado nous sommes allés voir la gare d'Atocha de Madrid qui abrite des jardins exotiques. Très agréable visite quelque peu gâchée par une chute que j'ai faite juste avant d'arriver à la gare. Il faisait certainement plus de 40° au soleil et, tout à coup, je m'étale de tout mon long en me tordant vilainement la cheville. Aussitôt, toute une petite foule de gens très gentils se groupent autour de moi pour me demander si ça va, me proposer de m'emmener aux urgences, etc. Charlotte n'a pas pu s'empêcher de rire quand je suis tombé. Bergson nous l'avait bien dit depuis longtemps. Les chutes font rire tout le monde. Après ce premier réflexe, elle a eu très peur, évidemment. Je me suis relevé, un peu piteux, il faut le dire avec une cheville gonflée à bloc, ce qui ne m'a pas beaucoup aidé pour la marche. Je n'ai malheureusement pas de photo de cet incident comique mais quand même un peu douloureux. Je dois avoir des ligaments un peu meurtris mais maintenant, avec les glaçons qu'Isabel est allée chercher à la réception de l'hôtel, ça va un peu mieux. J'aurais pu intituler cette page "De Ganivet au caniveau !"
mercredi 27 juillet 2016
Madrid
Nous prenons la route dans quelques heures pour aller à Madrid où nous avons l'intention d'aller voir l'exposition d'El Bosco. Un peu plus de 600 km. J'avais proposé ce trajet pour avoir un passager de co-voiturage mais personne ne s'est inscrit. Par contre nous aurons quelqu'un, un jeune de 24 ans, pour aller de Madrid à Toulouse le 29. Il fera sans doute très chaud mais notre voiture est climatisée.
Par ailleurs : toujours aussi insupportable Sarkozy qui gesticule pour affoler les Français et leur faire accepter des mesures de sécurité inacceptables. Cet homme n'a aucune dignité.
Hier également, en attendant Isabel, j'ai vu la première partie d'un documentaire sur Arte consacré à la vie de Lénine. Document intéressant, sans aucune concession pour la grandeur de ce héros de la Révolution russe. Sujet à creuser ultérieurement.
Par ailleurs : toujours aussi insupportable Sarkozy qui gesticule pour affoler les Français et leur faire accepter des mesures de sécurité inacceptables. Cet homme n'a aucune dignité.
Hier également, en attendant Isabel, j'ai vu la première partie d'un documentaire sur Arte consacré à la vie de Lénine. Document intéressant, sans aucune concession pour la grandeur de ce héros de la Révolution russe. Sujet à creuser ultérieurement.
mardi 26 juillet 2016
Mentir
J'ai vu hier le film de Nicole Garcia L'adversaire, tourné d'après le livre éponyme d'Emmanuel Carrère avec Daniel Auteuil. Il s'agit d'une histoire vraie, celle de Jean-Claude Romand, qui, en 1993, a tué toute sa famille pour ne pas avoir à lui avouer qu'il n'était pas médecin, ne travaillait pas à l'OMS, n'était pas l'ami de Kouchner, etc., etc., la liste de ses mensonges est grande à moins qu'il ne s'agisse que d'un seul mensonge : lui-même. Beaucoup de psychiatres se sont penchés sur ce cas étrange, diagnostiqué "pervers narcissique". Je trouve que cela règle un peu trop vite le problème de cet homme, très normal en apparence, (Cf la photo ci-contre) comme tous les hommes normaux d'ailleurs, qui tombe dans le mensonge comme dans une routine, assez exigeante en fin de compte, car il faut en faire des efforts pour pouvoir continuer sans failles, pendant 18 ans. Est-ce que, quand on ment absolument tout le temps, du matin au soir et peut-être même pendant la nuit, on ment encore ? Est-ce que Romand a conscience de son mensonge quand il prend sa voiture le matin pour aller passer sa journée sur un parking d'autoroute, et qu'il faut acheter des sandwichs, et quelques journaux pour savoir ce qui s'est passé à l'OMS, etc. ? Peut-il penser qu'il ment encore quand il tue sa femme, ses deux enfants et ses parents ? Il "joue" un personnage. D'accord. Auquel cas, il ne ferait pas autre chose que ce que tout le monde fait. La grande différence, sans doute, c'est qu'il n'est pas sur la scène du théâtre qui légitimerait la tenue de son rôle, qu'il connaissait pourtant assez bien, semble-t-il. Il s'ennuie dans sa voiture sur des parkings d'autoroute. Il est resté dans l'obscurité des coulisses du vrai monde, du monde dont seuls les spectateurs peuvent dire qu'il est vrai.
