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vendredi 7 juillet 2017

Encore lui

Au bord du chemin
Brusquerie forestière
D'un grand bruit de plumes



Intéressante discussion hier en fin d'après-midi dans le cadre du cercle des lecteurs de l'Institut français de Lisbonne. Chacun —surtout chacune car j'étais le seul homme du groupe —a parlé de ses lectures du mois. J'ai été vivement interpellé par ce qu'une de ces lectrices disait de la poésie de Michel Houellebecq. Elle m'a prêté le livre, Poésie, et hier soir, avant de m'endormir j'ai lu la moitié du volume avec beaucoup d'intérêt. Il y avait les poèmes, certes, d'une facture assez classique, beaucoup d'alexandrins, une certaine culture de la rime —"Croyez aux métriques anciennes, également. La versification est un puissant outil de libération de la vie intérieure" (p.17) — mais surtout, on est bien dans le monde au sein duquel chacun, homme, femme ou bête, se débat plus ou moins bien pour survivre. Je cite les premières phrases de ce livre :
"Le monde est une souffrance déployée. A son origine, il y a un nœud de souffrance. Toute existence est une expansion, et un écrasement. Toutes les choses souffrent, jusqu'à ce qu'elles soient. Le néant vibre de douleur, jusqu'à parvenir à l'être : dans un abject paroxysme." (p.11)
Autre passage :
"Dans le tumulte de la vie, être toujours perdant. L'univers comme une discothèque. Accumuler des frustrations en grand nombre. Apprendre à devenir poète, c'est désapprendre à vivre." (p.13)
"Ne travaillez jamais. Ecrire des poèmes n'est pas un travail : c'est une charge." (p. 18)
"Le poète est un parasite sacré ; semblable aux scarabées de l'ancienne Egypte, il peut prospérer sur le corps des sociétés riches et en décomposition. Mais il a également sa place au cœur des sociétés frugales et fortes." (p.22)

Notre lectrice nous a lu l'un de ses poèmes dont je cite les derniers quatre vers :

"Nous voulons quelque chose comme une fidélité
Comme un enlacement de douces dépendances
Quelque chose qui contienne et dépasse l'existence
Nous ne pouvons plus vivre loin de l'éternité." (p.207)



* * *

J'ai aussi commencé à lire un livre de Simon Johannin, L'été des charognes, Ed. Allia, 2017.  Etrange. J'en dirai un peu plus quand j'aurai terminé la lecture de ce petit "premier livre" de ce jeune auteur, semble-t-il.
J'ai également emprunté à l'Institut le dernier livre de Sylvain Tesson, Sur les chemins noirs, NRF, 2016, dont l'une des lectrices du cercle m'a dit beaucoup de bien. A voir. 

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