Un gros village sur les rives du Douro. C'est ici que nous allons célébrer les cinquante ans d'Isabel. Nous sommes nombreux, venus de différents coins du monde, pour honorer mon épouse. Nous allons remonter le fleuve en bateau et visiter une cave de Porto. J'espère que le soleil sera aussi de la fête. Mais cela ne semble pas être le cas. Pluie et vent se sont invités ce week end. Mais cela n'enlèvera rien à la chaleur de l'atmosphère que nous fabriquons dans le tissu de l'amitié.
Après notre navigation sur le Douro sous un soleil magnifique, nous avons eu droit à une dégustation de plusieurs vins de Porto dans la Quinta do Bomfim. Notre guide, Cindy, a été passionnante. Elle nous a tout expliqué, notamment sur la fabrication du porto, un vin dont on stoppe la fermentation après quatre jours environ avec de l'alcool à 70°. La dégustation comportait un vin blanc, absolument délicieux, deux vins rouges très charpentés et puissants et trois Porto, dont j'ai particulièrement apprécié le dernier, un Tawny âgé de 10 ans.
La photo ci-contre nous montre les fûts et tonneaux des vins de Porto, Dow.
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samedi 31 octobre 2015
vendredi 30 octobre 2015
Poisson
Je me suis réveillé avec un goût amer dans la bouche. En effet, je venais, dans mon rêve, de manger tout vivant, un petit poisson aux reflets verts et bleus, dont les écailles craquaient sous mes dents et je me demandais, très sérieusement, comment j'allais faire pour dévorer la tortue qui se trouvait dans le même lot gastronomique. Heureusement, je me suis réveillé avant.
Je suis revenu en train de Cascais en compagnie de Lui Lam et des trois chinoises qui participaient à cette conférence internationale de "Science Matters". L'une d'entre elles parlait un anglais tout-à-fait acceptable et compréhensible. Le thème de cette conférence était l'interdisciplinarité. Et bien entendu, la plupart des participants fondaient la nécessité de l'interdisciplinarité sur la complexité des objets auxquels nous avons affaire dans la nature et qui ne peuvent s'aborder d'un point de vue unique. C'est alors que je leur ai fait remarquer que cette complexité des objets n'était rien en comparaison de celle des sujets qui les étudient, ce qui implique que le plus grand obstacle à l'interdisciplinarité ne réside pas tant dans les objets que dans les communautés scientifiques, très différentes les unes des autres, et qui, entre elles, se comprennent mal en raison des composantes tacites des savoirs qu'elles élaborent et qui diffèrent grandement d'une communauté à l'autre.
Le ciel de Lisbonne s'éclaircit doucement et fait apparaître plusieurs épaisseurs de nuages aux couleurs différentes : certains ont des bordures d'argent, d'autres, à l'arrière-plan, rosissent, d'autres encore sont vraiment très sombres.
Je suis revenu en train de Cascais en compagnie de Lui Lam et des trois chinoises qui participaient à cette conférence internationale de "Science Matters". L'une d'entre elles parlait un anglais tout-à-fait acceptable et compréhensible. Le thème de cette conférence était l'interdisciplinarité. Et bien entendu, la plupart des participants fondaient la nécessité de l'interdisciplinarité sur la complexité des objets auxquels nous avons affaire dans la nature et qui ne peuvent s'aborder d'un point de vue unique. C'est alors que je leur ai fait remarquer que cette complexité des objets n'était rien en comparaison de celle des sujets qui les étudient, ce qui implique que le plus grand obstacle à l'interdisciplinarité ne réside pas tant dans les objets que dans les communautés scientifiques, très différentes les unes des autres, et qui, entre elles, se comprennent mal en raison des composantes tacites des savoirs qu'elles élaborent et qui diffèrent grandement d'une communauté à l'autre.