lundi 25 juillet 2016
Séquence
Fabien a 54 ans aujourd'hui. Il se rapproche de moi. La signification des écarts s'atténue avec l'âge.
Ce matin, j'ai réfléchi comme cela m'arrive assez souvent, à cette séquence assez bien ordonnée de gestes qui caractérise mon activité matinale. "Vais-je l'entamer ?", me dis-je. "Ne pourrais-je pas me passer de mon jus de légumes aujourd'hui ?" Mais il suffit précisément que je l'entame, pour que la séquence suive quasi-automatiquement. C'est une succession de gestes qui me tient au moins pendant une heure dans la cuisine. Le premier geste entraîne tous les autres. Et pendant tout ce temps, je m'observe en train de faire les choses. En fait, non ! Je ne m'observe pas du tout ; au contraire, j'oublie que j'existe au profit du résultat de mes actions successives. Je suis guidé par cela. C'est une séquence obligée. J'obéis à une sorte d'automatisme qui, précisément, me fait complètement oublier le temps que j'y passe.
En lisant quelques articles du Guardian, ce matin, je suis de plus en plus pessimiste sur la victoire d'Hilary Clinton, en novembre. Même dans les sites dits "de gauche" comme Alternet par exemple, il n'y en a que pour Trump. Certes, c'est toujours pour mettre le lecteur en garde contre lui. Mais cela ne compte pas car les habitués de ce site sont évidemment déjà convaincus. Hilary Clinton ne réussit pas à "créer le buzz".
Hier soir, j'ai vu avec beaucoup d'intérêt un documentaire sur l'histoire des tabloïds en Angleterre et aux Etats Unis : des entretiens passionnants avec les journalistes qui étaient à la tâche pour assurer leur succès, l'interview de Kelvin Mackenzie, éditorialiste du Sun, qui. apparemment, regrette d'avoir soutenu le Brexit. Un peu tard, malheureusement.
Ce matin, j'ai réfléchi comme cela m'arrive assez souvent, à cette séquence assez bien ordonnée de gestes qui caractérise mon activité matinale. "Vais-je l'entamer ?", me dis-je. "Ne pourrais-je pas me passer de mon jus de légumes aujourd'hui ?" Mais il suffit précisément que je l'entame, pour que la séquence suive quasi-automatiquement. C'est une succession de gestes qui me tient au moins pendant une heure dans la cuisine. Le premier geste entraîne tous les autres. Et pendant tout ce temps, je m'observe en train de faire les choses. En fait, non ! Je ne m'observe pas du tout ; au contraire, j'oublie que j'existe au profit du résultat de mes actions successives. Je suis guidé par cela. C'est une séquence obligée. J'obéis à une sorte d'automatisme qui, précisément, me fait complètement oublier le temps que j'y passe.
Hier soir, j'ai vu avec beaucoup d'intérêt un documentaire sur l'histoire des tabloïds en Angleterre et aux Etats Unis : des entretiens passionnants avec les journalistes qui étaient à la tâche pour assurer leur succès, l'interview de Kelvin Mackenzie, éditorialiste du Sun, qui. apparemment, regrette d'avoir soutenu le Brexit. Un peu tard, malheureusement.
dimanche 24 juillet 2016
Opposition

Je viens de lire un article du Guardian, qui exprime le désespoir des MPs appartenant au Labour, quant à la possibilité de renverser le leadership de Jeremy Corbyn, tel qu'il est soutenu actuellement par le mouvement Momentum très ancré dans la base même des militants du parti travailliste. L'auteur, Andrew Rawnsley, note d'ailleurs que la situation met Corbyn en joie, comme l'exprime d'ailleurs assez bien la photo ci-contre. Bien sûr, ce dernier est accusé de populisme et surtout, de rendre impossible l'accession du parti au pouvoir. Mais par contre il n'est pas impossible que ce soit délibérément que Corbyn rejette une politique du parti qui serait centrée sur l'accès au pouvoir. Cela pose le problème de la place et le rôle de l'opposition dans nos sociétés démocratiques. On tient pour acquis que l'efficacité de l'opposition ne se révèle véritablement qu'au moment où elle renverse le parti au pouvoir. On tient donc pour acquis que seul le pouvoir peut changer les choses dans un pays. Il est vrai que la gauche au pouvoir a parfois eu des audaces remarquables qui ont changé effectivement les choses mais n'ont pas changé le pouvoir lui-même. A-t-on jamais essayé d'autres voies pour faire échec au pouvoir sans prendre sa place ? La meilleure opposition que l'on puisse imaginer au pouvoir en place est de le défaire, de le détricoter, sans justement prendre sa place. Il faut refuser d'être complice. Relisons La Boétie, cet ami si clairvoyant de Montaigne : "Celui qui vous maistrise tant n'a que deulx yeux, n'a que deus mains, n'a qu'un corps, et n'a autre chose que ce qu'a le moindre homme de grand et infini nombre de vos villes, sinon que l'avantage que vous lui faites pour vous destruire. D'ou a il pris tant d'yeulx dont il vous espie, si vous ne les luy baillés ? comment a il tant de mains pour vous fraper, s'il ne les prend de vous ? Les pieds dont il foule vos cités, d'ou les a il s'ils ne sont des vostres ? Comment a il aucun pouvoir sur vous, que par vous ?" (Le discours de la servitude volontaire —1550—, Payot, Paris, 1976, p.115).
Excellent article également dans Médiapart aujourd'hui d'Amélie Poinssot qui s'entretient avec Figen Yuksekdag, co-présidente du parti kurde HDP et qui montre les voies d'une opposition à Erdogan beaucoup plus intéressante que les partis d'opposition habituels. A lire à cette adresse :
https://www.mediapart.fr/journal/international/240716/en-turquie-la-gauche-pro-kurde-denonce-un-coup-detat-civil?utm_campaign=Quotidienne&utm_medium=email&utm_source=Emailvision&utm_content=20160724&xtor=EREC-83-[Quotidienne]-20160724
samedi 23 juillet 2016
Ligne rouge
Il 'agit d'un rêve. Nos bureaux étaient installés dans un lieu étrange, assez délabré, avec toute une série de panneaux représentant des dessins humoristiques au mur. La diversité des dessins me fait proposer de tracer à une trentaine de cm du sol, juste au dessous du bord inférieur des panneaux, une ligne rouge, large de 5 cm environ, comme pour tracer un dénominateur commun aux panneaux. J'avais pensé à une ligne bleue également mais le rouge me semblait plus approprié. Le traçage de la ligne se révélerait assez compliqué en raison du délabrement des lieux.
vendredi 22 juillet 2016
Generation War
Pendant qu'Isabel emmenait nos invités sur les bords du Tage, je suis resté à la maison pour voir les infos et regarder les deux premiers épisodes de la mini-série allemande Generation War, qui a été vue par plus de 7 millions d'Allemands. Cette série retrace certains épisodes de la guerre en focalisant l'attention du spectateur sur les émotions et les sentiments que les événements produisent sur les individus. Une sorte de vision intimiste et contrastée des tourments engendrés par la violence des combats, l'arbitraire des crimes, le tragique des destins personnels. Ce n'est pas un film sur la guerre, malgré la qualité des reconstitutions de batailles, mais plutôt sur les Allemands qui ont vécu la guerre et y ont, pour certains d'entre eux, survécu. Certaines scènes du front de l'Est en 1943, sont particulièrement réussies : l'immensité du pays qui semble s'offrir à une conquête rapide (Blitzkrieg), l'enthousiasme des jeunes recrues, le froid, les blessés, les morts, la déception et le renoncement à la victoire tel qu'il a pu être vécu sur les champs de bataille...
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