Le ciel de Lisbonne s'éclaircit doucement et fait apparaître plusieurs épaisseurs de nuages aux couleurs différentes : certains ont des bordures d'argent, d'autres, à l'arrière-plan, rosissent, d'autres encore sont vraiment très sombres.
jeudi 29 octobre 2015
Muxacho
C'est le nom de l'hôtel où nous "colloquons" à Guincho. Pendant toute la nuit, le vacarme des vagues pénétrait par la fenêtre grande ouverte de ma chambre donnant directement sur ce déferlement continu de l'océan qui semble se retirer lentement, comme à regret et non sans protester bruyamment, de cette immense plage qu'une mouette est en train de traverser tranquillement. A part elle, la plage est absolument déserte. La colline de Sintra est brumeuse. Tapis en bout plage, les rochers apparaissent comme de grosses bêtes endormies blotties dans les draps de l'écume rageuse de l'océan. Que vois-je au loin ? Oui, un être humain, qui remonte la pente du sable comme s'il venait du grand large. Il s'arrête de temps en temps. Il repart vers les bordures humides de la marée basse. Il s'en va.
Je suis seul dans cet hôtel alors que c'est le jour des cinquante ans d'Isabel. Je la rejoins tout-à-l'heure, après ma propre intervention devant une petite assemblée d'intellectuels et de philosophes qui discutent de l'interdisciplinarité, vieux sujet qui préoccupe surtout les vieux.
Je suis seul dans cet hôtel alors que c'est le jour des cinquante ans d'Isabel. Je la rejoins tout-à-l'heure, après ma propre intervention devant une petite assemblée d'intellectuels et de philosophes qui discutent de l'interdisciplinarité, vieux sujet qui préoccupe surtout les vieux.
mercredi 28 octobre 2015
Zigzag bleu
Un zigzag bleu traverse les nuages à Lisbonne. Je dois aller à Cascais pour faire mon intervention sur le thème "science and literature". J'ai préparé mon topo mais je crains que les notables qui m'écouteront poliment ne soient pas tout-à-fait prêts à m'entendre. Il faut dire que j'ai abordé le problème — y a-t-il un "problème" ? —sous un angle qui n'a pas beaucoup d'importance : l'acte qui consiste à écrire, soit de la science, soit de la littérature. La discussion que j'ai eue à ce sujet avec Jean-Patrick a été très instructive. Je me souviendrai toujours de ces deux pages qui, apparaissant hors de propos dans l'oeuvre de Laplace, furent déchirées pour ne pas ternir, avec cette "erreur", l'image du maître. Or il se trouve que ces deux pages anticipaient l'une des grandes découvertes du XXe siècle : les trous noirs dont La place avait semble-t-il trouvé la formule, sous une forme simplifiée, qui a rendu Swartzchild célèbre. Les explications de Jean-Patrick étaient lumineuses.
Je me rends compte que le titre de ce paragraphe m'a été inspiré par la vue du ciel de Lisbonne, certes, mais aussi, par une photo de Fred Dijs, que j'ai particulièrement appréciée. A voir ici :
https://www.facebook.com/photo.php?fbid=10205254977150098&set=a.4254561078394.2148675.1116835040&type=3&permPage=1
Je me rends compte que le titre de ce paragraphe m'a été inspiré par la vue du ciel de Lisbonne, certes, mais aussi, par une photo de Fred Dijs, que j'ai particulièrement appréciée. A voir ici :
https://www.facebook.com/photo.php?fbid=10205254977150098&set=a.4254561078394.2148675.1116835040&type=3&permPage=1
mardi 27 octobre 2015
Brouillard
La rangée des feuillages en face de ma fenêtre donne la limite de cette page grise du ciel qui s'étend à l'infini et qui a effacé le paysage, les collines, le petit village de Beringen, les routes, étouffant le bruit des voitures... Les arbres deviennent une sorte de protection contre cet infini si proche qu'on peut craindre de s'y perdre soi-même, de s'y diluer dans le gris, d'y couler jusqu'à des profondeurs grises insondables. L'absence de visibilité me fait craindre un retard pour l'envol de mon avion qui doit partir vers midi. J'espère que la page grise sera tournée à cette heure-là.
Hier : bonne discussion avec Jeannot et Philippe. Je défends avec la plus grande énergie le fait qu'il ne faut pas que le projet soit totalement distinct de ce qui se fait déjà à Ermesinde et qui doit, à mon avis, aller plus loin. Déjà, il n'est pas exclu que l'on puisse, avec l'accord de la direction, réduire les cours à deux unités de 100 minutes par jour au lieu de trois, ce qui augmenterait le temps disponible pour les Centres. Grande résistance des professeurs de langue paraît-il.
Enfin, j'ai appris ce matin que "le pigment qui donne sa couleur rouge à la rhubarbe" était un anti-cancer efficace :
"...le "physcion" ou "pariétine" (qui donne la couleur rouge à ses tiges) pourrait inhiber une protéine : le "6PGD", appartenant à une voie biologique de croissance tumorale. (...) Cela serait lié à son action sur l'inhibition de la "6-phosphogtluconate déshydrogénase (6PGD)", une enzyme responsable de la voie de croissance tumorale connue sous le nom de "PPP" (pentose phosphate pathway). Selon l’étude l'inhibition du "6PGD" atténue la prolifération cellulaire et la croissance tumorale."
J'ai enfin compris pourquoi je suis un grand amateur de tarte à la rhubarbe.
Hier : bonne discussion avec Jeannot et Philippe. Je défends avec la plus grande énergie le fait qu'il ne faut pas que le projet soit totalement distinct de ce qui se fait déjà à Ermesinde et qui doit, à mon avis, aller plus loin. Déjà, il n'est pas exclu que l'on puisse, avec l'accord de la direction, réduire les cours à deux unités de 100 minutes par jour au lieu de trois, ce qui augmenterait le temps disponible pour les Centres. Grande résistance des professeurs de langue paraît-il.
Enfin, j'ai appris ce matin que "le pigment qui donne sa couleur rouge à la rhubarbe" était un anti-cancer efficace :
"...le "physcion" ou "pariétine" (qui donne la couleur rouge à ses tiges) pourrait inhiber une protéine : le "6PGD", appartenant à une voie biologique de croissance tumorale. (...) Cela serait lié à son action sur l'inhibition de la "6-phosphogtluconate déshydrogénase (6PGD)", une enzyme responsable de la voie de croissance tumorale connue sous le nom de "PPP" (pentose phosphate pathway). Selon l’étude l'inhibition du "6PGD" atténue la prolifération cellulaire et la croissance tumorale."
J'ai enfin compris pourquoi je suis un grand amateur de tarte à la rhubarbe.
lundi 26 octobre 2015
Sans GPS...
...c'est plus difficile de voyager la nuit, avec du brouillard au milieu d'un trafic intense. J'avais pourtant acheté une carte d'Allemagne. Mais Charlotte ne pouvait pas lire cette carte car cela la rendait nauséeuse. Cette carte ne m'a donc guère été utile. Il a fallu se fier à mon intuition tout d'abord, et aux indications plantées le long des routes sur de petits panneaux jaunes que je demandais à Charlotte de déchiffrer car je n'y réussissais moi-même qu'au dernier moment, ce qui n'est pas pratique quand il faut changer de direction. Ceci dit, notre week end chez Célia a été chaleureux. Nous avons bien mangé. Et hier après-midi nous sommes allés dans un parc pour tirer à l'arc et tester notre équilibre avec les dispositifs installés dans ce but. Le ciel était vraiment gris. Je n'aurais pas aimé tomber en panne le long de ces routes qui serpentent au milieu de forêts sombres, sombres.
dimanche 25 octobre 2015
Harpe
J'écris pendant que Célia enchante mes oreilles avec les sons de la harpe celtique. Elle a fait de la harpe classique jusqu'à 12 ans. Le geste revient. Son ancienne professeure disait qu'elle était faite pour la harpe mais il aurait fallu que nous en achetions une, ce qui était au dessus de nos moyens à cette époque. Mais se remettre à la harpe avec cet instrument plus petit est une excellente solution.
Notre voyage s'est bien passé et nous sommes arrivés sans encombre et sans GPS à la Glasstrasse à Erhenfeld, un vieux quartier de Cologne qui est maintenant habité par un ensemble varié de groupes différents : des jeunes branchés, des créatifs, une communauté turque, des boutiques "hip", etc. C'est un quartier agréable et chaleureux avec des rues étroites et pleines d'enseignes modernes, de cafés, avec des librairies, des magasins bio, des vêtements d'occasion...
Cette nuit, j'ai été réveillé brutalement par ce qui m'a semblé être un coup de feu. Coup de feu dans la Glasstrasse. Je me suis rendormi en imaginant les pires scénarios : un homme assassiné dans la Glasstrasse dans le quartier Erhenfeld à Köln. La police est venue sur les lieux. L'inspecteur Greischütz (d'où vient-il celui-là ?) procède aux entretiens avec les riverains. J'en fais partie et mon témoignage sera minimaliste. A quelle heure avez-vous entendu ce coup de feu ? Vers 6 heures, apparemment.
samedi 24 octobre 2015
10 ans
On voudrait rajouter "déjà", "dix ans déjà" pour le lycée Ermesinde de Luxembourg qui a organisé hier une "séance académique" pour fêter l'événement. Plusieurs discours entrecoupés de chansons fort bien exécutées par de jeunes demoiselles luxembourgeoises, assez douées ma foi. De l'émotion avec Mady Delvaux, l'ancienne ministre de l'Education nationale au Luxembourg qui a soutenu très courageusement le projet de Jeannot et a permis la création de ce lycée public et autonome. Mes collègues du CEIP, le "P" final indiquant la vocation pédagogique de ce comité, sont venus. Après le chapelet des discours, nous avons eu droit à un magnifique dîner concocté par les chefs d'Ermesinde. Au milieu de cette foule d'enseignants locaux, évoluant très à l'aise dans ses nouvelles bottes, ma fille Charlotte, plaisir de la voir avec ses nouveaux amis, ses nouvelles amies, son nouveau monde...
vendredi 23 octobre 2015
Conducteur...
...d'autocar dans un endroit très sauvage où il n'y avait plus de route. L'autocar s'était arrêté à mi-pente et il fallait soulever des pierres pour que le véhicule puisse passer. L'endroit était montagneux, escarpé, sablonneux ; je risquais l'ensablement à tout moment. Il me semble que l'on arrive en Sibérie. Des gens s'étirent sur une route boueuse, toute droite dans une forêt de bouleaux. Je voudrais leur parler, mais on me dit qu'ils ne comprendraient rien. Ils parlent russe. Je fais marche arrière pour emprunter un autre chemin qui me mène droit vers un commissaire du peuple. Je suis au volant. Mon frère me bloque le bras gauche ce qui m'empêche de conduire correctement.

Je suis allé en ville hier après-midi avec Charlotte. Je lui ai acheté des bottes noires très élégantes avec un talon de quatre centimètres environ. Nous y sommes allés en train et pour le retour, nous avons acheté deux gâteaux chez Oberweiss, l'un des meilleurs pâtissiers de Luxembourg.
Le matin, j'avais assisté au cours de pâtisserie de Charlotte au Lycée Ermesinde. Les élèves préparaient les petites gâteries qui seraient servies en conclusion de la "séance académique" organisée pour le dixième anniversaire du Lycée Ermesinde, séance à laquelle je participerai avec un discours. Les élèves préparaient des petits choux à la crème qui se révélèrent absolument délicieux. Il y avait également des macarons verts confectionnés par Charlotte.
jeudi 22 octobre 2015
Aéroport
Jeannot est venu m'accueillir à la sortie des voyageurs. Charlotte n'était pas là. Elle m'attendait en haut, toute seule, lisant (un livre en anglais) dans un fauteuil au bout d'une rangée de fauteuils vides. Je la vois de loin et elle me voit, elle se précipite, court dans l'espace très dégagé qui nous séparait et me saute littéralement dans les bras, les yeux brouillés de larmes, comme moi, sans doute. Bref beaucoup d'émotion dans ces retrouvailles après plus d'un mois de séparation. Cela faisait du bien de se retrouver, de se serrer très fort, de parler.
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